(1891-1977)
33 films
   
   
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Fils cadet de l'auteur dramatique et romancier Tristan Bernard, Raymond Bernard est né, à Paris, le 10 octobre 1891. Son frère Étienne, médecin, deviendra membre de l'Institut; son frère Jean-Jacques sera auteur dramatique. Après avoir suivi des cours dans un collège de l'Oise, Raymond Bernard, qui se sentait irrésistiblement attiré par le théâtre, entreprit, dès l'âge de quinze ans, des études d'art dramatique. Il débuta non sans succès dans le rôle de Fortunio dans " Le Chandelier " d'Alfred de Musset, après quoi son père écrivit pour lui le rôle du fils de " Jeanne Doré " qu'il interpréta en 1913 aux côtés de Sarah Bernhardt. Il reprendra son rôle en 1916 dans la version cinématographique de Jeanne Doré sous la direction de Louis Mercanton.

Un an plus tard, Raymond Bernard entre au studio Gaumont comme assistant de Jacques Feyder qu'il remplacera au pied levé pour terminer Le ravin sans fond, dont le scénario avait été écrit par Tristan Bernard. Dès lors, le jeune homme abandonne la carrière de comédien pour se consacrer exclusivement à la réalisation cinématographique. Après avoir adapté pour l'écran quelques-unes des petites comédies de son père, Raymond Bernard trouve sa véritable vocation le jour où deux romanciers, Henry Dupuy-Mazuel et Jean-José Frappa, lui proposent de créer la Société des Grands Films Historiques. C'est l'occasion pour le cinéaste d'appliquer sa théorie : le cinéma doit être à la fois un art populaire et un art de prestige national, Le miracle des loups, Le joueur d'échecs et Tarakanowa furent, à l'époque, les seuls films français capables de rivaliser avec les super-productions américaines, italiennes et allemandes.

Le miracle des loups, avec une participation originale d'Henri Rabaud, fut le premier film à être présenté en gala officiel à l'Opéra de Paris (1924). Peu après l'avènement du cinéma parlant, Raymond Bernard donne encore deux œuvres de grande mise en scène, Les croix de bois d'après Roland Dorgelès et Les misérables, nouvelle version filmée du roman de Victor Hugo. Éclectique, Raymond Bernard poursuivra une carrière au cours de laquelle tous les genres seront abordés avec la même conscience professionnelle. Commencée en 1917, l'activité de réalisateur de Raymond Bernard s'arrêtera en 1967 avec une interruption forcée pendant les quatre années d'occupation allemande, en raison des lois raciales. Ayant pris sa retraite de cinéaste, Raymond Bernard a continué à s'occuper activement des problèmes professionnels au comité de la Société des Auteurs de Films. Il est mort à Paris le 12 décembre 1977.

FILMOGRAPHIE :

1918 Le traitement du hoquet
   
   
1919 Le gentilhomme comerçant
   
   
1919 Le petit café
   
   
1920 Le secret de Rosette Lambert
   
   
1921 La maison vide
   
   
1922 Triplepatte
   
   
1922 Le costaud des épinettes
   
   
1923 Décadence et grandeur
   
   
1923 L'homme insusable
   
   
1924 Le miracle des loups

Avec : Vanni Marcoux (Charles le Téméraire), Charles Dullin (Le roi Louis XI), Yvonne Sergyl (Jeanne Fouquet, future Jeanne Hachette), Romuald Joubé (Le chevalier Robert Cottereau). 2h12.

Les Troubadours du Moyen Age racontent cette aventure légendaire survenue à Jeanne Laisné, dite "Jeanne Hachette". Poursuivie dans les bois par des hommes d'armes, elle est sauvée par une horde de loups. Dépouillant leur instinct féroce devant cette héroïque jeune femme, ils entourent en cercle l'élue de Dieu et se prosternent devant elle, s'agenouillant sur la neige du sol. En arrière-plan, la lutte de Louis XI et de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, qui s'achève par le siège de Beauvais où la même Jeanne Hachette se distingua par sa bravoure. Les machinations politiques déjouées, l'amour triomphera.

   
1927 Le joueur d'échecs
   
   
1929 Tarakonawa
   
   
1931 Le faubourg Montmartre
Céline et Ginette Gentilhomme habitent un sixième étage sur la Butte Montmartre. Leur père, voyageur de commerce, est rarement à la maison. Céline, l’aînée, subit l’influence néfaste d’un gars du milieu, Dédé, qui vit de trafic de drogue et autres ressources inavouables. Ginette, plus sage, habille les mannequins dans une maison de couture. En secret, elle s’est éprise d’un pensionnaire de l’immeuble, Frédéric Charençon, honnête travailleur comme elle, et qui n’est pas insensible à son charme. Mais la chair est faible, et le jeune homme succombe aux avances de la belle Irène, vedette par protection dans un théâtre des Boulevards.
Déçue, Ginette accompagne sa sœur dans une soirée chez les Gibmeister, rendez-vous d’élection de la pègre dorée, où Dédé fait la loi. Mais ce soir-là, une descente de police vient troubler les réjouissances : un crime a été commis à l’étage au-dessus. Dédé, compromis, se cache chez les sœurs Gentilhomme, au grand dam de Ginette, qui tolère mal cette promiscuité. Son nom est mêlé par les journaux à l’affaire Gibmeister : elle est chassée de son travail. Pendant ce temps, sa sœur sombre dans le vice. Leur père, inquiet, est revenu. Il devine la détresse lamentable de ses filles. La venue de la police ébranle sa santé déjà déclinante. Une crise l’abat, il succombe.
La raison de Céline a sombré sous l’effet de la cocaïne. Ginette trouve refuge auprès de Frédéric. L’amour sera le plus fort et finira par triompher de la perversité ambiante. Les deux gens trouveront le bonheur loin du Faubourg Montmartre et de ses miasmes.
   
1932 Les croix de bois

Avec : Pierre Blanchar (Gilbert Demachy), Gabriel Gabrio (Sulphart), Charles Vanel (Breval), Antonin Artaud (Vieublé). 1h50.

1914. Demachy, étudiant, est mobilisé et se retrouve au front. Il connaît là les horreurs de la guerre : les tranchées, la boue, le froid. Ses camarades tombent les uns après les autres. Au cours d'une offensive, il est grièvement blessé. Il délire et voit alors défiler les croix de bois, symbole de la grande peur qui hante tous les soldats.

   
1933 Les misérables

Avec : Harry Baur (Jean Valjean), Charles Vanel (Javert), Charles Dullin (Thénardier), Jean Servais (Marius).

Jean Valjean, un ancien forçat, s'est refait une place dans la société sous le nom de M. Madeleine. Il s'intéresse à Fantine, une pauvre malheureuse, et sa fille, la petite Cosette, placée chez un couple d'aubergistes, les Thénardier. Mais un policier inflexible, Javert a l'œil sur lui et veut lui faire payer un vol qu'il a commis autrefois...

   
1934 Tartarin de Tarascon
A Tarascon tonitrue Tartarin: passionné de récits de chasses aux grands fauves, armé de son gigantesque tromblon, le verbe haut, la phrase glorieuse, ce brave homme joue à l'homme brave devant des auditoires sous le charme de ses histoires rocambolesques. Bravida, un ancien militaire, Bézuquet, le pharmacien, Costecalde, l'armurier, Ladevèze, le président d'on ne sait trop quoi, tous tremblent aux exploits fictifs de leur concitoyen. Tous sont convaincus que Tartarin serait, lui aussi, un grand chasseur... S'il le voulait. Aucun ne sait que leur héros est surtout attaché à un confort sur lequel veille jalousement sa "gouvernante " Annette et qu'il n'a nulle envie de vivre les aventures qu'il raconte. Et pourtant, il devra un jour partir. Le bruit a couru à Tarascon qu'il avait été invité par quelque grand chef arabe à participer à une chasse au lion. Ce n'est pas vrai, mais tout le monde y croit et si Tartarin n'y va pas, c'est sa réputation qui sera ruinée. Au moment où la rumeur commence à douter de sa bravoure, Tartarin s'équipe et, avec des tonnes de matériel, s'embarque pour l'Algérie.

Sous les palmiers, il succombe aux charmes de Baïa, qui se dit princesse et qui, avec la complicité d'un faux prince, Grégory, ne convoite que le magot du futur héros. Celui-ci, en plein désert, justifie enfin sa réputation : fi abat un lion qui, le jour levé, se révèle être un animal vieux, misérable et, pis encore, aveugle. Condamné pour ce " meurtre " à une amende qu'il ne peut payer parce que Grégory a disparu avec son argent, Tartarin doit vendre tout son matériel. Penaud, il reprend le bateau. A Tarascon, sur le quai, une foule enthousiaste attend son héros. Celui-ci met pied à terre et, les hourras apaisés, entreprend le récit de ses exploits...

   
1935 Amants et voleurs
Avec : Michel Simon (Doizeau), Raymond Aimos (un clochard), Paul Azais (Valtier), Pierre Blanchar (Claude Brévin). 1h30.
   
1937 Anne-Marie
Un inventeur est convié par la Société Aérienne à assister aux essais de l'une de ses trouvailles : un enregistreur d'accélération pour avions. Dans les bureaux d'études de la société, il croise une jeune femme, Anne-Marie, pour laquelle il a le coup de foudre. Désigné pour l'expérimentation, "Le Penseur" subit au cours du vol de nombreuses avaries qui mettent sa vie en péril. Avec l'appui de ses quatre amis pilotes surnommés "Le Boxeur", "L'Amoureux", "Le Détective" et "Le Paysan", il réclame la mise à pied de l'ingénieur responsable du dossier. Celui-ci n'est autre qu'une charmante jeune femme prénommée Anne-Marie, qui ne connaît rien au pilotage et à ses dangers, mais qui est toute disposée à apprendre. Conquis, les aviateurs la font engager comme ingénieur de piste et l'acceptent au titre d'élève-pilote.
À tour de rôle, les cinq amis inculquent à Anne-Marie les rudiments du pilotage. Pour célébrer son premier " lâcher ", une petite fête est organisée. L'occasion rêvée pour chaque professeur de danser avec Anne-Marie et de la courtiser...
Peu de temps après, elle passe son brevet de pilote. L'examen réussi, l'Inventeur l'entraîne dans une balade champêtre et lui fait une cour assidue. Pour les aviateurs, qui avaient organisé une fête en l'honneur d'Anne-Marie, la déception est grande. Lorsqu'elle les retrouve enfin, ils la traitent avec dédain, préférant concentrer leur attention sur le vol humanitaire effectué par "Le Penseur". La mission accomplie, ils conseillent à l'Inventeur de ne plus voir Anne-Marie : elle se prépare à battre un record de vitesse et a besoin de toute sa tête. Afin de détourner Anne-Marie de cette relation, les aviateurs inventent un prétendant qui écrit à la jeune femme des lettres d'amour enflammées. Chargé de rédiger les lettres sous leur dictée, "Le Penseur" se pique au jeu et tombe réellement amoureux d'Anne-Marie. Celle-ci, à son tour, succombe au charme de cet " inconnu " et charge "Le Détective" de le démasquer. Mais "Le Penseur" se tue au cours d'un vol expérimental en emportant son secret. Anne-Marie découvre après sa mort qu'il était son mystérieux correspondant. Elle prend alors conscience qu'elle aimait "Le Penseur" d'un amour fraternel et que c'est l'Inventeur qu'elle aime vraiment.
Le jour de la tentative de record, Anne-Marie s'envole en dépit du mauvais temps et doit affronter bien des dangers. Alors que l'avion tourne en rond dans le brouillard au-dessus d'Angoulême, l'Inventeur a l'idée d'utiliser l'éclairage de ville pour guider l'avion qui parvient à atterrir sans dommage. Anne-Marie est accueillie par ses amis aviateurs et l'Inventeur.

   
1937 Le coupable

Avec : Pierre Blanchar (Jérôme Lescuyer), Gabriel Signoret (Monsieur Lescuyer), Suzet Maïs (Marie-Louise Gaude). 1h47.

Fils d’un magistrat austère au cœur sec, veuf établi à Caen, Jérôme Lescuyer termine des études de droit à Paris. Il mène une vie studieuse, égayée seulement par des visites à son ancien camarade de collège Donadieu, un artiste aussi talentueux que désargenté. Jérôme se lie avec une jeune fleuriste, Thérèse Forgeat, et devient son amant. Le bonheur paraît leur sourire, mais la guerre éclate. Jérôme part rejoindre son corps, laissant la jeune femme enceinte...

   
1937 Marthe Richard au service de la France

Avec : Edwige Feuillère (Marthe Richard), Délia Col (Mata-Hari), Marthe Mellot (la mère de Marthe), Erich von Stroheim (Le baron Erich von Ludow). 1h35.

1914, en Alsace : le père et la mère de Marthe Richard sont fusillés par des soldats allemands. Désemparée, sans nouvelles de son fiancé André, qui est au front, la jeune femme gagne Paris, où elle se fait engager comme agent secret par le commandant Rémond : au service de la France, elle saura se venger...

   
1938 J'étais une aventurière
Dans les palaces d’Europe, jouant les comtesses ruinées, Véra Vronsky escroque de richissimes et peu scrupuleux gogos avec l’aide de ses complices Paulo et Désormeaux. Jusqu’au jour où, à Cannes, elle tombe amoureuse de l’homme d’affaires Pierre Glorin et part avec lui, abandonnant ses deux associés. Ceux-ci la retrouvent à Paris, où elle feint de continuer sa carrière d’aventurière sous la personnalité de lady Kennington. Désormeaux l’oblige à commettre un dernier coup avec eux : dérober «l’Imperator», un brillant fameux apporté dans la capitale par le diamantaire Van Kongen. Véra, qui a su profiter des leçons de son mentor, fait croire à son arrestation et incite les deux escrocs à fuir. Mais Désormeaux comprend très vite le stratagème qu’elle a utilisé pour se débarrasser de lui et de son complice. Il parvient à retrouver sa trace, et, accompagné de Paulo, qui se fait passer pour un membre de la famille de Véra originaire de Russie, il fait irruption dans la propriété de Pierre. Véra, qui n’a jamais osé avouer son passé à son mari, se voit contrainte de jouer le jeu de Désormeaux, lequel projette de s’emparer des bijoux des invités. Une fois le vol commis, la jeune femme met Pierre au courant de ses anciennes activités et tous deux se lancent à la poursuite des deux aigrefins. Une panne d’essence les oblige à abandonner, mais Paulo, pris de regrets, revient au matin rendre les bijoux. Plus tard, au moment de monter à bord d’un paquebot en partance pour l’Amérique, il fera croire à Désormeaux qu’il a perdu le magot en laissant tomber la précieuse mallette à la mer.
   
1939 Les otages

Annie Vernay Rôle : Annie Beaumont Saturnin Fabre Saturnin Fabre Rôle : Rossignol, le châtelain Fernand Charpin Fernand Charpin Rôle : Beaumont, le maire Dorville Dorville Rôle : Rodillar, le braconnier. 1h45

À Champlagny-sur-Marne, en août 1914. Rossignol, le châtelain, a convoqué la fanfare municipale pour fêter sa victoire au procès qui, depuis trente ans, l’oppose au maire Adrien Beaumont, à propos d’un droit de passage dans la grange de ce dernier. Pierre, fils du châtelain et Annie, fille du maire, qui s’aiment en secret depuis toujours, les observent avec amusement. La guerre avec l’Allemagne éclate et l’ordre de mobilisation générale est déclaré. Pierre part au front. Quelques jours plus tard, la séance du conseil municipal est interrompue par l’annonce du premier mort de la commune. À Paris, Annie épouse Pierre. De retour au village, elle se met en quête de vêtements civils pour son mari devant retourner au front. Champlagny est alors envahi. Un officier allemand surprend le couple dans la grange. Pierre l’abat d’un coup de revolver. Beaumont enterre le corps dans un bois.

Quand le cadavre est découvert, le chef de la Kommandantur exige que le meurtrier se livre dans les vingt-quatre heures sous peine de détruire le village. Beaumont se propose comme otage. Les Allemands en exigent quatre autres. Rossignol se livre puis le tirage au sort désigne Fabien, l’huissier, le garde-champêtre et Tartagnac, ancien prévôt d’armes. Pendant ce temps, Annie aide Pierre à rejoindre les lignes françaises. Le lendemain, Beaumont trouve Tartagnac pendu. Rameau, le coiffeur tremblant de peur, est désigné pour lui succéder. Au petit matin, les cinq otages se mettent en route pour la Kommandantur en fredonnant « La Marseillaise », chacun tentant de surmonter sa peur. Dans leur cellule, ils retrouvent Rodillard, le braconnier arrêté pour meurtre.

Pour sauver son père, Annie dénonce Pierre mais son témoignage est sans valeur, l’assassin ne pouvant se livrer. Rossignol, qui s’accuse à la place de son fils, ne trompe pas l’officier allemand. Avec la visite d’Annie, les querelles s’oublient vite. Sereinement, les otages attendent l’heure de l’exécution. L’espoir renaît avec l’offensive des taxis de la Marne, qui refoule l’ennemi. Bientôt, le village est délivré et ses habitants, sous la conduite d’Annie, acclament les otages portés en triomphe alors que Beaumont et Rossignol, consternés, découvrent la grange détruite par un obus.

   
1940 Cavalcade d'amour

Avec : Simone Simon (Juliette), Claude Dauphin (Léandre, Hubert & Georges), Michel Simon(Diogène, Monseigneur de Beaupré & Lacouret), Janine Darcey (Julie). 1h40.

Récit d'une malédiction qui pesa, trois siècles durant, sur le château de Maupré et ses habitants.

1639 - Le château de Maupré est en liesse; de grandes fêtes se préparent pour lesquelles une troupe de comédiens ambulants a été conviée. La jeune héritière du nom va se marier, et, seule, elle verse des larmes au milieu de l'allégresse générale. L'époux qu'on lui impose est une sorte de monstre, un nabot ridicule et, de plus, idiot. Éperdue, Julie de Maupré, remarque parmi les baladins le jeune premier Léandre, charmant et de bonne tournure. Aussi s'enfuit-elle avec lui, la nuit même de ses noces. On les rattrape, Léandre est tué sauvagement et Julie, à demi-morte de chagrin et d'horreur, est ramenée à son mari.

1839 - En pleine période romantique, le fringant comte Hubert est sur le point d'épouser sa cousine, la sage Léonie. Les préparatifs de la cérémonie regroupent les couturières et une cousette arrive de Paris. Elle s'appelle Juliette. Elle est fraîche, charmante et point sotte. Le malheur veut qu'ayant jeté un regard sur le futur époux, elle s'en éprenne aussitôt. Hubert est plein de gentillesse mais Juliette n'appartient pas à son monde. Monseigneur de Maupré, un prélat onctueux, essaie de faire comprendre à la tendre enfant que c'est une mésalliance. Juliette courbe la tête. Lors de la messe de mariage, quand Hubert passe l'anneau au doigt de Léonie, la cousette meurt de chagrin.

1939 - Le château a changé de mains. Le riche banquier Lacouret l'a acheté. M. Lacouret veut que sa fille Junie épouse un fils de famille. Un parti intéressant s'offre en la personne de Georges Dupont-Dufort qui souhaite se marier pour rétablir les finances paternelles compromises. Les jeune gens se plaisent, mais se cabrent à l'idée d'un mariage de raison. L'amour pourtant va triompher grâce à un subterfuge des deux pères.

   
1946 Un ami viendra ce soir
Lemaret se prétend le président du "pays de l'innocence " et Prunier, brûlant d'un "feu intérieur", déambule, le torse nu; "la baronne " écrase tout le monde de son mépris alors que Martin, commissaire en retraite, joue le détective aux dépens de ses co-pensionnaires de la clinique du docteur Lestrade. En vérité, tous sont des malades mentaux, comme Pierre, le poète exalté, ou Jacques, le pianiste taciturne amoureux de la blonde Hélène, perdue dans ses rêves mais qui redescend sur terre pour une idylle avec Maurice Tiller, le chirurgien suisse installé près de l'asile.
Soudain, la vie quotidienne de l'établissement est bouleversée par l'irruption de soldats allemands à la recherche du commandant Gérard, le chef des maquis savoyards qui, en cet été 44, harcèlent les troupes d'occupation. Tiller intervient en faveur des malades, ignorant que Lestrade et son adjoint, le docteur Pigaut, Béatrice, l'infirmière, Pierre, Jacques et même Hélène sont des résistants qui n'attendent que le message de Radio-Londres- "Un ami viendra ce soir " - pour passer à l'offensive.
Hélène est chez Tiller la nuit de l'attaque. Pierre, grièvement blessé, doit subir d'urgence une opération et Lestrade demande au chirurgien de venir l'aider. Or ce dernier n'est pas médecin, mais agent de la Gestapo sur les traces de Gérard qui, pour sauver ses amis en danger, doit se démasquer : c'est le " commissaire " Martin. Alors que Tiller, alias Karl Brandt, est ligoté, Hélène, bouleversée, lui avoue qu'elle est juive. La jeune femme laisse s'échapper le captif, le suit chez lui où il s'apprête à lancer la contre-attaque allemande, et l'abat après avoir fait échouer son plan.
   
1946 Adieu chérie
Avec : Danielle Darrieux (Chérie), Louis Salou (Maxime), Gabrielle Dorziat (Constance), Jacques Berthier (Bruno Betillac). 1h55.
   
1949 Maya

Avec : Jean-Pierre Grenier (Jean), Viviane Romance (Bella), Marcel Dalio (Le steward), Louis Seigner (Le paysan). 1h18.

Maya est le nom que les Hindous donnent à l'illusion, aux multiples formes, aux apparences trompeuses, et par extension à la femme, interchangeable, que les marins espèrent trouver à chaque escale. C'est à elle que songent les matelots du " Saint- Jacques ", un cargo chargé de nitrate qui est sur le point d'accoster. Jean, le maître d'équipage, se retrouve à terre, déambulant dans les ruelles du port, avec des rêves plein la tête.

   
1949 Le cap de l'esperance
Avec : Andrée Debar (Agnès Bernauer), Jean-Claude Pascal (Le prince Albert de Bavière), Gabrielle Dorziat (La margrave Josépha), Pierre Renoir (Le duc Ernest de Bavière). 1h38.
   
1952 Le jugement de dieu
  Albert, le prince héritier de Bavière, doit épouser pour raison d'État Bertha de Wurtemberg. Celle-ci, décrite par le comte Törring, fidèle compagnon du prince, est un laideron à la silhouette informe. Néanmoins, puisque son père, le duc de Bavière, l'exige, Albert prend la route pour rejoindre sa promise. Le duc le fera surveiller, au long du parcours, par Enrique, un moine de l'Inquisition. Le prince et sa suite s'arrêtent à Augsbourg, où le bourgmestre a organisé des festivités en leur honneur. Au cours d'un tournoi, Albert est désarçonné. La cause de cette défaite : le regard fixé sur le sien d'une jeune spectatrice, Agnès Bernauer, dont la beauté l'a fasciné. Soigné par le chirurgien - et barbier - local, le père d'Agnès, Albert se remet vite dans les bras de celle-ci, son infirmière. Le soir même, il ne dansera qu'avec elle, sous les yeux scandalisés des participants au bal : le bourgmestre, Bernauer, Théobald, le fiancé d'Agnès, et, surtout, Enrique.
Albert et Agnès se sont mariés devant Dieu et rendent visite à la margrave Josépha, sœur du duc de Bavière et tante d'Albert. Cette femme profondément humaine a été naguère bannie par son frère pour avoir aimé un roturier. Elle adopte le jeune couple, qui va lui donner l'occasion de se venger. Se sachant soutenu par la margrave et le peuple, que son attention aux pauvres a conquis, Albert refuse de répudier Agnès ou d'abdiquer comme l'en adjure son père. La guerre civile éclate alors, qui tourne d'abord à l'avantage des partisans du prince. « Il faut éliminer la femme » suggère son ministre au duc de Bavière. « C'est une sorcière » renchérit Enrique qui, au nom de la sainte Inquisition engage un procès en sorcellerie contre Agnès Bernauer. Elle sera condamnée au Jugement de Dieu : la mort.
Le sort des armes est devenu défavorable à la margrave, à Albert et à leur armée de gueux. Enrique a tôt fait de convaincre Agnès qu'elle est la responsable de la guerre et de ses ravages. Et lorsque Josépha, puis Törring et Théobald tombent à leur tour, Agnès s'effondre. Elle se croit coupable et accepte le Jugement de Dieu. Le moine la conduira au milieu du fleuve où elle sera jetée, une pierre au cou. Albert, du haut d'une falaise, se jette dans le vide pour la rejoindre dans la mort.

   
1953 La dame aux camélia

Avec : Micheline Presle(Marguerite Gauthier), Gino Cervi (Monsieur Duval), Roland Alexandre (Armand Duval), Alba Arnova (Olympe), Jean Parédès (Comte Varville). 1h51.

Dans le Paris frivole des années 1850, Marguerite Gautier est une courtisane richement entretenue par un duc bien plus âgé qu'elle. Belle et spirituelle, la jeune femme s'affiche avec son amie Prudence dans les théâtres et parade dans les soupers fins. Pourtant, Marguerite est malade, phtisique et condamnée à brève échéance: elle a choisi de consacrer les dernières années de son existence à une quête effrénée de tous les plaisirs. Parmi ses nombreux soupirants, le plus empressé est le comte Varville : elle se moque de lui. Par contre, l'amour sincère d'Armand Duval, qui la regarde comme une femme et non comme une courtisane, la touche profondément. Elle éprouve bientôt pour lui une folle passion.

Qu'importe alors que le duc l'abandonne, l'important est de garder Armand auprès d'elle.

Celui-ci s'apprête à aider sa maîtresse désormais sans ressources. Mais cette liaison compromet le prochain mariage de sa soeur avec le fils d'une riche famille. Son père intervient alors, en secret, auprès de Marguerite. Le vieil homme croyait trouver une femme légère et découvre une amoureuse. Ému, il obtient néanmoins de Marguerite qu'elle s'efface.

Convaincu d'avoir été abandonné, Armand veut se venger et, lors d'une soirée à laquelle Marguerite assiste avec Varville, affiche une liaison, feinte, avec Olympe, une autre courtisane.

Désespérée, ruinée, malade, Marguerite n'a plus qu'un espoir: revoir Armand avant de mourir. Lejeune homme, qui a appris la vérité par Nanine, la servante de Marguerite, arrive enfin au chevet de sa bien-aimée pour en recueillir le dernier serment d'amour.

   
1953 La belle de Cadix

Avec : Luis Mariano (Carlos), Carmen Sevilla (Maria-Luisa), Jean Tissier (Auguste Legrand), Claude Nicot (Robert), Claire Maurier (Alexandrine Dupont), Thérèse Dorny (Blanche). 1h45.

La version espagnole est réalisée par Eusebio Fernández Ardavín.

   
1955 Les fruits de l'été
  Avec : Edwige Feuillère (Sabine Gravières), Henri Guisol (Edouard Gravières), Etchika Choureau(Juliette Gravières), Pauline Carton (Mélanie), Jeanne Fusier-Gir (Mademoiselle). 1h45.
   
1957 Le septième commandement
Avec : Edwige Feuillère (Princesse Nadia Vronskaïa), Jacques Dumesnil (Gilbert Odet), Jacques Morel (Pilou), Maurice Teynac (Labaroche). 1h36.
   
1958 Le septième ciel

Avec : Danielle Darrieux (Brigitte de Lédouville), Noël-Noël(Guillaume Lestrange), Paul Meurisse (Manuel Villa), Alberto Sordi (Xavier Laurentis), Gérard Oury (Maurice Portal). 1h47.

À Houblonnes, petite ville de province, la kermesse bat son plein. Bienfaitrice locale, Brigitte de Lédouville s'occupe inlassablement d'un grand nombre de bonnes œuvres qu'elle finance en grande partie elle-même. Pour sa prochaine bonne œuvre, elle promet de réunir vingt millions destinés à la création d'un Institut médico-social en Afrique du Sud.

Mais où puise-t-elle donc ces ressources ? C'est très simple : avec l'aide de son fondé de pouvoir, Guillaume Lestrange, elle séduit de riches admirateurs auxquels elle soutire de fortes sommes d'argent avant de les entraîner délicatement vers "le septième ciel". Le rituel est immuable : après avoir été victime d'un ingénieux système d'électrocution, chaque "conquête" est enterrée sous un somptueux massif d'hortensias, dans le jardin de la propriété.

Alors que dix "bienfaiteurs" reposent déjà sous les fleurs, un escroc au mariage, Maurice Portal, et son ami Xavier Laurentis arrivent à Houblonnes. Pour piéger l'escroc, Lestrange fait croire à Portal que Mme de Lédouville est prête à brader sa florissante brasserie pour financer sa prochaine bonne œuvre. Grâce à la caution de Xavier Laurentis, Manuel Vila prête à Portal les vingt millions nécessaires à la transaction. Mais, peu après avoir empoché la somme, Portal disparaît. Désirer de retrouver son capital, Vila mène l'enquête et arrive chez Mme de Lédouville. Soupirant plus rusé et plus séduisant que les autres, il a tout deviné. Alors que Brigitte s'apprête à lui céder, Lestrange, amoureux transi, expédie Vila dans l'autre monde avant de périr à son tour, à la suite d'une erreur de manipulation. Lestrange viendra ainsi achever la figure des douze massifs en étoile.

Houblonnes veut rendre hommage à sa bonne fée et organise une grande fête en son honneur. Mais ce jour-là, le ciel se couvre brusquement et, laissant échapper son courroux, se zèbre d'éclairs et gronde de coups de tonnerre. Alors que Brigitte de Lédouville se trouve à la tribune pour prononcer un discours devant un micro, la foudre s'abat sur elle et l'enflamme comme une torche. Sa statue, élevée par ses concitoyens reconnaissants, laisse éclater un rire sarcastique.

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