La collectionneuse
1965
Avec : Patrick Bauchau (Adrien), Haydée Politoff (Haydée), Daniel Pommereulle (Daniel), Alain Jouffroy (l’écrivain), Mijanou Bardot (Carole). 1h28

Adrien s'apprête à passer une partie de l'été dans la villa provençale de Rodolphe afin d'assister, soi-disant, à une vente et de traquer un commanditaire pour sa future galerie de peinture. Mijanou, son amie, s'envole pour Londres.
En réalité, Adrien va surtout tenter, avec Daniel, un peintre reconverti dans la fabrication d'objets, une quête du néant par le biais d'une profonde inactivité. La présence inattendue de Haydée déplait à Adrien qui craint de voir sa tranquillité troublée.


Haydée collectionne les garçons. L'un d'eux, Charlie, est renvoyé de la villa par Adrien, furieux d'avoir été réveillé deux nuits de suite. Haydée accepte cette décision, préférant rester avec les deux garçons. Une bonne camaraderie s'instaure entre les trois amis jusqu'à ce qu'Adrien détruise volontairement cet équilibre en provoquant Haydée sur le terrain sentimental sans hésiter à se montrer franchement désagréable. Mais Haydée n'en a que faire et les paroles d'Adrien ne semblent pas avoir de prise sur elle. Adrien suggère à Daniel de coucher avec Haydée. Celui-ci refuse, trouvant assez piquant de ne pas faire partie de sa collection. Pourtant, un matin, Adrien s'aperçoit que Daniel et Haydée ont couché ensemble. Les relations avec Daniel se détériorent.

Sur le chemin du retour à la villa, Adrien laisse. Haydée au bord de la route alors que la jeune fille venait de rencontrer deux amis qui lui proposaient de l'emmener en Italie. Adrien ira aussitôt s'enquérir des horaires d'avion pour rejoindre son amie à Londres

 

Quatrième Conte moral, tourné avant le troisième. Avec une luminosité tropézienne qui s'oppose à la grisaille clermontoise de Ma nuit chez Maud. Dans son film en couleur, Rohmer affiche clairement son "goût de la beauté". Le prologue s'attarde sur le corps sensuel d'Haydée Politoff et nous abandonne à sa contemplation. Seule la voix off d'Adrien vient rompre cet état de grâce. En compagnie d'un copain, ce dandy commente ses moindres faits, gestes et mouvements de pensée avec une précision qui n'a d'égale que la mauvaise foi. Mais Haydée échappe aux définitions cruelles que font d'elle les deux amis : son naturel et son insolence viennent tout droit de la Nouvelle Vague. Claire Vassé

 

Ciné-club de Caen