En prenant le nom de "cubo-futurisme", l'avant-garde russe est à la recherche d'une synthèse entre les deux mouvements. Dès 1914, Tatlin propose une toile, sorte de "reliefs picturaux", issu de son analyse après une visite des ateliers de Picasso dont l'objectif est d'élargir les limites spatiales de la sculpture. En effet, ces œuvres qui servaient de modèles pour la réalisation de ces peintures cubistes, prennent chez Tatlin, une valeur autonome. La deuxième série de "reliefs picturaux" peinte par Tatlin propose enfin des formes totalement abstraites. Chaque élément, chaque forme possède donc dès lors une dynamique qui lui est propre.

En 1915, le mouvement se divise en deux branches avec d’une part le suprématisme, initié par Casimir Malévitch et de l’autre le constructivisme emmené par Vladimir Tatline. Le manifeste fut écrit en 1920 par les frères Naum Gabo et Antoine Pevsner. Leur première exposition aura lieu à la galerie Van Diemen à Berlin en 1922, sous le nom de "Première Exposition d'Art Russe". Cette date renvoie aussi à la fin du communisme de guerre où tout est encore permis aux jeunes artistes.

Tatlin s'oppose a Malevitch (celui ci ayant le soutien de Kandinsky, Pevsner et Gabno). En effet, ces derniers assurent que l'art est libre et indépendant et qu'il a un rôle à jouer dans la société. Pour Tatlin et ceux qui l'entourent, l'art est au service du peuple et doit donc être le messager du pouvoir communiste.

Le mouvement proclame une construction géométrique de l'espace, utilisant surtout des éléments tels que le cercle, le rectangle et la ligne droite. Ce mode de pensée s'adapte donc aussi bien à la sculpture qu'au design voire à l'architecture. L'œuvre architecturale de Josef Chochol en est d'ailleurs une représentation caractéristique. En firent également partie les frères Vladimir Choukhov, Alexandre Rodtchenko, El Lissitzky, ou le metteur en scène de théâtre Vsevolod Meyerhold ou le poète Vladimir Maïakovski.

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