1997

Explorant l'épave du "Titanic" à la recherche d'un trésor, l'expédition de Brock Lovett découvre le croquis d'une jeune fille nue, arborant pour seule parure un diamant mythique, le "Coeur de la Mer". Ayant alerté les médias, Lovett est contacté par une centenaire, Rose Calvert, une ancienne actrice qui se présente comme l'inconnue au diamant. Intrigué, il reçoit à son bord la vieille dame qui, sur les lieux mêmes du naufrage, se rappelle la tragique traversée inaugurale...

Le 10 avril 1912, le "Titanic" appareille pour sa première Transatlantique, emportant vers New York plus de 2000 passagers. À son bord, tout le gratin de la haute société anglo-américaine s'empresse autour du commandant Smith, de Bruce Ismay, président de la White Star Line et de Thomas Andrews, concepteur de "l'insubmersible".

Rose voyage avec sa mère, Ruth Dewitt Bukater, et le riche Cal Hockley, avec lequel elle est promise à un mariage sans amour. Mais dans cette vie d'oisiveté et de mornes plaisirs mondains, Rose étouffe. Le soir même, désespérée, elle tente de se jeter à la mer, mais est sauvée in extremis par Jack, un jeune dessinateur passager de la troisième classe, qui a gagné au poker son billet pour rentrer au pays avec son ami Fabrizzio.

Contraint de le remercier, Cal l'invite à se joindre à eux pour le dîner, espérant ainsi le ridiculiser. Mais la fougue et l'assurance de Jack séduisent toute l'assistance et Rose tombe sous le charme. Alors que les mondanités se prolongent dans les salons, il l'entraîne dans une fête populaire aux étages inférieurs... Ivres de liberté, les deux jeunes amants immortalisent leur passion par un croquis où Rose pose nue avec pour seul attribut un diamant magnifique que lui a offert Cal.

Cette même nuit, le 14 avril, le "Titanic", paquebot trop gros au gouvernail trop petit, vire trop lentement et heurte sur son flanc un iceberg géant. Le verdict d'Andrews est sans appel : des cloisons étanches sont crevées, le "Titanic" n'a plus que deux heures avant de sombrer et le nombre de canots est insuffisant pour sauver tout le monde. La priorité revient aux premières classes, aux femmes et aux enfants. Alors que les passagers et l'équipage engagent une lutte sans merci contre la mort, Cal, fou de jalousie, tente par tous les moyens de séparer Jack et Rose, avant de préférer sauver sa peau.

Les deux amants vivent ensemble les derniers instants du Titanic avant de se réfugier sur une planche, à bout de forces... Lorsque les secours arrivent, Jack a succombé de froid et d'épuisement. Alors que Lovett et son équipage restent bouleversés par ce récit, Rose conjure ce douloureux passé en jetant à la mer le fameux diamant...

Titanic sembla d'abord être le nième record de recettes réanclanchant la série des Parrain, Exorcist, Dents de la mer (1975) et autre Star Wars (1977). Celui-ci tient pourtant encore aujourd'hui et surtout change du ton des précédents blockbusters. Caméron ose à nouveau un mélodrame qui se termine mal. Il introduit aussi dans ce grand film populaire des références à la psychanalyse et à la peinture.

Rose a ramené plusieurs tableaux de son voyage à Paris dont cinq sont vus plusieurs fois au cours du film. Il s'agit bien évidemment de tableaux fictifs qui seront perdus dans le naufrage mais qui auraient fort bien pu être achetés à cette époque : un Etang aux nymphéas de Monet, des Danseuses de Degas, une nature morte de Cézanne et deux Picasso : un Portrait d'Ambroise Vollard et une étude pour Les demoiselles d'Avignon.

Rose, qui a ainsi fait preuve d'un goût très sûr et très moderne, les expose dans sa chambre sur le bateau comme une provocation envers Cal : "Ils sont fascinants, comme sortis tout droit d'un rêve. C'est la vérité pas la logique", dit-elle. Elle ne doute pas de l'absence totale de sensibilité du fiancé qu'on lui impose. Cal demande ainsi : "Comment l'artiste s'appelle t-il ?" "Un certain Picasso, reprend-il alors, il ne fera jamais parler de lui, croyez-moi !"

Cette amusante passe d'armes se transforme presque en note d'intention esthétique lorsque Rose, s'apprêtant à être dessinée nue par Jack, se présente entre le Monet et le Picasso, mettant ainsi en évidence l'attention à la couleur et le fractionnement des points de vue qui seront les piliers de la mise en scène de Cameron.

Enfin, au moment du naufrage, on verra le Monet et le Degas emportés par les eaux alors qu'une mère endort ses enfants avec un conte sur le retour au Pays de la beauté.

La correspondance entre peinture et cinéma n'est certes pas le sujet majeur de ce mélodramme mais participe du goût de Caméron pour la culture au même titre que les allusions psychanalytiques. Ainsi lorsque Bruce Ismay, président de la White Star Line explique d'où lui est venu le nom du Titanic : "Faire passer l'idée de grande taille : la stabilité, le luxe et, par-dessus tout, la force". Rose lui répondra : "Vous connaissez le docteur Freud, monsieur Ismail ? Ses idées au sujet de la préoccupation des hommes au sujet de la taille pourraient vous intéresser". Elle n'aura d'ailleurs pour toute réponse qu'un "Ce Freud, qui est-ce, un passager ?"

Jean-Luc Lacuve le 15/06/2009

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Avec : Leonardo DiCaprio (Jack Dawson), Kate Winslet (Rose DeWitt Bukater), Billy Zane (Caledon 'Cal' Hockley), Kathy Bates (Molly Brown), Frances Fisher (Ruth Dewitt Bukater), Gloria Stuart (Rose âgée). 3h14.

Titanic
Genre : Mélodrame
Voir : photogrammes
Thème : tableaux au cinéma