1864 : Le massacre de Sand Creek
Le soldat bleu (Ralph Nelson, 1971)
1868 : Le massacre de la Washita River
Little big man (Artur Penn, 1970)

Jusqu’au XIXe siècle, colons et Indiens vivent côte à côte et se partagent le territoire. Quelques échanges commerciaux s’organisent : les colons fournissent notamment des perles aux Indiens en échange de peaux de bisons. La colonisation des territoires de l’Ouest change la donne et se fait dans la violence.

Dans la région des grandes plaines, l’afflux de milliers de pionniers, la pénétration du chemin de fer et des chercheurs d’or bouleversent les pâturages des bisons, les habitudes et les territoires sacrés des Indiens provoquant la colère des Indiens sioux. Ceux-ci réagissent en attaquant les convois, coupant les lignes télégraphiques ou sabotant les voies ferrées. Certaines tribus du sud (Cherokees, Séminoles, Choctaws, Creeks, Chickasaws) sont forcées d’émigrer plus à l’Ouest dans des voyages escortés par les soldats américains : c’est le cas de la terrible marche sur la « piste des larmes » entre 1838 et 1839 pendant laquelle 4 000 Cherokees trouvent la mort sur la route.

1864-1867 Guerre contre les Sioux, les Cheyennes et les Arapahos. En 1868, le traité de Fort Laramie (signé entre l’état américain et le chef des Sioux, Nuage rouge), met fin à l’insurrection des Sioux et leur garantit le respect de leur territoire sacré dans les Collines noires.

1875-1876 Guerre contre les Dakotas pour les Black Hills. Sitting Bull et les Sioux battent le général Custer à Little Big Horn. Ce fut la dernière victoire des cavaliers de la plaine. Le gouvernement réagit en envoyant des milliers de soldats qui forcèrent les tribus à se soumettre.

1890 : Le massacre de Wounded Knee (mort de plus de 300 Indiens) marque la fin des guerres indiennes : les Indiens des grandes plaines capitulent et acceptent de vivre dans des réserves.

1870 Arizona La flèche brisée Delmer Daves 1950
1876 Montana Little Big Man Arthur Penn 1970
1876 Montana Le massacre de Fort Apache John Ford 1948
1876 Montana La Charge héroïque (She wore.. John Ford 1949
1878 Oklahoma Les cheyennes John Ford 1964

Guerre de Northwest Black Hawk (1832)

1832 : le guerrier Sauk Black Hawk (« Faucon noir ») tente de chasser les colons des terres de son peuple. Allié aux Fox, il quitte le territoire de l'Iowa où son peuple vivait depuis le traité de Saint-Louis (1805) pour reconquérir ses terres ancestrales.

 

La « piste des Larmes » (1838)

Deuxième guerre Séminole (1835-1854). Selon le même processus que pour les Cherokees, le gouvernement fit signer à une minorité de Séminoles le traité de Payne Landing (1832), qui leur imposait de quitter leurs terres dans les trois ans. En 1835, l'armée américaine fut envoyée pour faire appliquer ce traité. Au plus fort de la guerre, 10 000 soldats réguliers et 30 000 miliciens affrontèrent 5 000 guerriers qui pratiquaient une guerre d'embuscades et de coups de mains, les pertes américaines se montèrent à 1 500 hommes.

Troisième guerre Séminole (1855-1858). Des accrochages ont lieu en 1855 entre Américains et environ 200 Séminoles demeurés en Floride. En 1858, le chef Jambes Arquées se rend avec ses quarante guerriers.

Guerre Navajo (1860-1864). À la suite d'accrochages divers dans le Territoire du Nouveau-Mexique entre les Navajos et les troupes fédérales, les Navajos se rendent à Kit Carson, qui fait détruire leurs biens et les déporte jusqu'à Bosque Redondo, en Arizona. C'est la Longue marche des Navajos : 8 000 Navajos font 620 km à pied. Au bout de quatre ans de sous-nutrition, ils sont autorisés à revenir sur leurs terres.

 

Traité de la Traverse de Sioux 1851

Le 23 juillet 1851, le "traité de la Traverse de Sioux" (Traverse de Sioux Treaty) fut signé entre le gouvernement des États-Unis, et les Sioux du territoire du Minnesota et mis en application par la Commission des Affaires indiennes. Ce traité avait pour objectif d'obtenir les riches terres agricoles qui se trouvaient dans le Minnesota. De vastes étendues de terres furent ainsi cédées à partir de l'Iowa jusqu'à la frontière canadienne. Des tribus Sioux telles que les Sisseton et Wahpeton hésitèrent à se déshériter, mais les pressions étaient tellement fortes, qu'ils cédèrent avec réticence sous la menace potentielle du gouvernement fédéral. Ce traité aggrava les conditions de vie des Amérindiens. Plusieurs facteurs aboutirent à la révolte des Indiens des plaines. Une ruée des colons blancs déferla sur ces nouveaux territoires ; Une volonté de posséder davantage de terres par les autorités du gouvernement fédéral ; Une incapacité à payer les rentes promises aux Amérindiens ; De nouvelles réductions des terres ancestrales qui aboutissent à la perte de territoires de chasse et de pêche. Le mécontentement de l'ensemble des tribus Sioux du Dakota aboutira à la Guerre des Indiens des plaines qui durera une trentaine d'années et fut marqué par le massacre de Sand Creek, trois ans après le Traité de Fort Wise.

La guerre des Sioux de 1862. Le mécontentement des Sioux tourna à la révolte. Le soulèvement des amérindiens se généralisa bientôt dans tout le Minnesota et le Dakota voisin. Si quelques pionniers blancs furent tués, rapidement l'armée américaine enverra d'importants renforts pour mater dans le sang cette révolte amérindienne. Le gouvernement des États-Unis ne livre pas comme promis les marchandises dues pour l'achat de terres aux Sioux Santees (ou Dakotas) et aux tribus Sioux Sisseton-Wahpeton. Éclatant pendant la guerre de Sécession, ce massacre par les Sioux bénéficie du manque de troupes adverses disponibles.

Le soldat bleu (Ralph Nelson, 1971) : Le massacre de Sand Creek

La guerre des Plaines

Le massacre de Sand Creek scandalise les tribus d'Indiens. De nombreuses tribus entament alors les hostilités, conduisant des raids épars, obligeant les soldats de l'Union à stationner le long de la piste de l'Oregon pour la protéger, notamment à Platte Bridge.

Little big man (Artur Penn, 1970) : Le massacre de la Washita River

Guerre de la rivière Rouge. Elle est provoquée par plusieurs facteurs : la pression territoriale des colons, protégés par la construction de forts par l'armée, les coutumes indiennes de guérilla permanente; l'anéantissement des troupeaux de bisons par les chasseurs blancs. Elle se déroule dans le Sud des Grandes plaines. 27 juin 1874 : bataille d'Adobe Walls, qui oppose 700 guerriers Comanches, Kiowas, Cheyennes et Arapahos commandés par Quanah Parker et Isa-Tai à des chasseurs de bison américains. Les Indiens sont repoussés avec 70 morts, contre 3 dans les rangs des chasseurs. Cette bataille entraîna une grande campagne de l'armée, commandée par William T. Sherman et Philip Sheridan, afin de s'assurer le contrôle des plaines du sud. Les Indiens pacifiques furent maintenus dans leur réserve avant le début de la campagne. Diverses colonnes encerclèrent les guerriers Indiens hostiles, et divers accrochages eurent lieu pendant l'été. La plus importante action est la prise le 26 septembre, avec deux tués parmi les Indiens, de plusieurs villages, dans le canyon de Palo Duro, par le colonel Mackenzie. Les campagnes d'hiver de l'armée américaine, renforcée par plusieurs détachements, aboutissent à la reddition des principaux chefs au printemps 1875. Leurs guerriers étaient affamés par le manque de bisons. 1875 : mort du chef kiowa Kicking Bird.

Guerre des Black Hills (1876)

Little big man (Artur Penn, 1970) : L'armée prise à revers à Little Big Horn

 

Guerre des Nez-Percés (1877). La pression des colons conduit à un premier traité délimitant le territoire Nez-Percés en 1855. Traité dont le gouvernement des États-Unis demande la révision en 1863, en diminuant la surface de la réserve de 90 %. Certains chefs, dont Lawyer (Juriste) signent ce traité, et vont dans une réserve de l'Idaho. Cinq tribus refusent d'être enfermées dans une réserve, dont celle de Vieux Chef Joseph. Son fils Jeune Chef Joseph continue de refuser ce traité, et d'entretenir de bonnes relations avec les autorités de Wallowa. Celles-ci décident en 1873 que les terrains occupés par les colons ont été acquis illégalement, et leur demandent de les évacuer. En 1876, la bataille de Little Big Horn accroît la pression de l'armée pour que les Indiens soient confinés dans leurs réserves. Mais les Nez-Percés ne trouvant pas de terrain convenable dans la réserve en Idaho, refusent, jusqu'à l'ultimatum du général Oliver Howard, le 3 mai 1877. Les Nez-Percés restants libres se divisent en trois groupes : certains rejoignent la réserve, d'autres se dirigent vers les plaines à bisons, le dernier groupe tente de s'échapper au Canada. 1878 : mort du chef Kiowa Satanta.

Guerre des Cheyennes (1878-79)

Après le Traité de Fort Wise, contesté par les Cheyennes pour cause de corruption, en pleine Ruée vers l'or de Pikes Peak, dans le Colorado, les Cheyennes furent victimes en 1864 du massacre de Sand Creek pendant lequel la milice du Colorado tua 150 Cheyennes, dont au moins 50 civils. Tôt le matin du 27 novembre 1868 commença la bataille de Washita River lorsque le lieutenant-colonel de l'Armée des États-Unis George Armstrong Custer mena la 7e de cavalerie dans l'attaque d'une bande de Cheyennes coupables de raids dirigés par le chef Black Kettle. 148 Cheyennes furent tués, dont environ 20 femmes et enfants. Les Cheyennes du Nord, et quelques Cheyennes du Sud participèrent à la bataille de Little Bighorn (25 juin 1876). Avec les Lakotas et une petite bande d'Arapahos, ils annihilèrent George Armstrong Custer et son contingent près de la rivière Little Bighorn. On estime la population du campement des Cheyennes, Lakotas et Arapahos près du lieu de la bataille à environ 6 000 (dont 1 500 guerriers) ; ce qui en ferait le plus grand rassemblement amérindien en Amérique du Nord avant la généralisation des réserves. Après la bataille de Little Bighorn, les tentatives de l'armée des États-Unis de capturer les Cheyennes s'intensifièrent. Un groupe de 972 Cheyennes fut déporté dans les Territoires Indiens de l'Oklahoma en 1877. Là-bas, Les conditions de vie étaient terribles, les Cheyennes du Nord n'étant pas habitués au climat, et bientôt beaucoup furent atteints de malaria.

Guerre des Bannocks (1878) 1879 : révolte des Apaches mimbres menés par Victorio. Près de 400 colons et soldats sont tués. 1880 : Victorio est tué au Mexique et son groupe décimé. 1886 : Geronimo, dernier chef apache à résister à la déportation des siens dans une réserve se rend au général Miles.

8 février 1887 : vote du General Allotment Act ou Dawes Severalty Act par le Congrès, autorisant le président à vendre les terres indiennes à des particuliers, en petites parcelles. Ce lotissement est amplifié par le Burke Act de 1906. Il vise à supprimer la propriété collective des terres, et à transformer les Indiens en fermiers. Le restant est distribué aux colons, et l'Oklahoma devient un État en 1907. 1889 : Janvier : le chaman païute Wovoka a une vision, qui inspire la Danse des esprits. Le message : « laissez faire le grand esprit », est interprété comme un appel à la révolte ou comme un appel au fatalisme. Avril : en application du General Allotment Act, le territoire des Cinq tribus civilisées, où les Indiens cherokees, séminoles, creeks, chickasaws et choctaws avaient été déportés dans les années 1830, est ouvert aux colons.

15 décembre 1890 : Sitting Bull, chef sioux, tué au cours de son arrestation préventive (par crainte d'une révolte suscitée par la Danse des esprits).

29 décembre 1890 : massacre de Wounded Knee, massacre de 250 Indiens sioux miniconjous à Wounded Knee Creek, dont 130 civils et le chef Big Foot, par les soldats du 7e de cavalerie ; 25 Américains sont tués, certains victimes de tirs amis.

1896 : au recensement, les Indiens ne sont plus que 250 000.

Prolongements au XXe siècle