Peut-être l'un des plus beaux films du cinéaste. C'est en tout
cas celui qui lui assure aujourd'hui une reconnaissance internationale. Les
Saisons, est un très beau poème où sont évoqués,
en une vaste parabole, les moments déterminants de l'histoire arménienne,
depuis les origines volcaniques, jusqu'à la période industrielle.
Mais au-delà de cette symbolique où l'on peut lire aussi l'histoire
des migrations du peuple arménien, demeurent des séquences étonnantes
et inoubliables : l'inertie lente et aventureuse d'une transhumance, des corps
en apesanteur, comme passant, infiniment, par-dessus les terres, ou par-dessus
les flots, méprisant tous les ancrages, une vision ludique, apaisée,
de la moisson et de la fenaison, et ce rythme, surtout, ce rythme qui nourrit
l'émotion, sans discours et sans commentaire, et qui fait de toute
épreuve le témoignage d'un humanisme salutaire et sublime.
(Tarva Yeghanaknere ou Vremena goda). 0h30.