La vie d'une famille dans un bidonville romain. Le patriarche Giacinto possède
un magot (un million obtenu en indemnité pour la perte d'un oeil) que
ses enfants essaient de lui voler chaque nuit. Mais Giacinto ne dort pas tout
à fait sachant que ses enfants veulent s'approprier son trésor,
il trouve toujours de nouvelles cachettes et défend son bien avec un
fusil dont il se sert sans scrupule.
La famille subit de mauvais gré l'autorité de Giacinto jusqu'au jour où celui-ci se met en tête d'implanter Iside, une concubine (de poids, ce qui n'arrange rien) dans le baraquement Alors la révolte se prépare, on va jusqu'à l'empoisonnement en vain ! Giacinto est indestructible !
Avec
Affreux, sales et méchants, Scola fait surgir un univers trivial; il
procède par accumulation, dans une mise en scène caustique et décapante du
monde des bidonvilles au sein de nos sociétés avancées.
Cette description va totalement à l'encontre de la vision positive donnée par De Sica en 1951 dans Miracle à Milan. Au lieu de pauvres gens opprimés, patients, prêts à souffrir en silence, Scola nous montre des individus vicieux, bestiaux, avares, hargneux, dont la dépravation économique a complètement sapé les valeurs morales. On est très loin du paternalisme bienveillant de De Sica et de l'idéologie progressiste du néo-réalisme.
Féroce pamphlet politique, le film refuse pourtant toute démonstration, toute idéologie rassurante. Il livre juste un constat nihiliste et furibard, d'une cruelle drolerie. Au fond de son trou à rats, le patriharche hirsute a des allures de roi shakespearien déchu.
(Bruni, sporchi et cattivi). Avec : Francesco Anniballi (Domizio), Maria Bosco (Gaetana), Giselda Castrini (Lisetta), Alfredo d'Ippolito (Plinio), Giancarlo Fanelli (Paride). 1h55.
