L'amour à mort
1984
Avec : Sabine Azéma (Elisabeth Sutter), Fanny Ardant (Judith Martignac), Pierre Arditi (Simon Roche), André Dussollier (Jérôme Martignac), Jean Dasté (Doctor Rozier). 1h32

Archéologue dans le Gard, Simon vit depuis quelques mois un amour passionné avec Elisabeth. Un soir, dans leur maison près d'Uzès, il s'effondre, frappé d'une atroce douleur à la poitrine ; le médecin arrive et ne peut que constater la mort... Et pourtant, à peine quelques instants plus tard, alors que le docteur Rozier vient de quitter la maison, Simon réapparaît devant Elisabeth à la fois sidérée et incroyablement heureuse de le voir vivant. Les examens médicaux s'étant révélés satisfaisants, Simon reprend ses activités de chercheur archéologique dans la région. Mais en vérité, la période qui s'ensuit pour Élisabeth et Simon prend une tonalité bizarre, comme si la menace de la mort planait toujours sur lui, comme s'il n'était pas tout à fait revenu d'entre les morts.

Judith et Jérôme Martignac, les deux amis les plus intimes de Simon, vont essayer de les aider, mais ce sont tous deux des pasteurs protestants, qui ne peuvent apporter à Élisabeth et Simon que des réponses religieuses. Or, Élisabeth et Simon ne sont pas du tout croyants. Leur seule foi est de croire en leur amour.

Simon a une nouvelle crise cardiaque, et succombe, cette fois, définitivement. Alors qu'il agonise, Élisabeth lui promet de le rejoindre très vite dans la mort. Mais Judith et Jérôme tentent de nouveau d'apporter leur aide. Judith, en particulier, révèle pour la première fois à Élisabeth que Simon et elle-même s'étaient aussi aimés très fort, longtemps avant, et qu'ils s'étaient également fait des promesses du même genre. Mais la vie était plus forte que leur amour... Judith n'arrive tout de même pas à convaincre Élisabeth, qui repart dans la nuit. Ira-t-elle jusqu'au bout de son amour pour Simon ?

 

L'amour à mort soufre d'être un film à thèse... dont la thèse est bien peu intéressante. Le motif du film à thèse est énoncé dès le générique par l'opposition du rouge et du noir et développé sur le thème de l'opposition entre la foi en l'amour éternel du couple frivole de Simon et Elisabeth avec celle d'une croyance en la vie éternelle plus conventionnelle, permise par Dieu, du couple de pasteurs protestants que sont Judith et Jérôme. Les plans de neige, neige d'étoiles ou neige d'atomes, comme on voudra, évoquent un absolu, un monde du commencement ou de l'infini que Resnais impose un peu lourdement, une trentaine de fois, comme un horizon obligatoire.

Malgré un incontestable travail sur les voix et la partition musicale, la mise en scène est aride, sans humour, et sans rupture dans sa continuité narrative. A peine, Resnais se permet-il un éclairage progressif du visage d'Elisabeth irradiant de lumière lorsqu'elle décide de se suicider pour honorer la promesse faite à Simon lorsqu'il est mort.

Mais Elisabeth a beau dire que Simon est sa seule religion, le film ne le prouve pas et le seul moment d'intense émotion est la narration du suicide raté de Judith. Les deux étreintes entre Simon et Elisabeth sont très stylisées et font écho aux deux morts de Simon.

La seule passion vraiment à l'œuvre dans ce film est celle d'une jeune femme têtue, dont à aucun moment on a vraiment perçu la fragilité autrement que par des pleurs ou des cris de circonstances qui veut avoir raison contre ses amis qu'elle vouvoie bien bourgeoisement. A la fin, chacun rentre chez soi, Elisabeth dans la mort suppose-t-on et Judith et Jérôme dans leur maison.

 

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Genre : Drame sentimental