Hubert Minel n'aime pas sa mère. Du haut de ses 17 ans, il la jauge avec mépris,
ne voit que ses pulls ringards, sa décoration kitsch et les miettes de pain
qui se logent à la commissure de ses lèvres quand elle mange bruyamment. Au-delà
des irritantes surfaces, il y a aussi la manipulation et la culpabilisation,
mécanismes chers à sa génitrice.
Confus par cette relation amour/haine qui l'obsède un peu plus chaque jour, Hubert vague dans les arcanes d'une adolescence à la fois marginale et typique - découvertes artistiques, ouverture à l'amitié, ostracisme, sexe - rongé par la hargne qu'il éprouve à l'égard d'une femme qu'il aimait pourtant jadis
A partir
d'un scénario auquel il pense depuis trois ans, Dolan réalise
et produit à seulement vingt ans son premier long-métrage, véritable
coup de coeur du Festival de Cannes, où il concourt à la Quinzaine
des réalisateurs. Avec ce film à l'inspiration autobiographique
fantasmée, le jeune homme réussit une uvre intime et réfléchie
qui impressionne par son talent, sa maîtrise et sa polyvalence.
Boulimique de travail, le prodige écrit le scénario de son dernier film en quelques mois et revient dès l'année suivante à Cannes avec Les amours imaginaires.
Avec : Anne Dorval (Chantale Lemming), Xavier Dolan (Hubert Minel), Suzanne
Clément (Julie Cloutier), François Arnaud (Antonin Rimbaud), Patricia Tulasne
(Hélène Rimbaud), Niels Schneider (Eric), Monique Spaziani (Denise/Dédé).
1h40.
