1949

Un été torride dans le Tokyo d'après-guerre : dans un tramway bondé, le jeune policier Murakami s'aperçoit qu'on lui a volé son revolver, ce qui est considéré comme un fait très grave. Terriblement culpabilisé, il présente sa démission à son chef. Il se pose en effet des questions d'éthique : son pistolet contenant 7 balles, combien de meurtres aura-t-il sur la conscience s'il ne retrouve pas l'arme avant qu'elle ait servi ? Son chef, loin d'accepter la démission, demande au contraire au jeune policier d'effectuer lui-même l'enquête sur ce vol, avec l'aide d'un policier beaucoup plus âgé, le commissaire Sato. Grâce aux fichiers de la police, Murakami finit par retrouver une fille, " voleuse à la tire ", qui était auprès de lui dans le tram. Elle commence par nier, mais, comme il la suit toute une journée, finit par lui donner une indication pour contacter les revendeurs d'armes dans les bas-fonds. Il poursuit alors seul son enquête, ce qui l'amène à fréquenter les milieux les plus divers : déguisé en ancien combattant, il s'introduit peu à peu dans les couches les plus marginales d'une population qui survit difficilement à la défaite.

Murakami et le commissaire Sato sont enfin sur la piste d'un suspect, Honda, qu'ils coincent à l'occasion d'un match de base-ball. Mais il s'avère que ce n'est pas lui le coupable, et, pendant ce temps, le revolver tue deux fois, et blesse un policier qui collaborait avec Murakami. Celui-ci, sous le coup de la honte et du sentiment de responsabilité personnelle, décide de retrouver le voleur coûte que coûte. Traquant son amie, la danseuse Harumi, il finit par surprendre le voleur, Yusa, dans une gare, à l'aube. Une poursuite s'ensuit dans la nature, et Murakami se bat sauvagement avec Yusa dans un champ de fleurs, au son d'un piano voisin... Finalement, il lui met les menottes, et les deux hommes s'écroulent, épuisés -

 

L'un des thèmes récurrent dans le cinéma asiatique, est la proximité entre le policier et le voleur : les deux hommes ont sensiblement le même âge ; ils se sont tous les deux fait volé leurs affaires à leur retour de la guerre ; et Murakami confesse un jour à Sato qu'il lui semble comprendre le geste du voleur : policier ou hors-la-loi, ce n'est qu'une question de milieu, de destin. Murakami comprend que Yusa n'est comme lui qu'une victime de la guerre et de la défaite. Yuza, n'avait pas au départ l'intention de se servir de son arme. Il se trouve pris dans une spirale de la violence (" Chien perdu devient enragé… ", dit le commissaire Sato à propos du voleur).

scène finale dans la grande tradition des films de Kurosawa : dans les bois à proximité de la gare, les deux hommes se roulent dans les hautes herbes, disparaissant parfois complètement de l'écran. Le policier arrive à passer les menottes au meurtrier et les deux hommes, exténués, s'écroulent dans l'herbe, dans une attitude parfaitement symétrique.

On trouve aussi le thème de la confrontation de deux mondes : un jeune policier encore enthousiaste et un vieux commissaire désabusé sont conduits à travailler ensemble et, au delà, à devenir amis.

 

 

Test du DVD

Editeur : Wild Side Video, 2006. Japonais Mono | 2.35 - 16/9e comp. 4/3 | Sous-titres : Français

   

 

Bonus :

  • Akira Kurosawa écrit des romans (30')
  • Entretien avec Jean Douchet (13')
  • Bande annonce . Galerie photos . Filmographie. Liens Internet

 

Genre : Policier

(Norainu). Avec :Toshiro Mifune (l'inspecteur de police Goro Murakami), Takashi Shimura (le commissaire Sato), Isao Kimura (Yusa, le voleur) , Gen Shimizu, Yasushi Nagata, Keiko Awaji. 2h02.

Chien enragé
dvd chez Carlotta Films