La sieste

1925
La Sieste
Joan Miró,1925
Huile sur toile, 113 x 146
MNAM, Paris

Cette toile, qui appartient à la période des "peintures de rêve" initiée en 1924, est significative de la contribution de Joan Miró au Surréalisme. Tout en prenant appui sur le réel, le peintre élabore son propre univers onirique constitué d’un répertoire de signes, inspirés de l’œuvre de Paul Klee, qu’il disperse sur un espace pictural monochrome et sans repère, à la limite du vide.

Le processus de simplification dont est issue la Sieste peut être reconstitué à partir des dessins préparatoires de Miró. Dans l’un d’eux, une femme est allongée par terre devant une maison sur laquelle figure un cadran solaire; au loin, sur une plage, quatre personnages dansent la sardane. Au-delà se dressent les pics des montagnes de Montroig, lieu de villégiature de Miró en Catalogne, tandis que dans le ciel s’élève un soleil flamboyant. Dans un autre dessin qui préfigure le résultat final, Miró a rassemblé ces différents éléments en les schématisant : la femme et la maison sont confondues en une sorte de cerf-volant blanc ; les flèches du cadran solaire agrandies indiquent le chiffre 12, l’heure de la sieste ; la ronde des danseurs se traduit par un cercle de pointillés ; la crête des montagnes devient une sorte de parapluie renversé.

Le résultat de cette simplification progressive est une restructuration du tableau qui donne toute son importance au fond et à la couleur.