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Charlot
est ouvrier d'usine. Rendu malade par les machines et l'automatisme, il abandonne
son poste pour finir à l'hôpital. À sa guérison,
il est renvoyé à la fois par l'usine et par la société.
Il recueille une jeune fille dans la misère et vit d'expédients.
Veilleur de nuit dans un grand magasin cambriolé, il est emprisonné.
La jeune fille est embauchée comme danseuse dans un cabaret. Quand
Charlot sort de prison, elle le fait engager comme serveur. La défaillance
d'un chanteur lui vaut d'improviser un numéro, et c'est un triomphe.
Mais les policiers découvrent la jeune fille qu'ils recherchaient pour
vagabondage. Ils doivent à nouveau prendre la fuite...
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Inspiré
très partiellement par A nous la liberté de René
Clair, Chaplin livre ici une grande fresque sur (et contre) le machinisme,
attaqué au nom de la dignité de l'individu. Le film est aussi
uen satire dirigée contre la mécanisation de toute la vie sociale
qui amène à ne juger les hommes qu'en fonction du rendement
et des apparences. Le film est toutefois le plus dynamique et le plus serein
de l'auteur. L'individu y est certes par essence la victime de la société
mais c'est une victime qui peut à l'occasion se moquer de ce qui l'opprime
en passant au travers des mailles du filet (la police de la protection des
mineurs) et des rouages de la machine (le sourire que Chaplin force la gamine
à afficher sur son visage dans les ultimes plans indique toutefois
qu'il faut beaucoup d'énergie).
Cinq ans après Les lumières de la ville, Chaplin persiste à offrir au public un film sonore mais non parlant où les "dialogues" consistent principalement en borborygmes, aboiements, cris divers et enfin une chanson aux paroles informes interprétée par Chaplin lui-même dont on entend la voix pour la première fois. Le son demeure pour lui objet de dérision et matière à de nombreux gags (le chien qui aboie quand il entend les bruits d'estomac de la femme du pasteur en visite à la prison).
Techniquement le style de Chaplin, sous une apparente simplicité devient de plus en plus mûr et sophistiqué (dans l'avant dernière séquence au restaurant mélange de plans fixe à l'intérieur de la cuisine et de plans en mouvement dès que Chaplin pénètre sur la piste ou dans la salle où dînent les clients).