C'est la rentrée des classes dans un petit village provençal. René est mis au défi par un camarade de lancer son cartable dans la rivière pour 50 francs. René ne se dégonfle pas et envoie son cartable par-dessus le pont sans recevoir les 50 francs de son camarade qui s'enfuit.

René renonce à entrer en classe sans son cartable et part sur la rivière à la recherche de celui-ci. Il finit par le retrouver mais, séduit par la lumière et la fraîcheur de l'eau, décide de se laisser porter par la rivière. Il abandonne son cartable sur le bord pour suivre une vipère d'eau. Ayant capturé celle-ci dans son mouchoir, il regagne l'école.

L'instituteur note son retard sans le gronder. René se venge du camarade qui n'avait pas tenu sa promesse en glissant la vipère dans son cahier. Il est interpellé par l'instituer pour montrer son cahier de vacances. Celui-ci est bien évidemment trempé mais l'instituteur ne s'en offusque pas. Il sermonne cependant René pour l'inexactitude criante de ses réponses aux questions. René ne se démonte pas et s'en va chez lui chercher son grand-père, Susu, qui, dit-il, a fait les devoirs à sa place. L'instituteur sermonne Susu sur son manque d'instruction qui lui fait faire tant de fautes d'orthographe et le force à s'asseoir parmi les élèves pour participer à la dictée.

A ce moment, le camarade de René découvre avec terreur la vipère d'eau dans son cahier et toute la classe s'enfuit par la porte et les fenêtres. L'instituteur déclare la journée d'école terminée et rattrape rené par le col pour le pousser dans la classe afin qu'il chasse la vipère. René récupère celle-ci, effraie un peu ses camarades avec elle mais tous finissent par le suivre près de la rivière le regardant rendre la vipère à son élément naturel.

 

Ce court métrage qui semble toujours prendre son temps, principalement avec la longue et merveilleuse séquence où René part à la recherche de son cartable dans la rivière, contient pourtant de très nombreuses péripéties. Celles-ci sont toutes totalement imprévisibles et accordent la plus grande liberté aux personnages.

L'instituteur ne gronde jamais René pas plus lorsqu'il rentre en classe en retard et trempé ("Et là ! Monsieur Boglio est-ce que c'est une heure pour rentrer en classe ? "Eh" répond René "Très bien, c'est noté c'est bon pour une fois") que lorsqu'il reçoit son cartable rempli d'eau ou consulte le cahier de vacances trempé. Tout juste s'indigne-t-il des réponses fausses de René :"Dans votre commune on cultive l'avoine, la betterave et le riz mais ni les tomates et la vigne. Mieux encore, il ne s'offusque pas que ce soit le grand-père qui fasse les devoirs. Il dénonce seulement son manque d'instruction :"Ont marchent", "c'est Napoléon qui a dit "Ralliez-vous à mon panache blanc"

Les dix minutes d'école buissonnière de René au fil de la rivière, son bain d'eau et de lumière méritent de figurer parmi les plus belles scènes françaises du courant impressionniste au cinéma. La musique de Darius Milhaud et l'air de la reine de la nuit alternent leur rythme et leur lyrisme avec celui du bruit de l'eau et des oiseaux dans une sorte de paradis.

le raccord de la classe à la rivière : le paradis est proche

Le raccord entre la classe où l'instituteur remarque que René manque à l'appel et la rivière où il se trouve marque sans une once de reproche ou de mauvaise conscience la liberté dont chacun peut bénéficier par moment.

J.-L. L le 22/11/2008

 

Test du DVD

Editions Potemkine, novembre 2008. Coffret 5DVD avec deux courts métrages et les quatre longs métrages de Jacques Rozier.

Suppléments : Entretiens avec Jean Douchet, Jean-François Stévenin, Jacques Villeret et Bernard Menez. Supplément au voyage en terre "philippine" par Jacques Rozier. Bande annonce de Adieu Philippine avec François Truffaut.

 

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Rentrée des classes

Avec : René Boglio (L'écolier René Boglio), Jean Remy (L'instituteur), Marius Sumian (Susu). 0h24.

1956
Genre : Comédie de l'enfance
dvd
Voir : photogrammes