Le chant du Missouri
1944

Saint-Louis, juillet 1903, 5161 Kensington avenue. Esther Smith et ses sœurs, l'aînée Rose, la petite Agnes et la cadette Tootie, ainsi que leur frère Lon et le grand-père vivent heureux auprès de leur mère Anna et de leur père Alonzo. Toute la famille sauf le père sait, qu'à 18h30, Warren Sheffield, le petit ami de Rose, doit appeler depuis New York pour, l'espère-t-on, la demander en mariage. Leur plan pour avancer l'heure du diner à 17h30 échoue car Alonzo, qui a passé une mauvaise journée, veut diner à l'heure habituelle. Les efforts de la bonne, Katie, pour accélérer la cadence du repas n'ont pas plus de succès et, quand sonne le téléphone en plein repas, Alonzo répond et, sans rien y comprendre, raccroche. Devant les larmes de Rose et les reproches muets de la famille, il se plaint amèrement d'être exclu des secrets de sa famille. Quand Warren rappelle, il laisse Rose décrocher. A la grande déception de toute la famille réunie, Warren ne se déclare pas.

Esther chante "The boy next door", amoureuse qu'elle est de leur nouveau voisin, John Truett, qui a emménagé depuis trois semaines. Rose l'invite à la fête qu'elle organise en l'honneur de son frère, Lon (diminutif d'Alonzo), qui va bientôt les quitter pour l'université de Princeton. Les jeunes chantent "Skip to My Lou", Tootie "j'étais ivre hier soir, petite mère" puis le cake-walk, "Under the bamboo tree" avec Esther. A la fin de la soirée, celle-ci entraine John éteindre le gaz d'éclairage dans toutes les pièces et chante "Over the bannister", chanson d'amour dont John se souvient approximativement. Il est trop timide pour se déclarer ou l'embrasser.

L'exposition n'ouvre que dans six mois mais tous veulent aller visiter le champ de foire et chantent "The Trolley Song" qu'Esther reprend en chœur quand elle voit John, arrivé en retard, les rejoindre...

Automne 1903. C'est halloween et Tootie et Agnes ont décidé de terroriser M. Braukoff, accusé d'empoisonner les chats. Tootie est rejetée par les autres enfants qui la trouvent trop petite. Pour ne pas être exclue, Tootie se porte volontaire pour "tuer" M. Braukoff, que tous redoutent, avec sa farine. Elle s'en acquitte avec bravoure. Au retour, elle est légèrement accidentée et accuse John Truett de l'avoir battue, d'avoir tenté de la tuer comme le prouve la mèche de cheveux arrachés. Esther court frapper John qui n'y comprend rien. En rentrant Esther apprend de Tootie qu'elle a, en fait, tenté de faire dérailler le tram et que John l'a protégée de la police. Elle court s'excuser et John l'embrasse.

Elle revient émue chez elle mais Alonzo annonce qu'il est nommé à New-York pour son travail et qu'il leur faudra déménager après Noël. Cette nouvelle sème le désarroi dans la famille. Anna s'y résigne et, au piano, joue "You and I" pour son mari et toute la famille, triste mais réconciliée, revient au salon.

Hiver 1903. C'est la veille de Noël. Rose et Esther ont fait des bonhommes de neige dont l'un est sensé ressembler à Lucille Ballard, une New yorkaise qui, pensent-elles, snobe leur frère. Rose et Lon, sans cavaliers, décident donc d'aller ensemble au bal. Esther doit s'y rendre avec son grand-père quand John se trouve privé de costume pour être rentré trop tard du football.

Esther et Rose ont prévu de piéger Lucille en lui infligeant les plus mauvais cavaliers de la soirée. Mais Rose doit à Lucille, charmante, que Warren lui revienne et elle fait comprendre à Esther que c'est elle qui devra danser avec tous les pires cavaliers de Saint Louis. John arrive enfin et la demande en mariage. Mais pourront-ils supporter la séparation qui s'annonce ? Tootie attend le père noël. Esther lui chante Have Yourself a Merry Little Christmas. Bouleversée, elle éclate de colère et détruit les bonshommes de neige qu'elle ne pourra pas emporter avec elle. Devant ce désespoir, Alonzo décide de rester à Saint-Louis.

Printemps 1904. C'est dans la joie que tous assistent à l'inauguration de l'Exposition. Le monde arrive chez eux : " Sans voyager, sans nous déplacer : dans notre propre ville".

Apologie splendide et mortifère de l'idéal familial, maintenu à l'identique, sans mouvement autre que l'émerveillement amoureux. La séquence initiale où chacun vient goûter tour à tour le potage que chacun trouve à l'envie trop sucré ou trop fade ou trop aigre ou trop épais et qu'Alonzo finit par trouver parfait ainsi que la reprise de la chanson Meet me in st Louis par le grand-père puis par Agnes, qui revient de baignade et Esther, qui revient d'une partie de tennis, affirme cet idéal.

Minnelli place pourtant des indices indiquant la présence discrète de la mort. Ansi Margot, la poupée de Tootie, atteinte de "quatre maladies mortelles", ainsi l'inquiétante séquence d'Halloween, ainsi la destruction des bonhommes de neiges et, probablement, les deux nonnes qui assistent avec la famille à l'exposition universelle.

Figée dans le temps et dans sa ville, la famille, toute de blanc vêtue, s'immobilise dans une éternité paradisiaque.

 

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(Meet me in St. Louis). Avec : Judy Garland (Esther Smith), Margaret O'Brien (Tootie Smith), Mary Astor (Anna Smith), Lucille Bremer (Rose Smith), Leon Ames (Alonzo Smith), Tom Drake (John Truett), Marjorie Main (Katie), Harry Davenport (Grand-père), June Lockhart (Lucille Ballard), Henry H. Daniels Jr. (Lon Smith), Joan Carroll (Agnes Smith). 1h53.

Genre : Comédie musicale
Voir : Photogrammes