La marquise d'O
1972
Avec : Edith Clever (Marquise), Bruno Ganz (Le comte), Peter Lühr (le Colonel, père de la Marquise), Edda Seippel (la mère de la Marquise), Bernard Freyd (Leopardo), Otto Sander (le frère). 1h47.

En 1799, une place forte lombarde tombe aux mains de l'ennemi. Une jeune veuve, la marquise d'O, est en passe de subir les outrages de ses vainqueurs lorsqu'un comte russe la sauve du déshonneur. Profitant d'un profond sommeil de la marquise, il la viole. Puis, repentant, insiste pour l'épouser. La marquise, qui le considère comme son sauveur, l'éconduit avec respect. Quelque temps plus tard, elle est la proie de vertiges et d'évanouissements. Un médecin et une sage-femme l'affirment enceinte. Ses parents outragés la chassent et elle doit se réfugier dans ses terres. Elle prend l'initiative de faire passer dans le journal local une annonce demandant au père inconnu de se faire connaître : elle se déclare décidée à l'épouser, quel qu'il soit. Un inconnu lui fixe un rendez-vous. A l'heure dite, c'est le comte qui apparaît. Epouvantée, ulcérée, la marquise le repousse. Elle l'épouse à condition qu'il renonce à ses droits d'époux. Le mariage est célébré. Aussitôt après les conjoints se séparent, Après une année de purgatoire la comtesse se jette dans les bras de son époux après le baptême de leur enfant.

 

Eric Rohmer aime à citer Pascal. Ici, le proverbe pourrait être : ".Qui veut faire l'ange..." A la fin, la Marquise explique au Comte qu'elle ne l'aurait pas pris pour un diable s'il ne lui était apparu initialement comme un ange.

Rohmer recrée le comportement extérieur de l'époque, tel qu'on peut le connaître par les romans (Diderot) ou la peinture (Greuze, Füssli, Friedrich...), provoquant même le rire : quand un personnage dit défaillir ou se jeter aux pieds d'une femme, il le fait. Pour Joël Magny : une élégante leçon d'histoire qui n'a rien d'austère sur la manière dont le geste traduit la morale et les conventions sociales d'une époque donnée.

 

Ciné-club de Caen