1995

Sous le pseudonyme d'Amanda Gris, Leo publie, au rythme soutenu de trois ou quatre par an, des romans à l'eau de rose qui remportent un immense succès. Pourtant, la voici en pleine crise existentielle. Elle doute de son talent et surtout, elle sent que son mari Paco, officier des Forces de l'OTAN, s'éloigne d'elle. Par ailleurs, sa sœur Rosa et leur mère Jacinta, qui habitent ensemble, n'arrêtent pas de se chamailler. Leo trouve néanmoins un certain réconfort auprès de son amie psychologue Betty et de Blanca, sa femme de ménage, une ancienne danseuse de flamenco dont le fils Antonio, danseur lui aussi, cherche à monter un spectacle d'avant-garde.

Sur les conseils de Betty, Leo se présente à Angel, rédacteur en chef des pages culturelles du journal "El Pais". Grand admirateur d'Amanda Gris, Angel, ignorant son pseudonyme, demande à Leo d'écrire un article sur la célèbre romancière. Leo en profite pour se livrer à une démolition en règle d'un genre littéraire qu'elle dit abhorrer. Paco annonce sa venue pour une permission de 24 heures. Mais la joie de Leo est de courte durée : le séjour de son mari se réduit à deux heures qu'ils passent à se déchirer. Désespérée, elle tente sans succès de se suicider aux barbituriques. Angel la recueille et découvre ainsi qu'elle est Amanda Gris. Le lendemain, Leo apprend que Paco est depuis longtemps l'amant de Betty. Elle cesse enfin de se raccrocher à lui et accepte d'accompagner sa mère dans son village. Après cette brève retraite campagnarde, elle se sent prête à affronter une nouvelle carrière littéraire, tandis qu'Angel continuera d'écrire en secret les romans d'Amanda Gris.

Réconciliée avec la vie, Leo pardonne même à Antonio de lui avoir volé quelques bijoux et un manuscrit afin de financer son spectacle. Pour elle, une page est définitivement tournée. Angel est à ses côtés…

Le cinéma reste très présent avec trois citations, mais toutes de nature orale. La garçonnière (Billy Wilder, 1960) est évoquée par Amanda lorsque, avec Angel, elle traverse le pool de journalistes de El Païs. Puis lorsque Angel fait sa déclaration d'amour à Amanda, il lui rappelle la réponse de Bogart à la question d'Ingrid Bergman dans Casablanca (Michael Curtiz, 1943). Celle-ci demandait à son ancien amant s'il se souvenait du jour où il l'avait quitté. Bogart avait répondu qu'il ne pensait qu'à elle, en robe bleue, au milieu des uniformes gris en ce jour où les Allemands entraient dans Paris. Comme lui, Angel ne pouvait oublier la première apparition d'Amanda dans son bureau en robe bleue. La troisième référence est de nouveau initiée par Amanda qui, dans l'appartement de Angel avec feu de cheminée et canapé confortable, se voit rejouant Riches et célèbres (George Cukor, 1981) où les deux héroïnes finissent par oublier leur solitude en trinquant un vers de champagne à la main un soir de réveillon.

A noter que si le film est pauvre en citation visuelle, il servira lui-même comme source pour Tout sur ma mère, film qui développera le personnage de Manuela, une amie d'Amanda qui travaille dans un centre de transplantation d'organes. Tout sur ma mère reprendra, sur un ton plus tragique, les scènes de simulation du parent d'un mort qui doit accepter le don d'organe d'un proche tout juste décédé.

 

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(La Flor de mi Secreto). Production : "El Deseo S.A." et "El Deseo Ciby 2000". Avec : Marisa Paredes, Juan Echanove, Carmen Elias, Imanol Arias, Rossy De Palma, Chus Lampreave. 1h42.
La fleur de mon secret
Genre : Mélodrame