Nature morte au pichet et aux pommes

1919
Nature morte au pichet et aux pommes
Pablo Picasso, 1919
Huile sur toile 65 x 43,5 cm
Musée Picasso, Paris

L’orange peut être rendue par un aplat de couleur alors que la pomme, souvent préférée par Cézanne… ou par Picasso, serait à ranger du côté du modelé, du tactile.

Nature morte au pichet et aux pommes, peinte en 1919 par un Picasso en pleine période classicisante, s’inscrit dans cette démonstration : six volumes (un pichet, une assiette, quatre pommes) pour une dramaturgie en clair-obscur, comme étouffée sur fond d’ouate grise.

Ses commentateurs ont facilement décelé la femme cachée dans cette œuvre. Cette femme-vase, pichet ou amphore dont Picasso modèlera d’innombrables exemplaires plus littéraux pendant les années Vallauris. Il faut cependant résister à la tentation d’opposer l’orange de Matisse et les pommes exagérément palpables de Picasso, car d’une œuvre à l’autre les valeurs de l’abstraction et de la figuration permutent. Et le traitement pictural des oranges (composées de plusieurs couches de couleur) est en fait moins abstrait que les pommes lissées et sphériques de Picasso.

(voir : confrontation avec Nature morte aux oranges de Matisse).

Retour à la page d'accueil de la section Beaux -Arts