(1878-1935)
Suprématisme

Kasimir Malevitch est un des premiers artistes abstraits du xxe siècle. Peintre, dessinateur, sculpteur et théoricien, Malevitch est le créateur d'un courant artistique qu'il dénomma « suprématisme ».

Le baigneur 1910 Amsterdam, Stedelijk museum
Costumes de Victoire sur le soleil 1913 Saint-Pétersbourg, Luna park
Carré noir sur fond blanc 1915 Moscou, Galerie Tretiakov
Carré blanc sur fond blanc 1918 New York, MOMA
Pressentiment complexe 1932 Saint Petersbourg, Musée de l’Ermitage

Kasimir Malevitch nait à Kiev à la maternité catholique Kiev-Vasilkovskaja de Saint-Alexandre. Son père, Severin Antonovitch Malevitch (1845-1902), est le directeur de l'une des usines de raffinage de sucre industriel (betterave) de l'homme d'affaires russe Nicolas Terechtchenko. Kasimir Malevitch est l'aîné de 14 enfants.  A l'âge de seize ans, de 1895 à 1896, il fréquente l'école de peinture de Kiev dans la classe du peintre Nikolay Pymonenko.

De 1898 à 1904, le jeune Kasimir vit à Koursk (Russie), puis s'installe à Moscou dès 1904, après le décès de son père et il travaille comme dessinateur industriel pour les chemins de fer. Il se marie en 1899 avec Kazimiera Zglejc  avec laquelle il a deux enfants, Anatolii (1902) et Galina (1909).

Malevitch développe en autodidacte son œuvre plastique qu'il décline au cours de sa vie dans une dizaine de styles différents : réalisme, impressionnisme, symbolisme, cézannisme, fauvisme, néo-primitivisme, cubo-futurisme, cubisme alogique, suprématisme, supranaturalisme.

En 1915, après l'Exposition Tramway V du mois de mars, il présente à l'Exposition 0.10 tenue à Pétrograd, du 19 décembre 1915 au 19 janvier 1916, un ensemble de 39 œuvres qu'il appelle « suprématies », dont Quadrangle, connu sous le nom de Carré noir sur fond blanc, que Malevitch instituera plus tard en œuvre emblème du suprématisme.

Avec la Révolution de 1917, il est élu député au Soviet de Moscou. Malevitch accepte des fonctions institutionnelles comme enseignant à l'Académie de Moscou, puis à l'École artistique de Vitebsk, invité par Marc Chagall, ensuite à Petrograd en tant que chercheur. Il lutte également pour la démocratisation.

En 1918, il peint Carré blanc sur fond blanc, qui est considéré comme le premier monochrome de la peinture contemporaine.

En 1927, Malevitch part en voyage en Allemagne, il y laisse 70 tableaux et un manuscrit Le Suprématisme ou le Monde sans objet, publié par le Bauhaus. Durant la guerre, une quinzaine de ses tableaux disparaissent et ne seront jamais retrouvés, une partie se trouve au Stedelijk Museum d'Amsterdam et une autre au MoMA de New York.

En 1929, le pouvoir soviétique le stigmatise pour son « subjectivisme » et le qualifie de « rêveur philosophique ». Au cours des années 1930, les besoins du pouvoir soviétique en matière d'art ayant évolué, Kasimir Malevitch est sans cesse attaqué par la presse et perd ses fonctions officielles — il est même emprisonné et torturé. Même si les autorités lui décernent des funérailles officielles en 1935, la condamnation de son œuvre et du courant suprématiste s'accompagnent d'un oubli de plusieurs décennies.

La reconnaissance de cet artiste intervient à partir des années 1970. Depuis, de nombreuses rétrospectives à travers le monde ont consacré Kasimir Malevitch comme l'un des maîtres de l'art abstrait.