La création d'Eve
Michel-Ange 1509-10
Fresque, 170 x260 cm.
Vatican, Chapelle Sixtin.,

La cinquième scène dans l'ordre chronologique du récit, la création d'Eve, souvent interprétée comme une allégorie de la création de l'Église, qui préfigure la Vierge, qui est la nouvelle Eve.

On remarquera que cette scène est la première où paraît la figure du Créateur, imposante, immobile et massive : nous sommes en effet exactement au milieu de la voûte, qui correspond au sol à l'ancien emplacement (il sera modifié au cours du XVIe siècle) de la grille qui séparait, pendant les offices, le clergé des laïcs.

En deçà du premier péché, nous commençons donc d'entrer dans le saint des saints, Sancta Sanctorum, dans la proximité de Dieu.

De part et d'autre de cette scène figurent Ézéchiel, qui avait prophétisé la naissance de la Vierge et l'édification d'un Temple purifié : figure fervente, qui entre dans un débat animé avec un ange qui semble lui indiquer la clé du mystère ; il laisse tomber le rouleau qu'il tient de la main gauche et n'est attentif qu'à la seule inspiration ; et la Sibylle de Cumes, vieille matrone alourdie par les ans, à laquelle on associait depuis le haut Moyen Age la quatrième églogue de Virgile, qui prophétise le règne de Saturne, un nouvel âge d'or, sous le signe d'une Vierge, et cela en un temps qui est contemporain de la venue du Fils de Dieu sur la terre des hommes. Entre l'ancienne et la nouvelle Eve, c'est donc à l'allégorie de l'Église que toute cette travée est consacrée.

 

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