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Pendant la Révolution mexicaine, les troupes du général José Juan Reyes envahissent la petite ville de Cholula. Le maire tente de les accueillir en libérateurs mais le général n'est pas dupe et le contraint à dénoncer les personnes les plus riches de la ville afin de s’emparer de leur fortune pour financer son armée. Les notables réunis dans la maison de Carlos Peñafiel, le propriétaire le plus riche de la ville, attendent avec angoisse le sort qui va leur être réservé. Sa fille Beatriz n'a cependant pas plus peur que lui d'autant que le père Rafael Sierra lui assure qu'il connaît bien le général qui était son ami lors de leurs études au séminaire. Tous les hommes sont alors escortés auprès du général Reyes.
Carlos Peñafiel qui tient tête au général est conduit en prison sous menace d'être exécuté s'il ne livre pas 30 000 pesos. C'est ensuite au tour de Fidel Bernal, le riche commerçant de la ville de refuser de payer prétextant ne rien avoir mais bien vouloir se mettre au service de la révolution. Le général, excédé de cette attitude mielleuse et servile, le condamne à mort. Bernal le supplie de lui laisser la vie suave lui promettant toute ses richesses et sa jolie femme. Le général, dégoûté, demande à son second, le capitaine Bocanegra, de l'exécuter immédiatement, ce qui est fait. l'instituteur interrogé apprend qu'il ne possède que son salaire d'à peine 2 pesos par jours alors qu'il enseigne à tout le village et qu' il n'a même pas été payé depuis 70 jours. Le général lui donne 200 pesos et lui promet de le payer double dorénavant. Impatient de discuter avec son ami Rafael Sierra, le général renvoie les autres hommes qui devront s'acquitter de la somme que le maire lui a dit qu' ils possèdent C'est alors qu'intervient Eduardo Roberts, l'ingénieur américain chargé de la construction d'un barrage. Il demande un sauf-conduit pour quitter la ville afin d'acheter la robe de mariée de sa fiancée, la fille de Carlos Peñafiel dont il est éperdument amoureux. Le général bien incrédule face à ce sentiment accepte. Reyes discute alors chaleureusement avec Rafael Sierra qui lui fait promettre d'être juste avec ses prisonniers et s'en va ainsi rassurer Beatriz.
Celle-ci rentre alors chez elle et croise la troupe du général qui s'extasie sur ses jambes et promet de se laisser gifler si elle lui montre encore sa jambe. Beatriz le foudroie du regard et soulève un peu sa jupe ce qui lui permet de le gifler deux fois. Le général l'accompagne alors à cheval avant qu'elle ne s'engouffre dans un magasins de chandelles et pétards et qu'elle glisse un énorme pétard sous son cheval qui le désarçonne. Secoué, Reyes s'en va trouver Rafael Sierra afin qu'il le renseigne sur cette femme dont il vient de tomber éperdument amoureux et veut épouser. A sa description le prêtre reconnaît sans peine Beatriz mais lui indique qu'il n'est pas digne d'elle alors qu'il ne vit que d'expédient et risque de mourir prochainement. Le général ne se décourage pourtant pas et libère Carlos Peñafiel qui était sous la menace d'un peloton d'exécution, afin d'avoir un prétexte pour venir chez lui.
Mais Beatriz ne l'entend pas ainsi et rosse le général qui s'était approché sans méfiance de la porte. Secoué le général se rend dans l'église de Rafael Sierra qui chante un Ave Maria avec un chœur d'enfants. Il le conduit dans la sacristie pour lui montrer son seul bien de valeur, une adoration des mages de Nicolás Rodríguez Juárez. Le général qui aimait déjà le peintre pour son nom révolutionnaire admire le tableau y voyant une allégorie : les trois rois, symboles de pouvoir, de richesse, et d’oppression s'inclinent devant l’enfant Jésus qui a apporté l’amour, la charité, la pureté et la bonté. Cet idéal révolutionnaire trop longtemps oublié, il demande au prêtre de l'exposer non plus dans l'ombre mais dans la pleine lumière du vitrail. Il lui expose alors combien il souffre d'être rejeté par celle qu'il aime.
Touché par l'humilité de son ami, le prêtre rapporte ces paroles à Beatriz qui le méprisait. Le général tente de rencontrer Beatriz sur le porche de l'église mais celle-ci le rudoie tant qu' il la gifle et le prêtre qui s'interpose reçoit aussi un coup. Désespéré de s'être ainsi emporté, le général erre comme une âme en peine au sein de son armée. Un vieux capitaine lui explique qu'il faut savoir demander pardon si l'on veut avoir une chance de sauver son amour. Le général vient ainsi nuit après nuit sous le balcon de Beatriz, obstinément fermé. il va même jusqu'à lui faire chanter une sérénade.
Un soir, pourtant il la trouve dans une église et lui demande pardon de l'avoir aimée alors qu'il n'a rien à lui offrir. Beatriz, émue, s'enfuit néanmoins. Eduardo Roberts revient avec la robe de mariée et Reyes, sans plus d'espoir pour lui-même, lui souhaite de rendre Beatriz heureuse. L'armée régulière avance et Reyes refuse de sacrifier ses hommes dans un combat désespéré décidé de la retraite. Alors que l'on célèbre le mariage civil de Beatriz et Roberts, qui doute pourtant de l'amour de sa promise, le canon tonne. Beatriz émue aux larmes se précipite vers le général, le suivant à pied, la main sur la selle de son cheval, faisant désormais partie de la nation mexicaine en marche.
Cet amour entre un général rebelle machiste et la fille indépendante d'un riche propriétaire de la ville occupée commence avec des scènes assez bavardes puis comme une version de la mégère apprivoisée avant de se faire plus tendre notamment sous l'inspiration religieuse du prêtre : l'Ave Maria de Franz Schubert chanté avec chœur d'enfants en entier ainsi que le message révolutionnaire du christ lors du commentaire de tableau dans la sacristie
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Pour Reyes L’Adoration des Rois Mages de Nicolás Rodríguez Juárez représente la soumission du pouvoir, de la richesse, et de l’oppression représentés par les trois rois mages devant l’enfant Jésus qui a apporté " l’amour, la charité, la pureté et la bonté" et devant lequel ils se prosternent. Il demande au prêtre de porter ce tableau en pleine lumière alors que lui-même tente par son action de mettre en œuvre ce message.
La chanson Malagueña Salerosa par le Trío Calaveras emporte enfin l'histoire d'amour jusqu'à l'image finale de Maria Felix suivant à pied, la main sur la selle du cheval du général, faisant désormais partie de la nation mexicaine en marche et devenue, comme le titre du film l'indique, une amoureuse.
Jean-Luc Lacuve, le 7 août 2026.