Au hasard Balthazar
(Robert Bresson, 1966)

Dans la Bible, les choses sont assez simples : L'homme a été fait à la ressemblance de Dieu et a le pouvoir de nommer les animaux.

La différenciation homme-animal n'est toutefois plus aussi nette depuis les travaux de Darwin puis de la génétique qui révèle que nous partageons 99 % de nos gènes avec certains animaux.

La définition du propre de l'homme a elle-même varié, passant de l'idée d'enterrer ses morts à la découverte du feu puis à la possession du langage, de la parole articulée. L'idée même du propre de l'homme est sans doute dangereuse car elle peut en exclure certains, les plus fragiles : nourrissons, vieillards ou handicapés.

Aux animaux, il ne manque que la parole dit-on parfois. Mais est-ce certain ? On peut apprendre aux chimpanzés et aux gorilles le langage des sourds-muets, l'ASL américain, jusqu'à un certain point. Quel est le plus humain de Koko le gorille qui parle ou de L'enfant sauvage ?

Il serait toutefois choquant de revendiquer les mêmes droits pour les animaux que les humains alors que beaucoup d'hommes n'en bénéficient pas.

La réponse au droit des animaux ne relève pas de l'éthique individuelle. Avec un milliard d'animaux abattus pour la boucherie en France chaque année, 3 millions pour l'expérimentation et 30 millions pour la chasse, il importe d'appliquer un simple droit des êtres vivants. Ce droit fut revendiqué par Michelet, Hugo et Zola contre la droite réactionnaire. On peut aujourd'hui prendre cette relève contre l'ordinaire de la barbarie en ce qui concerne l'élevage, le transport et l'abattage. La réglementation européenne est à cet égard en avance sur le droit français.


Bibliographie :


Dans la cinématographie américaine, les animaux sont un élément permettant d'attirer toute la famille dans les salles, et donc d'augmenter les recettes. Ils sont donc rapidement devenus les héros de films sympathiques où ils sont présentés exclusivement de façon positive, exaltant leurs qualités de cœur, de courage et de fidélité. Toutes qualités qui ne devraient pas faire défaut à l'être humain.

Ailleurs, c'est une approche plus ethnographique qui prévaut, même si l'animal permet également à l'homme de se reconnaître en lui. Les réalisateurs tiennent à se démarquer de leurs confrères américains, souvent accusés d'utiliser sans vergogne les animaux.


Que des animaux

1 - Documentaire animalier : la terrible et belle vie des animaux.

L'Hippocampe, Jean Painlevé (1934). Jonathan Livingston le goéland (Hall Bartlett, 1973) Parabole sur le dépassement de soi et la recherche d'une vie meilleure, ce film poétique est entièrement tourné du point de vue de l'animal, l'humain n'y a pas sa place.

Le peuple migrateur (Jacques Perrin, 2000). Tourné comme un documentaire et raconté comme une fiction, ce film est une colossale étude sur les migrations des oiseaux. La marche de l'empereur (Luc Jacquet, 2004). Comme pour Le Peuple migrateur, le réalisateur a filmé cette histoire comme un documentaire. Les animaux amoureux (Laurent Charbonnier, 2007).

2 - Des fables sur les relations humaines
L'Espion aux pattes de velours (Robert Stevenson, 1965) Classique des films familiaux de la maison Disney, qui met en scène un animal de compagnie au milieu d'une comédie dont il est le héros incontesté.
Babe, le cochon devenu berger (Chris Noonan, 1994). Film qui utilise le procédé technique "animatronique" qui permet numériquement d'animer des images d'animaux véritables, donnant l'impression qu'ils parlent.
Comme chiens et chats (Lawrence Guterman, 2000). L'anthropomorphisme joue à plein dans cette comédie. Les chiens et les chats, dont l'antagonisme est légendaire, se livrent une guerre sans merci, parlent et pensent comme des humains

Hommes et animaux à l'écran

3 - Les meilleurs amis de l'homme

Le Phare qui s'éteint (Malcolm St. Clair,1924). Premier film distribué en France de la première superstar canine, Rin-Tin-Tin. Fantômes en croisière (Norman Z. McLeod, 1938). Asta, vedette du film et " Acteur " canin très populaire dans les années 30 et 40, joua notamment ensuite dans la série de films noirs The Thin man. Fidèle Lassie (Fred M. Wilcox, 1943) Film qui lança la mode des mélos hollywoodiens ayant pour personnages principaux des animaux, permettant de réunir un public familial.
Crin blanc (Albert Lamorisse, 1952) Contrairement aux films hollywoodiens, ce film pour enfants presque sans dialogue se termine mal, le petit garçon et son cheval mourant. Mon chien Skip (Jay Russell, 1999). Tiré d'une histoire vraie, ce film montre la relation des enfants avec leur animal de compagnie, et comment ce dernier peut aider son jeune maître à apprendre les responsabilités de la vie.


4 - L'animal meilleur que les hommes ou la mauvaise conscience de l'homme face à la liberté animale
L'Etalon noir (Carroll Ballardett, 1979) Ode à la beauté du cheval, ce film est intéressant pour la qualité des images, l'histoire étant secondaire.
L'ours (Jean-Jacques Annaud, 1988) Fiction tournée avec des animaux dressés, l'histoire est ici racontée du point de vue de ces derniers.
Sauvez Willy (Simon Wincer, 1993). Sous l'angle de la comédie dramatique familiale, ce film a également pour but de sensibiliser les spectateurs à la fragilité des espèces menacées, ici l'orque
L'Histoire du chameau qui pleure (Byambasuren Davaa, 2002) Le chameau est le héros de l'histoire, mais c'est la vérité des sentiments de l'animal qui nous est montrée dans ce film oscillant entre fiction et documentaire.
Deux frères (Jean-Jacques Annaud, 2003) Ce film insiste sur le fait que les actes de l'homme, quelles que soient ses intentions, peuvent avoir des conséquences néfastes sur la vie des animaux sauvages. Grizzly man (Werner Herzog, 2005).

5 - L'animal inquiétant
Les dents de la mer (Steven Spielberg, 1975), Baxter (Jérôme Boivin, 1988). Pour une fois, l'animal héros de l'histoire n'est pas un personnage sympathique, mais un être inquiétant.

6 - Ethnographe animale
Gorilles dans la brume : l'aventure de Dian Fossey (1988, Michael Apted). Film biographique qui utilise les animaux dans un but politique : militer pour la protection des gorilles, espèce menacée. Koko le gorille qui parle (Barbet Schroeder, 1978).

7-Métaphore du genre humain

Pour Sam Peckinpah, il est d'autant plus difficile à ses héros d'échapper à la situation de violence dans laquelle ils sont pris qu'elle est celle de tout le règne vivant. D'où, dans les cinq films successifs dans lesquels il affirme son style, de La horde sauvage en 1969 jusqu'à Pat Garrett et Billy the Kid en 1973, une mise en parallèle entre la situation du personnage et un animal emblème :

Le scorpion de La horde sauvage
le lézard de Un nommé Cable Hogue
La perdrix des Chiens de paille
Les biches de Guet-apens

Le teckel

Principaux films avec animaux :
       
Le teckel Tod Solondz U.S.A. 2016
Les mille et une nuits - Le désolé Miguel Gomes Portugal 2015
Adieu au langage Jean-Luc Godard France 2014
Les seigneurs de la mer Rob Stewart U.S.A. 2007
Les animaux amoureux Laurent Charbonnier France 2007
Grizzly man Werner Herzog Allemagne 2005
La marche de l'empereur Luc Jacquet France 2004
Le monde de Némo Andrew Stanton U.S.A. 2003
Deux frères Jean-Jacques Annaud France 2003
L'histoire du chameau qui pleure Byambasuren Davaa Allemagne 2002
le peuple migrateur Jacques Perrin U.S.A. 2000
Comme chiens et chats Lawrence Guterman U.S.A. 2000
Mon chien Skip Jay Russell U.S.A. 1999
Microcosmos Claude Nuridsany France 1996
Babe, le cochon devenu berger Chris Noonan U.S.A. 1994
Sauvez Willy Simon Wincer U.S.A. 1993
Gorilles dans la brume Michael Apted U.S.A. 1988
Baxter Jérôme Boivin France 1988
L'ours Jean-Jacques Annaud France 1988
L'étalon noir Carroll Ballardett U.S.A. 1979
Koko le gorille qui parle Barbet Schroeder U.S.A. 1978
Les dents de la mer Steven Speilberg U.S.A. 1975
Jonathan Livingston le goéland Hall Bartlett U.S.A. 1973
Pat Garrett et Billy the Kid Sam Peckinpah U.S.A. 1969
Au hasard Balthazar Robert Bresson France 1966
L'espion aux pattes de velours Robert Stevenson U.S.A. 1965
Crin blanc Albert Lamorisse France 1952
Fidèle Lassie Fred M. Wilcox U.S.A. 1943
Fantômes en croisière Norman Z. McLeod U.S.A. 1938
L'Hippocampe Jean Painlevé France 1934
Le phare qui s'éteint Malcolm St. Clair U.S.A. 1924