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Lora Meredith
veut être actrice. Veuve, elle élève sa petite fille Susie
avec l'aide d'Annie, une jeune femme noire qu'elle a recueillie. Sarah Jane,
la fillette d'Annie, souffre d'autant plus de ses origines qu'elle est blanche
de peau comme son amie Susie. Cela ne va pas sans créer quelques problèmes
supplémentaires à Lora qui se fraye un chemin vers la gloire
avec l'aide d'Allen Loomis, son imprésario. Mais c'est l'écrivain
David Edwards qui fera d'elle une grande vedette. Steve Archer, un jeune photographe
qui a porté secours à Lora lorsqu'elle cherchait du travail,
sera la victime de la réussite de sa protégée. Il l'aimait,
voulait l'épouser mais elle lui a préféré le succès
et David.
Des années
ont passé : Lora semble lasse de n'exister qu'au travers des personnages
qu'elle incarne. Elle sent aussi que Susie a besoin d'une affection dont la
fidèle Annie a été plus prodigue qu'elle-même.
Cette dernière voit avec désespoir Sarah Jane se détacher
définitivement d'elle pour vivre, en se faisant passer pour blanche,
une carrière de danseuse dans des spectacles minables.
Steve a repris contact avec Lora et celle-ci comprend enfin ce que représente pour elle ce fidèle compagnon de route : un amour vrai, sûr.
Malade, épuisée d'avoir sans cesse tout sacrifié à ceux qu'elle aime, Annie meurt. Aux grandioses obsèques dont elle avait rêvé toute sa vie, se trouveront réunis Sarah Jane, redevenue pour toujours la fille d'une femme noire, Lora, Steve et Susie enfin prêts à affronter les réalités de la vie, conscients que seuls l'amour et l'affection ne sont pas des mirages.
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Considéré
par Fassbinder comme étant le chef-d'uvre de Sirk : "Un
film grandiose et fou sur la vie et la mort. Et sur l'Amérique",
Mirage de la vie fut à l'époque le plus grand succès
commercial de Universal et le dernier film de Sirk réalisé à
Hollywood avant son retour en Europe. Il résonne comme le film testament
du cinéaste, à l'image de son bouleversant final.
Dans ce remake du film de John M Stahl (Images de la vie, 1934), l'action a été transposée mais le principe mélodramatique a été conservé. Dans le roman de Fanny Hurst, Laura Meredith est une chef d'entreprise. Elle vend des crêpes à Atlantic City et s'associe à la femme noire qui a une recette extraordinaire. Le film de Stahl possède une grande retenu stylistique. La théâtralité de cette version a été renforcée par le fait que Lora Meredith appartient au milieu du théâtre et devient une actrice célèbre.
Sirk utilise beaucoup la musique et déploie une véritable rhétorique cinématographique avec par exemple la scène du cabaret avec Sarah-Jane en femme offerte.
Avec le personnage de Sarah-Jane, le film reprend l'histoire de la mulâtresse tragique. Personnage clivé, condamnée comme noire à une vie subalterne, elle rejette sa mère et refuse la ségrégation. Dans le roman, elle tombe amoureuse d'un ingénieur et lui cache qu'elle est noire. Elle se fait stériliser pour qu'un enfant ne révèle pas la négritude et part en Amérique du sud. Cet acte est trop sensible en 1934 et disparaît du film de Stahl comme de celui de Sirk. On dit aussi seulement que le grand-père était très blanc. Le code d'autocensure interdit que l'on fasse allusion à des rapports sexuels entre blancs et noirs, entre maître blanc et esclave noire par exemple.
Dans la version de Stahl, Freddie Washington était techniquement noire et on a dû la maquiller pour qu'elle n'ait pas l'air trop blanche. Chez Sirk, Susan Kohner qui interprète Sarah-Jane est de père tchécoslovaque et de mère mexicaine. Cela est vu comme une régression dans la communauté noire. Sirk est assez maladroit en déclarant qu'elle n'était pas noire certes mais qu'elle était juive, façon de dire qu'elle avait une identité problématique.
(Imitation of Life). Avec : Lana Turner (Lora Meredith), John Gavin (Steve Archer), Sandra Dee (Susie à 16 ans), Robert Alda (Allen Loomis), Susan Kohner (Sarah Jane à 18 ans), Dan O'Herlihy (David Edwards), Juanita Moore (Annie Johnson), Karin Dicker (Sarah Jane à 8 ans) Terry Burnham (Susie à 6 ans). 2h05.