![]() |
![]() |
Comme
bon nombre de Russes tsaristes, Fiodor, un jeune général, s'est
réfugié à Paris juste après la révolution
bolchevique. Il y vit avec sa femme Arsinoé, une Grecque peintre à
ses heures perdues. Tous les deux sont anti-bolcheviques, mais cela ne les
empêche pas de sympathiser avec leurs voisins, communistes. Fiodor ne
cache pas être un agent secret et travailler pour le renseignement mais
sa femme ne parvient pas à déterminer pour qui il uvre.
La Russie tsariste, la récente URSS ou même le régime
nazi... Il part régulièrement en voyage sans en informer Arsinoé
qui n'apprend ses destinations réelles qu'avec les rumeurs ou au détour
d'une phrase avec ses amies.
![]() |
![]() |
Fiodor
séduit d'abord : il est dans le camp des vaincus de la révolution
bolchevique qui n'a plus aujourd'hui bonne presse. Il fait front avec grâce
à sa disgrâce et semble s'accommoder de son rôle dérisoire
d'agent secret. Ayant conservé les bonnes manières des élèves
officiers de l'école miliaire russe, il est toujours tiré à
quatre épingles et semble dominer le jeu politique allant jusqu'à
prévoir, en 1936, le pacte germano-soviétique. Il étale
aussi quelques grands principes moreaux tel que le refus de cautionner la
"rébellion" de Franco.
Bien vite pourtant Fiodor se lasse d'une parole sans effet et il ourdit des plans pour diriger le réseau des russes exiles en France puis songe à rejoindre le camp des soviétiques. Ceux-ci lui demandent probablement l'enlèvement du général Dobrinsky, en échange d'une place de général instructeur ou de sa mise en place en tant qu'agent double à la tête des russes exilés. Mais, le plan ayant été découvert, les Soviétiques ont probablement exécuté les deux russes afin de ne pas révéler avant l'heure leur accord avec les nazis. Car Fiedor se révèle bien agent triple, travaillant en apparence pour les blancs et en réalité pour les rouges, alliés pour un temps aux nazis.
Tant que Fiodor arrive à masquer son double jeu entre son discours moral noble et ses ambitions, son chemin va vers plus de clarté et d'attention à son épouse qu'il installe dans la lumineuse villa de son ami Boris. Mais la femme de celui-ci ne tarde pas à ramener Arsinoé à la réalité. La descente aux enfers, s'accompagne alors de décors de plus en plus noirs.
Cette possibilité du langage à masquer la réalité
se révèle dérisoire, mesquine et dangereuse mais révèle
la part de liberté du personnage. Elles n'auront plus cour dans l'épilogue
final. "Oui elle est morte" affirment en chur le commissaire
collaborateur et l'homme de la gestapo, bouclant ainsi toute possibilité
d'échapper à la réalité.
