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Angelo Soliman

2014

Angelo Soliman
Omar Victor Diop, 2014
Impression jet d'encre pigmentaire sur papier Harman By Hahnemuhle, 120 x 80 cm
Galerie Magrin-A

La photographie fait partie de la série Diaspora

Angelo Soliman (1721-1796).Arraché à ses parents alors qu'il n'a que 7 ans, Angelo Soliman voit son destin basculer dans l'esclavage. Les premiers documents le concernant révèlent qu'il fut cédé à Messine, en Sicile, au maréchal impérial Lobkowitz, entre 1734 et 1735. Il resta au service de ce dernier jusqu'en 1753, dans sa propriété de Bohème. Rien ne témoigne de son affranchissement : il semble qu'Angelo Soliman ait glissé, peu à peu, du statut d'esclave à celui de domestique.

En 1754, il entre à la cour du prince Venceslas de Liechtenstein. Valet puis précepteur, il suit la cour dans ses déplacements et s'intègre à la société viennoise, où il acquiert une certaine aisance. En 1767 et 1775, il investit dans l'exploitation des mines de Schladming, ce qui lui ouvre les portes de cercles économiques dont il avait été exclu jusqu'ici. En 1768, il se marie sans le consentement de ses employeurs, ce qui lui vaut d'être écarté du service princier durant quelques années. Mais dès 1773, François-Joseph de Liechtenstein le prend à son service, jusqu'à sa retraite en 1783. Initié à la franc-maçonnerie, au sein de la loge viennoise La vraie Concorde depuis 1781, il y tient un rôle actif jusqu'en 1786. Le 21 novembre 1796, Angelo Soliman s'éteint à Vienne.

Contre toute attente, une partie de sa dépouille est, alors, utilisée pour confectionner un mannequin, exposé sous les traits d'un « sauvage », au cabinet impérial d'histoire naturelle de Vienne, jusqu'en 1806.

Krystel Gualde, directrice scientifique du musée d'histoire de Nantes et du Mémorial de l'abolition de l'esclavage

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