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Le
libertin Ciapelletto est le fil conducteur des quatre premières histoires.
Après sa mort, c'est le peintre Giotto,
interprété par Pasolini qui sert de fil rouge au film. Car,
hormis le voyage du peintre, toutes les interventions de Giotto sont des ajouts
de Pasolini aux histoires de Boccace comme l'avaient été le
prologue et une courte scénette dans la première partie. D'après
Jean Sémolué (Pasolini un cinéma de poésie,
Etudes cinématographiques) les lettres indiquent les ajouts de
Pasolini, les chiffres les récits d'après Boccace :
(A) L'homme au sac, première apparition de Ciappelletto
tuant sauvagement un homme enfermé dans un sac, et jetant le sac dans
un ravin, la nuit.
(1) Histoire d'Andreuccio (d'après l'histoire 5 de la deuxième
journée : II, 5). Le jeune marchand est victime de la rouerie d'une
femme. Il aide deux voleurs à piller la tombe d'un cardinal. Ceux-ci
l'enferment avec le mort.
(B) Le conteur sur la place publique. Pendant le récit du vieil homme,
Ciappelletto vole une bourse et la fait passer à un jeune garçon.
(2) Histoire du jardinier du couvent (III, 1). Un bûcheron, Musetto,
se fait passer pour sourd et muet, pour se faire engager comme jardinier dans
une communauté de religieuses. Sûres que le secret sera gardé,
elles se donnent toutes à lui...
(3) Histoire de la jarre vendue (VII, 2) Dérangée par le retour
inopportun de son mari, une femme infidèle, Peronella, lui fait nettoyer
l'intérieur d'une énorme jarre de façon à lui
dissimuler la présence de son amant.
(4) Histoire de Ciappelletto (I, 1) Le libertin, dont la vocation est de mentir,
abuse dans la confession, jusqu'au seuil de la mort, un innocent moine qui
s'empresse de le canoniser.. Le personnage fil directeur devient alors le
peintre Giotto.
(5) Le voyage du peintre (VI, 5).
(C) Arrivée du peintre à Naples, échafaudages, premiers
travaux.
(D) Le peintre au marché voit les personanges de l'histoire suivante.
(6) Histoire du rossignol de Caterina (V, 4). Deux jeunes gens, Caterina et
Riccardo, qui s'aiment, parviennent à se retrouver la nuit sur le balcon
de la belle et sont surpris à leur réveil, dans le plus simple
appareil, par le père de celle-ci.
(E) Le réfectoire des moines, travail frénétique du peintre
(7) Histoire du pot de basilic (IV, 5). Un commis, Lorenzo, amant de la sur
de ses maîtres, est assassiné par eux. Sa maîtresse, Lisabetta,
tranche la tête de son cadavre qu'elle cache dans un pot de basilique.
(F) le peintre au marché voit partir les personnages de l'histoire
suivante.
(8) Histoire de la jument (peintre aperçu à la noce de la voisine,
IX, 10) Un prêtre, Don Gianni, qui affirme, à un couple de paysans,
pouvoir changer la femme en jument met en pratique sa "recette".
(9) Histoire de Tinguccio et Meuccio (VII, 10). Les deux jeunes viveurs ont
peur du châtiment dans l'autre monde. Mais, Meuccio, mort d'épuisement
sexuel, apparaît à son ami pour le rassurer sur l'Enfer. Celui-ci
se précipite aussitôt chez sa maîtresse.
(G) Le rêve du peintre : Paradis et enfer
(9 bis) fin de l'histoire de Tinguccio et Meuccio
(H) le peintre a terminé les fresques dans l'église.
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Le
Décaméron constitue le premier volet d'un triptyque qu'achèveront
Les Contes de Canterbury et Les Mille
et une Nuits que Pasolini appelle sa "Trilogie de la vie", que
l'on peut résumer comme un hymne à la vie, à la jeunesse,
à l'amour. Pasolini y revendique "Le pastiche", le collage
de "culture haute" et de "culture basse". "La culture
haute" correspond à une adaptation très intellectualisée
de quelques uns des grands cycles narratifs de l'histoire de la culture et
"la culture basse" correspond à l'érotisme populaire.
Pasolini s'est inspiré de neuf contes du Décameron, recueil de 100 nouvelles, narrées tour à tour pendant 10 jours (signification du titre) par 7 femmes et 3 jeunes hommes bloqués aux portes de Florence ravagée par la peste en 1348. Pasolini les adapte en essayant de retrouver l'esprit d'une époque en familiarité avec la sexualité et la mort. Il les a tous déplacé de l'aristocratie Toscane à la populacière Campanie, en utilisant, outre certains de ses interprètes préférés, des gens du peuple de Naples.
