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Même s’ils se sont connus sur le tard, la passion qu’ont vécue Neil et Marina à la Merveille, Le Mont-Saint-Michel, efface les années perdues. Neil est certain d’avoir trouvé la femme de sa vie. Belle, pleine d’humour, originaire d’Ukraine, Marina est divorcée et mère d’une fillette de 10 ans, Tatiana.
Désormais, le couple est installé à Bartlesville dans l’Oklahoma. Neil, inspecteur environnemental, est confronté à la pollution au plomb et au cadmium que déverse la mine locale, empoisonnant les terrains des habitants les plus pauvres qui n'ont pas les moyens de déménager. Sa relation avec Marina et Tatiana, d'abord idyllique, se fragilise : Marina se sent piégée dans cette communauté propre, riche mais morne. Tatiana n'arrive pas à se faire des amis à l'école. Dans cette petite communauté américaine, Marina cherche conseil auprès d’un autre expatrié, un prêtre catholique nommé Quintana. L’homme a ses propres problèmes : il doute de sa vocation… Marina décide de retourner en France avec sa fille.
Neil se console avec Jane, une ancienne amie d'enfance qui tient un ranch au bord de la faillite. Très jeune, elle a épousé un homme qui s'est révélé coureur et joueur, lui laissant d'énormes dettes. Elle est très amoureuse de Neil qui peine pourtant à oublier Marina. Et lorsque celle-ci lui apprend que rien ne va plus pour elle à Paris et qu'elle souhaite revenir aux États-Unis, un homme étant prêt à l'épouser pour qu'elle obtienne sa carte verte, Neil va trouver Jane pour lui dire qu'il part, suscitant douleur, colère et tristesse.
De retour en Oklahoma, Marina qui a laissé la garde de Tatiana à son père, renoue avec Neil. Le couple se marie civilement pour que Marina puisse s'installer définitivement. Après une consultation médicale pour discuter d'un stérilet mal posé qui aurait pu entraîner sa stérilité, ils discutent sans s'engager de concevoir un enfant. Frustrée, Marina se sent à nouveau isolée. Malgré une cérémonie religieuse, leur relation se détériore suite à de fréquentes disputes. Pendant ce temps, le père Quintana s'occupe des prisonniers et des habitants de la région. Un jour, Marina aborde un menuisier qui lui avait offert une harpe à vent. Elle le suit jusqu'à un motel où ils ont une liaison. Alors qu'elle est au drive d'un fast-food, Marina avoue tout à Neil et lui demande pardon. Furieux, Neil s'arrête et la laisse en plan au bord de la route. Peu après, il revient la chercher.
Plus tard, Neil consulte le père Quintana et l'accompagne auprès des plus démunis. Il souhaite divorcer et en demande pardon à Marina, s'agenouillant devant elle et lui baisant les mains. Neil et Marina se quittent à l'aéroport. Marina lui dit : "Je veux garder ton nom". Elle s'enfonce dans le couloir de l'aéroport et retrouve Paris ou plus précisément les jardins de Versailles.
Quelques années plus tard, Neil se réveille et, alors que son enfant joue dans sa nouvelle maison, il garde en lui les images d’autrefois : Marina à la fin de l'automne trempée, exaltée, le visage éclairé d'une lumière dorée, celle du souvenir de « La Merveille » – le Mont-Saint-Michel – demeuré ancré dans son esprit.
Le film, presque muet, est empli de musiques et de voix off: celle de Marina d'abord, en français, puis celle du père Quintana, en espagnol et enfin celle de Jane en anglais avant que Marina ne reprenne sa narration.
Le père Quintana porte probablement le message du film lors du sermon: l'homme est sur terre pour faire des choix, Dieu peut l'aider alors, même s'il se trouve confronté à l'échec. Le pire est de ne rien faire, de ne pas choisir car alors Dieu ne peut rien pour l'homme qui reste dans sa souffrance. Pourtant lui-même ne choisit pas et récite en guise protection le célèbre passage de la cuirasse de saint Patrick (« le Christ avec moi, le Christ devant moi, le Christ derrière moi, le Christ en moi, le Christ au-dessus de moi, le Christ au-dessous de moi, le Christ à ma droite, le Christ à ma gauche, le Christ en largeur, le Christ en longueur, le Christ en hauteur, le Christ dans le cœur… »). Il sera bientôt muté au Texas sans jamais avoir atteint la joie pourtant à la portée des plus démunis de ses paroissiens.
Marina, Jane et Neil font le choix d'aimer même si le temps se charge de dévitaliser cet amour. Chacune des saisons, chacun des levers et couchers de soleil (et ils sont nombreux !), chacune des caresses ou des regards amoureux sont l'image même du bonheur qui va comme l'eau qui coule.