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Né en 1980
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Omar Victor Diop travaille sur « les relations de domination entre peuples », ses photographies sont un « territoire de reconquête » qui permet de reconstituer les mémoires africaines et afro descendantes au sein de l'histoire des représentations. Il est surtout connu pour son usage politique de l'autoportrait comme un questionnement de la place des personnes noires dans la culture, l'art et l'histoire dans un contexte colonial. Son œuvre est marquée par les couleurs saturées, les compositions détaillées et les références à l'histoire de l'art, au théâtre et à la mode. Le photomontage est primordial dans ses autoportraits, et il utilise également les principes du collage qu'il transpose numériquement, notamment pour la série « Allegoria » en 2021.
| Angelo Soliman | 2014 | Galerie Magrin-A |
| Jean-Baptiste Belley | 2014 | Galerie Magrin-A |
| Thiaroye, 1944 | 2016 | Galerie Magrin-A |
Omar Victor Diop, naît en 1980 à Dakar.Diplômé de l'École supérieure de commerce de Paris, Omar Victor Diop travaille d'abord à la communication de British American Tobacco Afrique. Il occupe un poste prestigieux mais avoue s'ennuyer. Il apprend la photographie en autodidacte et il publie d'abord ses portraits sur Facebook.
Révélé aux Rencontres africaines de la photographie à Bamako en 2011 avec sa série « Le futur du beau », il élabore par la suite la série « Le studio des vanités », inspirée des portraitistes tels que Malick Sidibé, Mama Casset ou Seydou Keïta, pour dresser le portrait de jeunes africains urbains, créatteurs, dynamiques. Il devient connu pour ses photographies d'artistes, activistes et blogueurs dakarois. Il commence une carrière de photographe de mode et vit de la photographie à partir de 2013.
La série « Diaspora » de 2014, produite durant une résidence artistique à Malaga, marque le début d'un travail sur l'histoire noire en Afrique et dans le monde. L'artiste se met en scène, rejouant des portraits d'hommes noirs du XVe au XIXe siècle, comme Jean-Baptiste Belley, Frederik Douglass, ou Malik Ambar. En insérant des accessoires liés au football dans ses recréations de portraits historiques, Omar Victor Diop inscrit les parcours de ces hommes dans le présent. L'ensemble des dix-huit portraits composant cette série est acquis par la Fondation Louis-Vuitton et présenté lors de l'exposition « Art Afrique le Nouvel Atelier », en 2017.
Dans cette série, Omar Victor Diop revisite des portraits classiques européens en remplaçant les personnages originaux par lui-même. Il incarne ainsi des personnalités issues de la diaspora africaine. Ces figures ont souvent eu des parcours exceptionnels malgré des contextes marqués par l'esclavage, la colonisation ou l'exil. Chaque image contient un détail anachronique : un accessoire lié au football (gants, ballon, maillot...), ce qui, pour l'artiste, est une métaphore permettant de confronter la réalité des migrations et déportations historiques à celle des migrations contemporaines, notamment celles des jeunes Africains pour qui la haute performance sportive représente une opportunité de réussite à l'étranger.
En 2016, il est commandité par Pernod Ricard pour photographier ses collaborateurs. À partir de 2017, il travaille avec Lee Shulman sur l'Anonymous Project, une collection de photographies vernaculaires américaines des années 1950 où sont incrustées des images contemporaines.
Son exploration des thèmes politiques s'intensifie dans la série « Liberty » qui traite de personnalités noires emblématiques du militantisme. Il remet en scène, par exemple, Trayvon Martin, Aline Sitoé Diatta, le massacre des tirailleurs Sénégalais à Thiaroye et les révoltes de Soweto.
En 2025, il se tourne vers la porcelaine en réalisant, en collaboration avec la maison Bernardaud, une sculpture de son visage intitulée « Touki »
Diop est représenté en exclusivité mondiale par la galerie Magnin-A, à Paris.