Plutôt qu'une sainte, la Jeanne d'Arc de Jacques Rivette est une femme qui demeure fidèle à son idéal, c'est à dire une femme qui croit. Entre complots, batailles, morale et trahison, Rivette reconstruit dans une fresque très intime, les bases d'un univers dominé par la force d'une idée qui va son chemin.
Dans la première partie, une seule vrai scène d'action : la prise du Fort des Tourelles. Pour le reste ce sont des témoignages des compagnons de Jeanne, plus exactement leur déposition recueillie lors du procès en réhabilitation, qui répercutent à voix haute l'écho de tous les faits de guerre.
La seconde partie est moins lumineuse que la première. La simplicité guerrière de Jeanne est mis à mal par les tractations de Charles VII avec Le Duc de Bourgogne. Ces tractations, hors champ, semblent peser sur Jeanne et expliquent son angoisse. Longue partie d'emprisonnement en terres bourguignonnes. Ce premier emprisonnement rend avec force l'humiliation ressentie dans les prisons anglaises. Jeanne ne devient relaps que parce qu'elle n'est traitée comme une femme. Elle préfère reprendre ses habits d'hommes. Il ne s'agit d'une question de dignité plus que de foi (les voix ne sont réaffirmées qu'après).

