Joan Miro

 
(1993-1983)
Surréalisme
La sieste 1925 MNAM, Paris

Très tôt passionné par le dessin, Joan Miró est contraint de suivre une formation de comptable. À la suite d’une maladie qui l’isole quelques mois, il se réoriente vers la peinture en s’inscrivant, en 1912, dans une école d’art de Barcelone. L’enseignement anti-académique de l’établissement lui fait découvrir les artistes pionniers de l’art moderne comme Cézanne, les Fauves et les Cubistes, dont ses premières toiles ressentent l’influence.

À partir de 1918, date de sa première exposition personnelle à Barcelone, il entame une période "détailliste", série de peintures où chaque détail est précisément représenté dans un style naïf, comme dans La Ferme de 1921-22, achetée par Hemingway. Son travail se détache progressivement de ce réalisme méticuleux sous l’influence du milieu artistique parisien qu’il fréquente au cours de nombreux séjours effectués à partir de 1920 : introduit par son compatriote Pablo Picasso, Miró rencontre André Masson, son voisin, par l’intermédiaire duquel il rejoint le groupe surréaliste.

La montée de la violence en Europe dans les années 30 l’oriente vers une recherche plus dramatique qui aboutit à une série de pastels à la fois effrayants et grotesques, ses "peintures sauvages". La guerre d’Espagne l’oblige à se fixer à Paris, puis en Normandie, où en 1940 il commence la série des Constellations reproduites dans un ouvrage préfacé par Breton. En 1941, la première rétrospective de son œuvre au MoMA de New York le consacre.

Après la guerre, une grande diversité d’œuvres voit le jour, aussi bien des céramiques que des fresques, par exemple le panneau mural de l’UNESCO à Paris en 1958, la série des 3 Bleus de 1961, vastes surfaces monochromes vigoureusement ponctuées, ou encore des sculptures monumentales telles que la pièce réalisée pour le parvis La Défense en 1978.