Né le 7 juillet 1901 à Sora (Frosinone), Vittorio De Sica passe à Naples les premières années de sa vie au sein d'une famille bourgeoise mais pauvre. Après avoir devancé ses obligations militaires, il commence une carrière de comédien au théâtre puis au cinéma.

Il passe à la mise en scène en 1940 et réalise quatre films dont la légèreté ou le romanesque restent sans grande conséquence. C'est ensuite la rencontre déterminante avec Cesare Zavattini. Sa collaboration avec le célèbre scénariste, qui commence avec Les enfants nous regardent et se poursuivra quasiment jusqu'à la fin de sa vie, engendre une série de films qui vont devenir autant de moments marquants du mouvement néo-réaliste né dans l'Italie de l'après-guerre : Sciuscia, Le voleur de bicyclette, Miracle à Milan, Umberto D. ...

" Mes bons films, je les ai financés moi-même : ils n'ont rien donné. Seuls mes mauvais films ont rapporté. L'argent a été ma ruine ", déclarait De Sica en 1971. Ces propos désabusés expliquent peut-être la période 1960-1974 où le réalisateur (comme l'acteur, d'ailleurs) se lance à corps perdu, avec une sorte de rage fébrile, dans les renoncements du cinéma commercial - avec quelques belles exceptions pour confirmer la règle, comme Le jardin des Finzi-Contini.

Vittorio De Sica meurt le 13 novembre 1974. Ettore Scola lui a rendu un très bel hommage dans Nous nous sommes tant aimés, film qui lui est dédié.

FILMOGRAPHIE :

1939 Roses écarlates
  (Rose scarlatte)
   
1940 Madelaine, zéro de conduite
  (Maddalena zero in condotta)
   
1941 Mademoiselle Vendredi
Teresa Venerdi
   
1942 Un garibaldino al convento
   
   
1944 Les enfants nous regardent
  (I bambini ci guardano)
   
1944 La porte du ciel
 

(la poverta del cielo)

Oeuvre de circonstance pour éviter d'aller en Allemagne

   
1946 Sciuscia
  Avec : Rinaldo Smordoni, Franco Interlenghi, Aniello Mele, ...

Dans les rues de Rome, immédiatement après la dernière guerre, les enfants des quartiers pauvres se livrent, par nécessité, à de menus trafics pas toujours très honnêtes.

   
1948 Le voleur de bicyclette
(Ladri di biciceltte). Avec : Lamberto Maggiorani (Antonio Ricci), Enzo Staiola (Bruno), Lianella Carell (Maria), Gino Saltamerenda (Baiocco). 1h33.

Antonio Ricci est chômeur depuis deux ans. Marié, père de deux enfants, il vit dans une cité populaire surpeuplée des faubourgs de Rome. Au terme d'innombrables démarches, la chance lui sourit enfin. Il est engagé comme colleur d'affiches mais à condition de fournir le matériel, c'est-à-dire une bicyclette.

   
1951 Miracle à Milan
(Miracolo a Milano). Avec : Emma Gramatica (la vieille Lolotta), Francesco Golisano (le gentil Toto), Paolo Stoppa (le méchant Rappi), Guglielmo Barnabò (Mobbi, l'homme riche).1h36.

Toto, né dans un chou, est élevé par une vieille dame généreuse, farfelue et attendrissante : Lolotta. Quand elle meurt, l'enfant est confié à un orphelinat. Il en sort quelques années plus tard, adolescent. Il est pur, naïf et joyeux...

   
1952 Umberto D

Avec : Carlo Battisti, Maria Pia Casilio, Gina Gennari

Umberto Domenico Ferrari est un vieil homme solitaire qui ne parvient plus à subsister. Sa pension de fonctionnaire (il a été enseignant toute sa vie) est misérable. Avec d'autres retraités aussi démunis que lui, il participe à une manifestation de protestation aussitôt dispersée par la police....

   
1953 L'or de Naples

(L'oro di Napoli). Avec : Toto, Lianella Carrell, Pasquale Cennamo, ...

I. Le caïd - II. Pizza à crédit - III. Un enfant est mort - IV. Les joueurs - V. Teresa - VI. Le marchand de sagesse.

   
1953 Stazione Termini
   
   
1956 Le toit
  Avec : Gabriella Pallotta, Giorgio Listuzzi, Gastone Renzelli.

Luisa, qui travaille comme bonne, et Natale, qui est aide-maçon, se marient. Mais, en raison de leurs faibles revenus et de la crise du logement, ils sont obligés d'habiter chez les parents du jeune homme. Cette cohabitation forcée leur pose nombre de problèmes : il leur est impossible, entre autres, d'avoir la moindre intimité; pire, ils sont pendant quelques temps obligés de vivre séparés. Luisa a alors une idée : construire, illégalement et clandestinement, la nuit, une petite maison, ainsi que le font nombre de leurs congénères, sur un terrain vague; s'ils parviennent à la terminer avant que le matin ne vienne et que des agents les surprennent ils n'auront qu'une amende à payer. Aidés de quelques amis, les deux époux commencent à ériger ce qui doit devenir leur nid douillet... mais un Calabrais qui convoitait le terrain sur lequel ils ont élu domicile les dénonce à la police avant qu'ils aient pu achever leur ouvrage.

Luisa et Natale ne se tiennent pas battus pour autant : avec l'aide des parents et des compagnons de travail du jeune homme, ils entreprennent peu après l'édification d'une seconde maison près de l'Anienne, dans les fossés de Sant'Agnese. Le toit est pratiquement achevé, il ne manque plus que quelques tuiles, quand surviennent les agents tant redoutés. On improvise en toute hâte une mise en scène : Luisa, qui est d'ailleurs enceinte, se met au lit avec deux bébés empruntés à des voisines. Les représentants de l'ordre font alors semblant d'ignorer la présence du trou dans le toit et se retirent. Le rêve des deux jeunes gens est finalement devenu réalité

   
1958 Anna de Brooklyn

Anna di Brooklyn coréalisé avec Carlo Lastricati. Avec : Gina Lollobrigida (Anna), Vittorio de Sica (Don Luigi), Dale Robertson (Raffaele), Amedeo Nazzari (Ciccone). 1h38.

Anna, veuve d'un riche industriel américain, revient dans son village natal en Italie et attire tous les regards. Un jour en confession, elle avoue souhaiter se remarier.

   
1960 La ciociara

Avec : Sophia Loren (Cesira), Jean-Paul Belmondo (Michele), Eleonora Brown (Rosetta), Carlo Ninchi (le père de Michele). 1h41.

Après le violent bombardement du quartier San Lorenzo, durant l'été 1943, Cesira, une jeune veuve d'une trentaine d'années, a décidé de quitter Rome et de regagner, jusqu'à la fin de la guerre, son village natal de Sant'Eufemia dans La Ciociara, avec sa fille Rosetta âgée de treize ans. Avant de partir, Cesira confie sa petite épicerie à son voisin charbonnier et amant occasionnel, Giovanni.

En train, à dos de mule et à pieds, la mère et la fille parviennent, en dépit des mitraillages de chasseurs volant en rase-motte, jusqu'à Sant'Eufemia. Là, elles font la connaissance de Michele, un fils de fermier qui a fait des études que tous appellent "le professeur". Rosetta en est tombée amoureuse, mais lui se sent attiré par Cesira. La guerre se rapprochant, les bombardements sont plus fréquents et la nourriture plus rare.

Des soldats allemands fugitifs obligent, sous la menace de leurs armes, Michele à les guider pour franchir les montagnes. Devant le danger grandissant, Cesira décide de repartir. Épuisées et sales, elle et sa fille cherchent refuge pour la nuit dans une église en ruine, quand surgissent de l'ombre, des soldats marocains s'en emparent et les violent... Cesira tente d'aider sa fille pour oublier sa traumatique expérience. Sous le choc, Rosetta s'est transformée en femme.

Continuant leur route vers Rome, elles sont prises en charge par un jeune camionneur, Florindo, qui, le soir, les logent chez ses parents. Se réveillant en pleine nuit, Cesira découvre que Rosetta a disparu. Celle-ci rentre au petit matin après être allée danser avec Florindo qui lui a offert des bas de soie. Les relations entre la mère et la fille se détériorent. Seule la douleur causée par la nouvelle de la mort de Michele, tué par les Allemands, les jette à nouveau dans les bras l'une de l'autre.

   
1961 Le jugement dernier
 

(Il giudizio universale). Avec : Nino Manfredi (un serveur), Silvana Mangano (Signora Matteoni), Ernest Borgnine (le pickpocket), Anouk Aimée (Irène, la femme de Giorgio). 1h38.

Film à sketchs : Une voix puissante et mystèrieuse fait écho dans le ciel de Naples et annonce le commencement du jugement universel. Les prières et les bonnes intentions naissent alors à profusion jusqu'à l'arrivée d'une pluie torrentielle. Lavera-t-elle la terre de tous ces maux ?

 
1962 La loterie

(La riffa), Episode de Bocacce 70 de Vittorio De Sica, Luchino Visconti, Federico Fellini et, dans la version intégrale, Mario Monicelli.

Zoé est le superbe et magnifique gros lot d'une loterie ambulante. C'est Cuspet, le sacristain du village, qui gagne le premier tirage. Tout le monde l'envie et, pourtant, il ne profitera pas de sa chance, à cause de son inexpérience et de Gaetano, l'amoureux de Zoé. Personne n'en saura rien, il demeurera un héros.

   
1962 Les séquestrés d'Altona
(I sequestratti di Altona). Avec : Sophia Loren (Johanna), Maximilian Schell (Franz), Fredric March (Albrecht von Gerlach), Robert Wagner (Werner von Gerlach). 1h54.

Propriétaire d'énormes chantiers navals à Hambourg, Gerlach s'inquiète pour sa santé : il souffre énormément de la gorge. Le médecin diagnostique un cancer et l'informe qu'il ne lui reste plus que six mois à vivre. Gerlach profite de ce délai pour mettre ses affaires en ordre. Dans ce but, il convoque dans sa propriété d'Altona, près d'Hambourg, son fils Werner, avocat à Berlin, et sa bru Joanna, actrice de théâtre.


Gerlach leur révèle son état de santé et propose à Werner de lui succéder. Celui-ci, d'un esprit indépendant, refuse tout d'abord. Gerlach ne demande qu'une chose à Werner et à Joanna : rester quelques jours à Altona, le temps de réfléchir plus sereinement. Joanna découvre dans les combles le second fils Gerlach, Franz, qui depuis quinze ans est tenu officiellement pour mort.


Franz est fou. Pour n'être jamais sorti de sa tanière, il croit l'Allemagne totalement anéantie. Sa soeur le ravitaille, entretient cette folie en lui lisant des journaux de 1944 faisant état de restrictions, de famine et de bombardements. Joanna fuit définitivement après avoir appris que Franz a fait torturer des paysans russes pendant la guerre. Libéré de sa claustration, il revient à lui-même et se suicide. Son père se tue à ses côtés.

   
1963 Hier, aujourd"hui et demain

(Ieri, oggi, domani). Avec : Sophia Loren (Adelina Sbaratti, Anna Molteni, Mara), Marcello Mastroianni (Carmine Sbaratti, Renzo, Augusto Rusconi), Aldo Giuffrè (Pasquale Nardella dans Adelina), Agostino Salvietti (Dr. Verace dans Adelina).1h58.

La vie amoureuse de trois jeunes femmes Anna, Adelina et Mara, au travers de trois récits se déroulant à Rome, Naples et Milan.

   
1963 Il boom
   
   
1964 Mariage à l'italienne

(Matrimonio all'italiana). Avec : Sophia Loren (Filumena Marturano), Marcello Mastroianni (Domenico Soriano). 1h44.

Pendant la guerre, Domenico Soriano, commerçant appartenant à une famille napolitaine aisée, rencontre dans un bordel Filumena Marturano, une femme d’âge mûr et d’humble origine. Il en tombe amoureux et l’emmène vivre chez lui. Aujourd'hui, l’homme est sur le point de l’abandonner car il s’est entiché d’une autre femme...

   
1966 Le renard s'évade à trois heures
(Caccia alla volpe)Avec : Peter Sellers (Aldo Vanucci/Federico Fabrizi), Victor Mature (Tony Powell), Britt Ekland (Gina Vanucci dit 'Gina Romantica'), Martin Balsam (Harry) . 1h43
   
1966 Un monde nouveau
  (Un mondo nuovo)
 
1967 Una sera come le altre

Episode de Les sorcières, film collectif en cinq segments de Franco Rossi, Vittorio de Sica, Mauro Bolognini, Pier Paolo Pasolini et Luchino Visconti. Avec : Totò (Ciancicato Miao), Ninetto Davoli (Baciu Miao), Laura Betti, Luigi Leoni (Touristes).

   
1967 Sept fois femme
 

(Sette volte donna). Avec : Shirley MacLaine (Paulette/Maria Teresa/Linda/Edith/Eve Minou/Marie/Jeanne), Alan Arkin (Fred), Lex Barker (Rik), Vittorio Gassman (Cenci). 1h40.

Shirley Mac laine interprète sept sketches dans lesquels elle est tour à tour une veuve, une femme trompée, ou encore une femme délaissee par un mari romancier.

   
1968 Le temps des amants
(Ammanti). Avec : Faye Dunaway, Marcello Mastroianni, Caroline Mortimer.

A l'aéroport de New York, Valerio, un ingénieur italien rentrant dans son pays, aborde Julia, une élégante inconnue, qu'il observait depuis un moment. Il n'a pas pu s'empêcher de lui adresser la parole. Pourtant il n'a réussi qu'à bredouiller un " si jamais vous venez un jour en Italie " en lui tendant maladroitement sa carte de visite.

Les années passent. Mais un jour que Julia regarde la télévision, une émission est consacrée à Valerio, qui vient d'inventer un procédé révolutionnaire de freinage de voiture. Julia se souvient. Elle lui téléphone. Valerio l'invite à passer quelques jours en sa compagnie.
Valerio loue un chalet au coeur des Alpes italiennes. Leur rencontre qui au départ était le prétexte à une petite incartade sentimentale se transforme vite en un véritable amour. Les jours qu'ils passent ensemble sont peut-être les plus beaux de leur vie.

Mais un matin, Julia a disparu. Valerio la retrouve à l'aéroport de Cortina. Valerio la ramène de force au chalet. Il ne veut pas écouter les explications confuses de Julia. Mais, par l'intermédiaire de Cathie, une amie de Julia, il comprend cette tentative de départ. Julia est leucémique et il lui reste peu de temps à vivre. Julia refuse la pitié de Valerio, elle essaie de se suicider en se jetant dans le vide. Heureusement Valerio l'en empêche à temps. Ils retournent au chalet et vont goûter les derniers instants de sérénité qu'il leur sont permis.

   
1970 Les fleurs du soleil

(I girasoli). Avec: Sophia Loren (Giovanna), Marcello Mastroianni (Antonio), Lyudmila Savelyeva (Mascia), Galina Andreyeva (Valentina, le responsable soviétique). 1h41.

Giovanna, italienne, part pour l'URSS à la recherche d'Antonio, son mari disparu pendant la guerre sur le front de l'Est, comme 50.000 autres soldats. Giovanna se souvient de son mariage avec ce garçon qu'elle connaissait à peine, de leurs douze jours de bonheur...

   
1970 Le jardin des Finzi Contini

Avec : Dominique Sanda (Micòl Finzi Contini), Helmut Berger (Alberto), Lino Capolicchio (Giorgio). 1h34.

1938. Le jardin des Finzi-Contini est un immense parc privé qui entoure le plus majestueux des manoirs. La famille qui l'habite appartient à une dynastie aristocratique (et israélite) de la ville de Ferrare.

   
1972 Lo chiameremo Andrea
   
   
1973 Brèves vacances
  Una breve vacanza
   
1974 Le voyage

(Il viaggio). Avec : Richard Burton (Cesare Braggi), Sophia Loren (Adriana de Mauro), Ian Bannen (Antonio Braggi), Renato Pinciroli (Dr. Maccione). 1h42.

Le comte Cesare Braggi emmène sa belle-soeur veuve et dépressive en voyage, afin de consulter des spécialistes. La secrète passion qui les unissait éclate au fil du trajet. Dernier film de l'auteur, disparu à la fin de la même année.

   
   
   
(1901 -1974)
28 films
   
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histoire du cinéma : néoréalisme