
Scénario: Robert Bresson, d’après le roman de Georges Bernanos. Avec : Nadine Nortier (Mouchette), Jean-Claude Guilbert (Arsène), Maria Cardinal (La mère de Mouchette), Paul Hébert (Le père de Mouchette), Jean Vimenet (Mathieu), Marie Susini (La femme de Mathieu). NB. 1h18.
Mouchette
est une adolescente, presque une enfant, qui vit à la campagne la vie des
gens très pauvres et solitaires. Elle va à l'école sans plaisir, soigne sa
mère très malade, s'occupe de son petit frère et de cent autres tâches domestiques.
Le père et le grand-frère de Mouchette s'enivrent volontiers (comme la plupart
des gens du pays) et font de drôles de trafics avec le bistrot du village.
Une nuit, dans la forêt, la fillette est surprise par un orage. Non loin d'elle, le garde-champêtre Mathieu et Arsène, le braconnier, se disputent, en viennent aux mains, puis semblent fraterniser. Arsène, qui croit avoir tué le père Mathieu, s'assure la complicité de Mouchette. Plus tard dans la nuit, il la viole. A peu près dans le même temps, la mère de Mouchette meurt
Le lendemain, l'adolescente vaque à ses occupations habituelles, puis, très simplement, drapée dans une robe qu'on vient de lui offrir, elle se noie dans l'étang.
L'absence
de psychologie du film correspond à celle du livre. Mouchette, telle les
colombes prises au piège au début du film est une jeune fille innocente qui
ne rencontre que malheur et cruauté. Elle se suicidera par noyade, le
lendemain de la mort de sa mère. Pas de psychologie, des visages lisses.
Seulement des actions: des mains préparant le collet ou échangeant de
l'argent, donnant des coups. Mouchette n'est qu'une âme destinée à
rencontrer la cruauté. Sa psychologie n'est que dénoté (mauvaise chanteuse
à l'école, sourires avec le garçon pendant les auto-temponeuses, larmes
avec le nourrisson pendant qu'elle le nourrit au biberon) sans rapport avec le
sens profond de l'action.