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Macbeth

1948

Avec : Orson Welles (Macbeth), Jeanette Nolan (Lady Macbeth), Dan O'Herlihy (Macduff), Roddy McDowall (Malcolm), Edgar Barrier (Banquo), Erskine Sanford (Duncan). 1h42.

DVD

Macbeth et Banquo, tous deux généraux de l'armée de Duncan, roi d'Écosse, reviennent de leur victorieuse dernière campagne. Sur la lande désertique, ils rencontrent trois sorcières. Celles-ci prédisent que Macbeth deviendra bientôt comte de Cawdor, puis roi d'Écosse et que son compagnon, Banquo, engendrera des rois bien que lui-même n'en soit pas un. La première prophétie se réalise, Macbeth est nommé comte de Cawdor, l'ancien comte ayant été exécuté pour trahison.

Le fils de Duncan est ensuite désigné comme héritier au trône. Poussé par l'ambition de sa femme, Macbeth assassine le roi et s'empare du trône. Afin d'empêcher que la prophétie se réalise il fait exécuter Banquo, mais son fils Fleance, réussit à s'enfuir. Pris de remord et de peur il veut revoir les trois sorcières. Elles lui prédisent qu'il ne pourra être assassiné par un homme né d'une femme et vaincu que lorsque la forêt de Birnam se mettra en route. Contre toute attente, cette précision se réalise.

Première des trois adaptations d'après Shakespeare de Welles avant Othello et Falstaff.

Tournée en vingt-trois jours seulement, dans des conditions de pauvreté extrême qui lui font inventer des solutions d'une radicale audace.

"Ce décor de carton goudronné, ces Ecossais barbares, vêtus de peaux de bêtes et qui brandissent des sortes de lance-croix de bois noueux, ces lieux insolites ruisselants d'eau, dominés par des brumes qui ne laissent jamais deviner un ciel où l'on doute qu'il y ait des étoiles, forment littéralement un univers de préhistoire, non celle de nos ancêtres les Gaulois ou des Celtes, mais d'une préhistoire de la conscience à la naissance du temps et du péché, quand le ciel et la terre, l'eau et le feu, le bien et le mal ne sont point encore distinctement séparés."

En 1947, le critique André Bazin décrivait et commentait ainsi le Macbeth réalisé par Orson Welles et démontrait comment les conditions de production du film avaient déterminé une dramaturgie qui fait de la pièce de Shakespeare un drame tellurique révélant le drame métaphysique de Macbeth.

C'est pour la société Republic Pictures, spécialisée dans la série B mais qui tentait de se lancer dans des projets plus prestigieux, que Welles réalise cette adaptation, mettant à profit la pauvreté même des conditions de production pour inventer un monde nouveau.

Le destin du film sera, à nouveau, mouvementé, comme toute l'oeuvre de Welles, placée sous le signe de l'inachèvement et de la métamorphose perpétuelle. Sorti en octobre 1948 dans quelques salles, Macbeth déplut à la critique et au public. Herbert J. Yates, le patron de Republic Pictures, demanda à Welles de raccourcir le film et d'en modifier la bande-son. Welles, qui avait enregistré les dialogues du film avant le tournage, avait adopté le parti de faire parler ses personnages avec l'accent écossais, jugé barbare et incompréhensible pour un spectateur américain moyen.

Après les modifications acceptées par le cinéaste, qui réduit le film de vingt et une minutes et réenregistre les dialogues de certains personnages, le film ressort en mai 1950. Orson Welles se sera déjà exilé en Europe.

En janvier 2006, Wild Side propose un triple DVD contenant la version initiale du film, la version de 1950 et un disque de suppléments didactiques passionnants. François Thomas, sans doute l'un des plus grands spécialistes de l'oeuvre de l'auteur de Citizen Kane, raconte en détail l'histoire du film et les avatars de sa production. Jean-Pierre Berthomé revient sur les décors du film ainsi que sur les relations entre Welles et Shakespeare. En plus de la version radiophonique de la pièce datant de 1940, on découvre quelques minutes, extraites d'un film promouvant les activités culturelles de l'administration du New Deal, montrant la version de Macbeth que Welles mit en scène avec des acteurs noirs en 1936.

Un bref sujet sur la restauration du film, effectuée par les archivistes d'UCLA et insistant, comparaison d'images à l'appui, sur les possibilités offertes par la restauration numérique, est également proposé. On y voit confirmé le fait que la technologie peut parvenir à une image nettoyée de toutes les impuretés, un son à ce point décrassé qu'il en devient, parfois, artificiel.

Source : Jean-François Rauger, Le Monde du 13.01.06

Test du DVD

Editeur : Carlotta-Films. Novembre 2014. Editeur : Carlotta-Films. Novembre 2014. Coffret 3 Blu-ray et 1 DVD . 40,11 €

Suppléments : LES DEUX "MACBETH" D'ORSON WELLES (27 mn) Une analyse de François Thomas, spécialiste d'Orson Welles. WELLES ET SHAKESPEARE (14 mn) Une analyse de Jean-Pierre Berthomé, spécialiste d'Orson Welles. LE CHÂTEAU ET LA LANDE... (14 mn) Une analyse du décor du film par Jean-Pierre Berthomé, avec croquis et illustrations d'Orson Welles. SÉQUENCES THÉMATIQUES COMMENTÉES L'IMAGE (3 mn). LA MUSIQUE ET LE SON (4 mn). LE BRUIT ET LA FUREUR (14 mn) Un entretien avec Stuart Seide, metteur en scène de théâtre

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