The player

1990

Genre : Film noir
Thème : Hollywood

Avec : Tim Robbins (Griffin Mill), Greta Scacchi (June Gudmundsdottir), Fred Ward (Walter Stuckel), Whoopi Goldberg (Détective Susan Avery), Peter Gallagher (Larry Levy). 2h04.

Griffin Mill, directeur de production à Hollywood, reçoit des cartes postales anonymes menaçantes. Il semble qu’elles émanent d’un auteur, dont le scénario aurait été recalé. Par ailleurs, il craint pour son emploi, d’autant qu’un transfuge de la concurrence est embauché, à ses côtés. Après une brève enquête, le nom de David Kahane s’impose comme celui de l’auteur des menaces. Il se rend à son domicile à Pasadena, où il a un entretien téléphonique avec la compagne de Kahane, June. Il apprend que l'auteur est au cinéma pour voir Le Voleur de bicyclette de Vittorio De Sica. Après la projection, ils se rencontrent et dans un bar, Mill lui propose une collaboration. Dans la rue, la discussion s’envenime, ils en viennent aux mains ; Kahane est tué...

The Player n’est pas un film sur la réalisation ou la production d'un film précis mais une anlyse en forme de satire du milieu Hollywoodien.L'aspect film noir, le meurtre du scénariste, la suspicion à l’égard du meurtrier puis sa liberté ne constituent aussi qu’un canevas, servant à la peinture du milieu.

The Player est une production indépendante à petit budget, ce qui permet à Altman d’exprimer sa verve satirique en toute liberté. Altman se moque de l’obsession des films concepts qui peuvent être racontés et surtout vendus en une phrase, des idées absurdes de suites et remakes à la chaîne, des stars du moment que l’on veut mettre à toutes les sauces.

Ce film est aussi une réflexion sur l'ambition personnelle et l'échec. La crainte d'être devancé par un concurrent entraîne le personnage principal dans une spirale d'autodépréciation et de dépassement de lui-même au travers de comportements de fuite, de séduction et de violence. La mise en scène qui étouffe le personnage dans des dialogues et le place dans des décors parfois irréels souligne cette dépersonnalisation. « The player » en anglais peut signifier l'acteur ou le joueur (aussi celui qui compte, qui a du pouvoir) et le titre est donc équivoque. Griffin Mill est l'acteur d'un scénario déjà écrit qui le domine complètement. Il passe par plusieurs étapes très symboliques de bouleversement personnel jusqu'à son apogée, celle d'un surhomme génial mais monstrueux et sans substance.

C'est, a contrario, un hommage au cinéma classique. Le film commence par un long plan séquence de huit minutes dans lequeloù se croisent de nombreux personnages, parmi lesquels les principaux protagonistes de l’histoire, l’on passe de groupe en groupe, de discussion en discussion, y compris une discussion sur les plans séquences et notamment celui, initial, de La soif du mal.

Les affiches de films américains classiques aux titres évocateurs dans le bureau du producteur exécutif ou des écriteaux dans les rues de Los Angeles viennent ainsi souligner ou ponctuer avec humour le déroulement de l’action.