La date-repère est le 28 décembre 1895 qui correspond à la 1ère projection cinématographique publique et payante dans le sous-sol du Grand Café, boulevard des Capucines à Paris. Dix films que les frères Lumières appellent des vues sont projetés ce soir-là, dont La sortie des usines Lumières à Lyon ou L'arrivée du train en gare de La Ciotat.
Bien sûr, quelques années plus tôt (1889), un américain, Edison, avait mis au point le film comme support souple large de 35 mm en nitrate de cellulose entraîné par une roue dentée grâce à une double rangée de perforations mais le 28 décembre 1895 marque la naissance du cinéma-spectacle populaire de masse.
A partir de là et jusqu'en 1905, les Frères Lumières présentent dans toutes les grandes villes leur Cinématographe. Ils envoient dans le monde entier des opérateurs filmer des vues. Louis Lumière est considéré comme le premier cinéaste du réel.
A la même époque, Georges Méliès, professionnel du spectacle fait construire le 1er studio où sont tournés entre six cents et huit cents films (documentaires / actualités reconstituées / films historiques) en utilisant des décors peints, une caméra en plein air et des pellicules coloriées à la main dès 1897. En 1902, il réalise son film le plus connu : Le Voyage dans la Lune.
Avec Charles Pathé, dès 1905, le cinéma perd sa dimension artisanale pour entrer dans l'ère industrielle et capitaliste. Le cinéma existe d'abord comme industrie, avant d'être reconnu comme un art, le but étant de produire et de vendre massivement de la pellicule positive impressionnée. Ainsi, les films sont vendus au mètre à des forains grâce auxquels le cinéma touche surtout un public populaire. Dès 1907, les films sont loués aux exploitants par l'intermédiaire de sociétés concessionnaires et dès les premières années du cinéma se met en place un système toujours en vigueur : production, distribution, exploitation. Cette même année, Pathé produit 351 films et, en 1911, fait construire à Clichy le Gaumont-Palace (3400 places !).
Max Linder est engagé par Pathé en 1905 : il est la 1ère grande vedette mondiale du cinéma (comique burlesque). Louis Feuillade (Fantômas), engagé à la veille de 1914, est alors considéré comme le plus talentueux des cinéastes français. Dans ces années-là, émerge l'idée d'une création cinématographique, de l'individualisation des oeuvres et de l'existence d'un auteur.
Le 1er conflit mondial rompt la prospérité artistique et économique et remet en cause la suprématie du cinéma français. La production est interrompue car les studios sont réquisitionnés par l'armée. Charles Pathé part aux Etats-Unis : peu à peu les Etats-Unis prennent une place prépondérante dans la production cinématographique.
Après la Première Guerre mondiale, on assiste à la naissance d'une réflexion sur l'esthétique cinématographique. Louis Delluc invente le terme de ciné-club. Une réflexion qui aura une influence très importante sur les cinéastes de ce que l'on appelle l'avant-garde française.
A côté des créations de ces cinéastes dont Abel Gance ou Marcel L'Herbier, une production courante très importante se développe, notamment basée sur l'adaptation de romans connus d'Eugène Sue, d'Emile Zola ou Victor Hugo : ainsi débutent des cinéastes tels que Julien Duvivier, Jean Renoir, Jacques Feyder...
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Principaux films français de 1895 à
1929 :
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| Un chien andalou | Luis Bunuel | France | 1929 |
| La passion de Jeanne d'Arc | Carl T. Dreyer | France | 1928 |
| Fantômas | Louis Feuillade | France | 1914 |
| L'assassinat du Duc de Guise | André Calmettes | France | 1908 |
| Le voyage dans la lune | Georges Méliès | France | 1902 |
| L'entrée du train en gare | Louis Lumière | France | 1895 |