Dans une petite ville de province, à la nuit tombée, un enfant contemple de sa fenêtre l'installation quasi magique d'un chapiteau de cirque. Les mâts se dressent la toile se gonfle, la tente immense ressemble à une créature qui va s'éveiller à la vie. Le lendemain, le même enfant se rend au cirque. Les grimaces et les grimages des clowns l'effraient autant que les anomalies physiques des phénomènes de foire. Cet enfant, à n'en pas douter, est l'image de Fellini enfant. Ses rapports avec le cirque sont passionnels : attirance et crainte mêlées.

Fellini adulte en train de filmer nous présente son équipe de tournage; il va rendre visite à de grands cirques européens. Au passage nous voyons Anita Ekberg devant une cage de fauves.

Cette pseudo enquête ne menant nulle part les clowns ayant plus ou moins déserté la piste et s'étant répandus dans les villes et les campagnes, Fellini décide que "le clown est mort". C'est une triste nouvelle et le ton, le style du film se transforment. Fini le reportage : Fellini décide d'organiser un grand spectacle, une sorte de messe solennelle pour célébrer les funérailles du clown.

Préparatifs fébriles, longue mise en place, répétition de gags, etc.. aboutissent à une grandiose fiesta qui devrait être joyeuse et drôle mais qui, en réalité, conserve un caractère tragique de kermesse funèbre. C'est une cérémonie d'adieu. Le clown mythique est bien mort La piste se vide, les gradins aussi. Le chapiteau est désert.

Et puis soudain, venue de nulle part, une mélodie éclate. Elle est jouée par un clown-trompette. Ce chant mélancolique et déchirant ne reste pas sans écho. Un autre instrument répond au premier Le rond de lumière va bientôt rassembler ces deux clowns musiciens. Deux fantômes qui, à leur manière, ressuscitent l'âme des clowns.

Le film est une réflexion en forme de faux documentaire sur les rapports du cirque et de la réalité.

 

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Les clowns
1970
(I clowns). Avec : Billi Scotti, Pierre Etaix, Annie Fratellini. 1h32.