né en 1932
9 films
   
   
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Van Peebles est né Melvin Peebles à Chicago dans l'Illinois (États-Unis). Il rejoint l'Air Force treize jours après avoir terminé le lycée, et y reste trois ans et demi.

Il rejoint Mexico, gagnant sa vie en peignant des portraits, avant de revenir aux Etats-Unis où il conduit des tramways à San Francisco. Ses premiers écrits parlent de cette expérience de conducteur de tramway. Ce qui au départ était un petit article et quelques photographies devient le premier livre de Van Peebles, The Big Heart. Un jour, un passant suggere à Van Peebles de devenir réalisateur. Il tourne ainsi Three Pickup Men for Herrick (1957, 0h08) où plusieurs hommes arpentent sans but précis les rues d’une ville américaine… et Sunlight (1957, 0h10) où un homme noir est obligé de voler de l’argent afin d’épouser la femme qu’il aime. Pris sur le fait, il est envoyé en prison… Il part à Hollywood mais ne parvint pas à trouver quelqu'un désireux de l'engager comme réalisateur. A New York, Melvin rencontre un homme qui avait vu ses films, qui les avait adoré et voulait les projeter en France. Il s'expatrie donc en France où il apprend la langue et est embauché pour traduire le magazine Mad en Français. Il collabore également au magazine Hara-Kiri, commence à écrire des pièces de théâtre en français, utilisant le sprechgesang (parlé chanté) et à sortir son premier disque, Brer Soul.

Il tourne aussi Cinq cent balles (1963, 0h12) où un enfant pauvre de Belleville essaie d’attraper un billet dans le caniveau et son premier long-métrage La Permission (1968), la rencontre à Paris entre un Noir, militaire, et une jeune française (Nicole Berger, décédée accidentellement peu après le tournage). De retour le GI est consigné, sa promotion suspendue. Le film est primé à San Francisco en 1968.

Son premier film à Hollywood est Watermelon man (1970), une comédie écrite par Herman Raucher. Le film raconte l'histoire d'un raciste ordinaire, blanc, qui se réveille dans la peau d'un noir et se trouve rejeté par ses amis, ses collègues et sa famille. Dans un geste démagogique, les studios hollywoodiens avaient, en 1968, dans la foulée des émeutes de Watts, décidé d’ouvrir leurs portes à trois cinéastes noirs avec l’idée de la refermer aussitôt. Les trois élus, Gordon Parks, Michael Schultz et Melvin Peebles s’affranchirent de la commande. Watermelon Man fut donc réalisé dans ce contexte qui n’appelait aucun lendemain. En 1970, Van Peebles devait tourner un documentaire sur le Powder Ridge Rock Festival qui fut interdit par la justice.

Van Peebles, grâce à 50 000 dollars empruntés à l’acteur Bill Cosby, ajoutés au salaire touché pour Watermelon Man, Van Peebles écrit et dirige ensuite un film qui va prendre de court Hollywood. Sweet Sweetback's Baadasssss Song (1971) qui eut un succès énorme et marqua le début de la Blaxploitation, l'émergence d'un mouvement cinématographique fait par et pour les Noirs. Aucun cinéaste noir n’avait auparavant exprimé à l’écran un point de vue aussi radical tout en parvenant à toucher un public aussi large. Il faudra attendre la sortie de Do the Right Thing en 1990 pour retrouver un metteur en scène noir capable de réaliser un film d’un tel impact.

L’un des tours de force de Sweet Sweetback's Baadasssss Song tient dans la manière dont son metteur en scène maintient ensemble une culture de la rue, spécifiquement noire, avec les goûts du public blanc américain, dans la lignée des personnages incarnés par Clint Eastwood dans L’Inspecteur Harry. Ainsi la révolte d’un jeune Noir, issu du ghetto de Watts à Los Angeles, contre les forces de police, et son combat farouche pour regagner son indépendance, relèvent autant du pamphlet politique que du cinéma de genre. Le metteur en scène avait parfaitement formulé ses intentions dans son journal de tournage : "Mon film ne pouvait se réduire à un discours didactique. Cela m’aurait conduit à montrer mon film dans une salle vide pour dix ou vingt "brothers" qui m’auraient tapé sur l’épaule pour me dire que je montrais les choses comme elles étaient."

Tourné en contrebande, avec des techniciens issus pour la plupart du cinéma X, Sweet Sweetback's Baadasssss Song est sorti en catimini dans une salle de quartier de Détroit. Les exploitants avaient menacé Van Peebles de lui briser les jambes au cas où le film ne marcherait pas. Il battit le record de recettes de ce cinéma et Van Peebles conserva ses jambes. D’autres records furent battus et Sweet Sweetback's Baadasssss Song termina sa carrière avec 10 millions de dollars au boxoffice, devenant l’un des films les plus rentables de l’histoire du cinéma américain. Les formules inventées par le réalisateur – présence d’une bande originale puisée chez les chanteurs soul et funk de l’époque – ici Earth, Wind & Fire –, fusion de cinéma d’action et d’activisme politique – donnaient naissance à la "blaxploitation" et à une série de films, Shaft, Superfly, Slaughter, avec des comédiens noirs et qui dominèrent le box-office américain tout au long des années 1970. Curieusement, Sweet Sweetback's Baadasssss Song n’a jamais été distribué à l’étranger (visible en France seulement depuis 1997, date de sa première diffusion sur Arte). La carrière cinématographique de Melvin Van Peebles n’a jamais pris l’ampleur que le succès du film pouvait lui laisser espérer.

 

Filmographie :

1968 La permission

(The Story of a Three-Day Pass). Avec : Harry Baird (Turner), Pierre Doris (Le paysan), Christian Marin (L'hôtelier), Nicole Berger (Miriam). 1h27.

Un soldat noir américain se fait consigner pour avoir entretenu une relation avec une jeune fille blanche à Paris.

   
1970 Watermelon Man
Un homme blanc extrêmement pieux apprend à ses dépens ce que c’est que de vivre dans la peau d’un homme noir.
   
1971 Sweet Sweetback's Baadasssss Song

Avec : Melvin Van Peebles (Sweetback), Hubert Scales (Mu-Mu), Simon Chuckster (Beetlel). 1h37.

Un prostitué noir sauve la vie d’un Black Panther malmené par des flics racistes. Peu après son geste, il tente d’échapper à ces derniers, avec l’aide de la communauté du ghetto et de plusieurs Hells Angels désabusés.

   
1973 La fête à Harlem
 

(Don't Play Us Cheap).

Deux chauves-souris diaboliques prennent forme humaine et débarquent dans une soirée privée de Harlem pour y semer la pagaille. Leurs tentatives de gâcher ainsi la fête resteront néanmoins vaines.

   
1989 Identity Crisis
   
   
1995 Vrooom Vroom Vrooom

 

Segment (0h27) de Tales of Erotica.

Leroy, un jeune garçon marginal, sauve la vie d’une vieille femme dotée de pouvoirs vaudous alors qu’elle allait se faire renverser par un bus…

   
1996 Gang in Blue

 

téléfilm
   
2000 Le conte du ventre plein
 

(Bellyful)

Il était une fois – à la fin de l’été 1967 pour être plus précis – un couple qui arriva dans un orphelinat. Ils venaient y chercher une enfant en remplacement de leur propre fille, une gamine qui les aiderait à servir les clients de leur restaurant, situé à l’orée de la forêt…

   
2008 Confessions of a Ex-Doofus - ItchyFooted Mutha

Avec : Scott Sortman (le capitaine du cargo), Alexander Sovronsky (Miguel), Mario Van Peebles (le capitaine des pirates), Shelley R. Bonus (la française), Seth Austin (homme d'équipage), Paul Krasner (le second), Vladimi Versailles (L'homme torturé). 1h39.

Une histoire semi-autobiographique contant les péripéties d’un aventurier : de Harlem vers le grand large, et retour.

   
   
   
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