
![]() |
![]() |
LE
RENDEZ-VOUS DE 7 HEURES. Esther apprend que son amant Horace a été
souvent aperçu en galante compagnie chez «Dame Tartine»,
un café sur le parvis de Beaubourg. Ébranlée, elle se
confie à Hermione, sa meilleure amie, qui lui conseille de rendre Horace
jaloux en se montrant elle aussi avec dautres garçons. Le lendemain,
en faisant son marché Boulevard Edgar-Quinet, Esther se laisse aborder
par un dragueur à qui elle donne rendez-vous le soir même à
sept heures chez Dame Tartine. À peine se sont-ils quittés quelle
constate la disparition de son portefeuille et en conclut que son dragueur
est aussi un voleur. Aricie trouve le portefeuille, quelle rapporte
aussitôt à Esther. Toutes deux sympathisent et Esther décide
daccompagner Aricie
qui doit retrouver un nouvel amoureux chez
«Dame Tartine». Le garçon en question est Horace, quEsther
fait dabord mine de ne pas connaître, puis rabroue lorsquil
la suit dans la rue. Restée seule, Aricie règle les consommations,
puis sen va. À sa table, vient sasseoir le dragueur, ponctuel
au rendez-vous.
LES BANCS DE PARIS. Lassée de Benoît, un amant quelle naime
plus mais quelle na pas le courage de quitter, une jeune femme
retrouve souvent aux Jardins du Luxembourg un professeur très épris
delle. Désirant changer de quartier, elle entraîne son
soupirant à la découverte des parcs et squares de la capitale.
Mais à mesure que lhiver approche, ces rencontres sont de plus
en plus inconfortables. Benoît devant se rendre à Lyon, elle
propose au professeur de passer un week-end «en touristes» dans
un petit hôtel de Montmartre. Arrivée sur les lieux, elle aperçoit
Benoît entrer dans lhôtel avec une autre fille. Écurée,
elle décide de rompre à la fois avec son amant et avec son nouveau
soupirant, au grand dam de celui-ci
MÈRE ET ENFANT, 1907. Un artiste-peintre du Marais reçoit souvent
de belles et blondes Nordiques que lui adresse une amie suédoise. La
dernière en date le dérange en plein travail; en outre, elle
naime pas ses uvres quelle trouve «tristes».
Après lavoir accompagnée jusquau Musée Picasso,
il la quitte en lui donnant rendez-vous le soir même à La Coupole.
Mais sur le trottoir, il croise une jolie brune, épouse dun éditeur
dart, venue prendre des notes sur le tableau «Mère et enfant,
1907». Il la suit dans le musée, puis laborde dans la rue
et elle accepte daller chez lui voir ses peintures, sans pour autant
répondre à ses avances. Le soir, la Suédoise nest
pas au rendez-vous. Le peintre rentre chez lui et retouche ses tableaux de
teintes plus «gaies». Finalement, la journée na pas
été totalement perdue
![]() |
![]() |
Pour
Frédéric Strauss : Jeunes filles qui réfléchissent
avec leur coeur et aiment avec leur tête, chassés-croisés
d'un raffinement très littéraire : Les Rendez-vous de Paris
est un modèle de comédie rohmérienne. Faisant se succéder
trois "courts métrages", le film marie légèreté
et plaisir des variations subtiles sur un même thème. Histoires
simples, modestes, limpides. Si simples, d'ailleurs, qu'elles créent
un sentiment d'étrangeté. Ainsi, la relation des amoureux des
bancs publics paraît d'abord dénuée d'enjeu, mais le mari
absent affirme peu à peu une "présence" troublante.
Tous les personnages se retrouvent, en fait, pris dans une situation où
ils vont, sans s'en rendre compte, perdre quelque chose. Un portefeuille,
ou un amour... La vie leur joue un tour, et Rohmer se montre le plus adroit
des illusionnistes. Il trouve dans les rues de la capitale, des rives de la
Seine à Montmartre, un décor idéal, entre la carte postale
et Les Mystères de Paris.