Matisse, métamorphoses
Musée des beaux arts de Nice
14 février- 4mai, puis prolongée jusqu'au 15 septembre 2020.

Reconnu pour être l’un des plus grands peintres de la première moitié du XXe siècle, Henri Matisse sculpteur reste encore à découvrir. Riche de quatre-vingt-quatre pièces réalisées entre 1900 et 1950, cette partie de l’œuvre couvre toutes les périodes de son parcours artistique et accompagne ses réalisations picturales, dont elle est indissociable. Même si la peinture demeure son principal mode d’expression, Henri Matisse est de ces artistes complets dont la pratique multiple explore des médiums variés. La sculpture de Matisse constitue une œuvre à part entière à mettre en regard de celle des grands sculpteurs du XXe siècle venus après Auguste Rodin. L’exposition prend pour point de départ la méthode de création de l’artiste et son travail de transformation de la figure selon des déclinaisons sérielles. Elle montre également un important ensemble de sculptures extra-occidentales issu de la collection de l’artiste, source d’inspiration, en dialogue avec l’œuvre de Matisse.

Véritable catalogue de son œuvre sculpté, la collection du musée Matisse de Nice offre un panorama unique s’étendant de 1894 à 1950 et comprenant des chefs-d’œuvre comme les séries Jeannette I à V, Henriette I à III et les versions II et III du Nu de Dos.
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Bien sûr, les papiers gouachés découpés parmi lesquels le Nu bleu IV, chef-d’œuvre de la collection, ont ici une résonnance remarquable tant ce mode d’expression cher à Matisse est sans aucun doute le meilleur exemple d’une technique qui fut tout à la fois sculpture et dessin.

L'ensemble des « Dos » réalisés par Henri Matisse entre 1908 et 1930 constitue l'un des sommets de la sculpture de la première moitié du XXe siècle. Cet ensemble exceptionnel dans son oeuvre révèle un artiste pour lequel la sculpture fut loin d'être une activité annexe, à côté de celle de la peinture, mais bien un mode d'expression à part entière

Cet ensemble de sculptures est parmi les plus représentatifs de la méthode de la métamorphose mise en place par l’artiste : chacune des versions de Jeannette est en effet réalisée à partir de la version précédente, ce qui permet une transformation progressive du buste.

Pour la première version, Jeannette I, la plus réaliste, il travaille d’après son modèle Jeanne Vaderin. Pour les trois versions suivantes, le modèle n’est plus présent. D’une version à l’autre, les signes de la ressemblance, yeux, nez, bouche et cheveux, deviennent de plus en plus caricaturaux, comme le ferait un masque. Le thème de la métamorphose s’exprime le plus souvent dans l’œuvre de Matisse par la métaphore florale. À partir de la troisième version, la tête de Jeannette s’apparente à la structure d’une fleur, surtout vue de dos. Dans Jeannette V, les cheveux pétales sont tombés laissant apparaître ce qui pourrait être identifié comme le pistil de cette femme-fleur.​