Persée délivrant Andromède
Paolo Véronèse, 1555 ?
Huile sur toile, 260 x 211 cm
Musée des beaux-arts de Rennes

Peintre de la lumière dorée et des couleurs ardentes, Véronèse apporte son génie fertile et fougueux à l'art de Venise dans la seconde moitié du XVIe siècle. Egal de Titien et de Tintoret pour ses contemporains, il excelle dans les vastes programmes décoratifs qui fleurissent dans la cité des Doges. Son art n'est jamais si brillant que lorsqu'il prend pour sujet des figures féminines, auxquelles il insuffle une sensualité vibrante.


Persée délivrant Andromède, autrefois propriété de l'intendant Fouquet, illustre un épisode des Métamorphoses d'Ovide qui met en scène Cassiopée, reine d'Ethiopie. S'étant déclarée plus belle que les Néréides, celles-ci, pour défendre leur honneur, en appellent à la protection de Poséidon. Pour punir l'impudente, il envoie un monstre marin ravager le pays. Seul le sacrifice d'Andromède, fille de Cassiopée, peut laisser espérer un retour à la paix. Persée, fils de Zeus et de Danaé, propose de délivrer la captive en échange de la main de la belle.


Véronèse choisit le moment le plus dramatique du récit, quand la prisonnière est la proie du monstre, juste avant la délivrance par l'épée de Persée. La luminosité de la robe pourpre d'Andromède, rendue par une touche large et frottée, montre assez ce que l'art vénitien doit à la tradition orientale.

 


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Persée délivrant Andromède
1555 ?