Principes fond. de l'histoire de l'art

Heinrich Wölfflin

197 pages, 13 x 20, Collection : Emblemata, Éditeur : Gérard Monfort (1 janvier 1992), 27 euros, www.amazon.fr
Principes fondamentaux de l'histoire de l'art : Le problème de l'évolution du style dans l'art moderne

Wolfflin fait du baroque le grand mouvement artistique du XVIIème. On pourrait en effet s'étonner de qualifier de baroque les peintres des pays réformés aussi bien l'exubérant Van Hals que le chatoyant Rembrandt ou Vermeer, le méditatif. Et pourtant ces peintres ont tous éprouvé le même bouleversement du sentiments décoratif (ce qui mérite d'être peint) et du sentiment imitatif (comment le peindre).

Wollflin regoupe en cinq catégories les mutations apparues au cours du XVIIème. Le baroque, par rapport au classique, privilégie :

  • le Pictural sur le Linéaire
  • la Profondeur sur la superposition des plans
  • la Forme ouverte sur la Forme fermée
  • la Multiplicité sur l'Unité
  • l'Obscurité sur la Clarté.

voir ainsi : Le visage classique et le visage baroque (p.46)

Wolfflin conclut en affirmant que chaque période de stabilité artistique assez longue génére sa période classique puis sa période baroque. Aiansi le Locoon dévorant ses enfants est-il le baroque de l'Apollon du belvédaire, ainsi dans le gothique le style normand succède-t-il au Early English. Le romantisme pourrait aussi être le baroque du néo-classique et l'expressionnisme le baroque de l'impressionnisme. Après un retour pour l'intérêt de la ligne avec le cubisme celui-ci est dépassé par le post-modernisme avec ses recyclages, simulacres, déréalisations et détournements, son refus de l'ascétisme et du purisme moderne (Adolf Loos : "l'ornement est crime", Le Corbusier).