Jean Vigo est né à Paris le 26 avril 1905, rue Polonceau. Son père, Eugène Bonaventure de Vigo, était d'une famille de petite noblesse d'Andorre. Il rencontra très jeune le chômage et la misère, trouva ses meilleurs amis dans les milieux libertaires et prit par dépit le nom d'Almereyda, qui "faisait" espagnol et anarchiste. Il connut la prison, collabora au journal "Le Libertaire", participa à l'Association Internationale Antimilitariste, rencontra en 1903 une jeune militante, Émily Clero, qui lui donna un fils. Almeyreda continua ses séjours en prison (il ne faisait pas bon, dans ces années, être journaliste libre). Il mourut dans sa cellule, à Fresnes, dans la nuit du 13 au 14 août 1917.

La mère de Jean Vigo n'avait pas les moyens de l'élever. Son éducation fut assurée par un ami de son père, Gabriel Aubès, qui le recueillit à Montpellier. Il fut ensuite interne au lycée de Millau. Son identité était tenue secrète. Il fut un très mauvais élève, et les chahuts de Zéro de conduite s'inspirent certainement de ceux qu'il organisait. Sa santé restait fragile. Il continua ses études à Chartres, avec de meilleurs résultats. Puis il fréquenta les amis de son père, et la Sorbonne.
Dès 1926, il manifeste l'intention de faire carrière dans le cinéma. Il travaille quelque temps avec l'éditeur Claude Aveline, et rencontre sa future femme, Élisabeth Lozinska (Lydou).

Grâce à Claude Autant-Lara, il réussit à entrer à la "Franco Film", comme aide-opérateur aux studios de Nice. Le 24 janvier 1929, il épouse Lydou. Avec l'argent que lui donne son beau-père, il peut acheter une caméra et songer à travailler pour lui. Il entreprend, avec l'aide de son ami le cameraman Boris Kaufman, un documentaire sur Nice, qui deviendra A propos de Nice. Il fonde en 1930, à Nice, un des premiers "ciné-clubs", "les Amis du Cinéma". A propos de Nice est projeté à Paris au Studio des Ursulines.

Grâce à l'amitié de Germaine Dulac et de Léon Moussinac, Vigo obtient la commande d'un court métrage, un documentaire sportif sur le champion de natation Jean Taris. Une fille, Luce, naît en 1931. Les amis de Vigo, à cette époque, se nomment Henri Stork, Jean Gremillon, Jean Painlevé, Maurice Jaubert.

En 1932, il rencontre un homme d'affaires, Jacques-Louis Nounez, qui cherche à se lancer dans le cinéma. Après un projet de film sur la Camargue, qui ne peut aboutir, Nounez lui finance son premier film de fiction, Les Cancres, qui sera intitulé en définitive Zéro de conduite. Présenté, pour la première fois le 7 avril 1933, avec pas mal de remous, Zéro de conduite est bientôt interdit par la censure.

Mais Nounez décide de donner une autre chance à Vigo et lui propose le scénario de L'Atalante. Dita Parlo et Michel Simon acceptent de travailler pour lui. Le tournage commence à la fin de l'année 1933. Il dure plusieurs mois. Le montage est perturbé par la maladie de Vigo, qui doit accepter de nombreuses coupures. A sa sortie, le film est un échec. Il sera distribué sous le titre Le Chaland qui passe, pour exploiter le succès d'une chanson de Lys Gautis (musique de Bixio) qui remplace par moments la partition de Maurice Jobert. Malgré une critique assez favorable, ce sera encore un insuccès.


Le 5 octobre 1934, quelques jours après la fin de l'exclusivité, Jean Vigo meurt à Paris. Le prix "Jean Vigo" chaque année, attire l'attention sur l'auteur d'un film "qui se caractérise par l'indépendance de son esprit et la qualité de sa réalisation". Jacques Rozier est le seul grand disciple de Jean Vigo.

FILMOGRAPHIE:

1930 A propos de Nice
 

45 mn. Il n'y a pas ici d'histoire à proprement parler, mais une suite de vues de Nice et de ses environs, sans commentaire, choisies et montées avec humour.

   
1933 Taris ou la natation
 

11 mn. La piscine de l'Automobile-Club de France. Jean Taris, détenteur de tous les records de France sur les distances de 100 à 1500 mètres, est sur un plot de départ, prêt à plonger.

   
1933 Zéro de conduite

Avec : Louis Lefèbvre , Gérard De Bédarieux , Constantin Kelber , Gilbert Pruchon , Du Verron , Robert Le Flon , Jean Dasté.45 mn


C'est la rentrée des classes dans un collège de province. Chahuts au dortoir, punitions traditionnelles, récréations, études houleuses... Trois pensionnaires préparent une révolte sous l'oeil complice d'un surveillant.

   
1934 L'Atalante

Avec : Dita Parlo (Juliette), Jean Dasté (Jean), Michel Simon (Le père Jules), Gilles Margaritis (Le camelot). 1h29.

Jean, un marinier, a épousé Juliette, une fille de paysans de l'Oise. Leur vie va se dérouler, avec des alternances de bonheur et de tristesse, à bord d'une péniche. "L'Atalante", l'équipage se compose d'un mousse et du père Jules, un pittoresque loup de mer vivant dans sa cabine au milieu de ses chats et d'un indescriptible capharnaüm....

   
   
   
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1905-1934
4 films
   
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histoire du cinéma : Impressionnisme