Giotto dans la Chapelle Scrovegni de Padoue et Duccio dans La Maesta de Sienne ont crées les premiers grands cycles de la vierge Marie. Ceux-ci accompagnent le cycle de la vie du Christ.

 

L'annonciation

Le moment où l'ange Gabriel vient voir la Vierge Marie et lui dit qu'elle concevra le fils de Dieu, et se conclut par l'Incarnation quand la Vierge demande à l'Ange comment cela serait possible puisqu'elle n'a pas connu d'homme.

Il lui dit "Rien n'est impossible à Dieu qui est tout Verbe. La vertu du Très Haut te couvrira de son ombre..." La Vierge lui répond : "Ecce ancilla domini, fiat mihi secundum verbum tuum" ("Je suis la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon son verbe") et, dans l'instant même, dès lors qu'elle accepte, l'Incarnation est faite.

Le fiat mihi de marie répond en fait au fiat lux de la genèse. C'est le moment théologiquement et émotivement absolument considérable.

L'incarnation c'est le moment où se réalise la Trinité. Dieu a toujours été trois en un, Lui le sait, mais pour que ce soit le cas il faut que, historiquement, il s'incarne.

source : Daniel Arasse, Histoires de peintures P.93-94

Giotto, 1305
Duccio , 1311
Duccio , 1311

 

 

 

Cossa 1470

 

 

 

La Vierge parturiente
apparaît au XIII (cathédrale de Léon) le thème ne se diffuse qu'à la fin du moyen -âge (Madone del parto de Piero della Francesca)

 

La nativité
La Nativité suscite d'innombrables représentations à partir de la première moitié du IV siècle. L'âne et le bœuf sont déjà figurés, avec un ou plusieurs bergers. L'étable, au toit de tuiles, reposant sur de simples poutres est ouverte. Joseph est absent. L'enfant repose sur un pan de tissu qui recouvre la mangeoire, souvent en forme d'autel. Marie, assise de côté, occupe bientôt une place privilégiée. A partir du Vème siècle, l'Adoration des mages est représentée isolément et n'est plus intégrée à la Nativité. Joseph apparaît. L'état délabré de l'étable symbolise la ruine du monde terrestre préchrétien.

 

L'adoration des mages

L'adoration des mages, l'Epiphanie est un évènement considérable : non seulement la puissance et la richesse du monde s'agenouillent devant la pauvre humilité du sauveur mais, en rassemblant devant Marie et Jésus, moins d'unmois après sa naissance, des mages (rois, astrologues ou magiciens) venus des quatre coins du monde, l'épiphanie signe la reconnaissance universelle de l'Incarnation, de la divinité humaine du Christ. Le thème est ainsi souvent traité avec une grande somptuosité

Balthazar, Melchior et Gaspard, le roi noir venu d'Afrique. Le premier à en avoir peint est Rogier van der Weyden vers 1460. Le Noir avait traditionnellement une valeur négative, diabolique dans la peinture chétienne, il y tenait le role d'exclave ou de bourreau. Son accession au rang prestigieux de roi mage provient de la situation géopolitique d elachrétienté. En prenant Constantinople en 1456, les Turcs ont coupé la route de Jérusalem par le nord et, pour espérer accéder au centre spirituel du monde, il faut contourner l'obstacle par le sud. On voit alors se réactiver le mythe ancien de ce royaume chrétien situé en Afrique au sud de l'Egypte et d'une richesse immense habité par des noirs et gouverné par le mystérieux pretre Jean

Les trois rois mages correspondent souvent aux trois ages de la vie. Le plus vieux passe en premier et le plus jeune, Gaspard en dernier. Il est souvent ainsi un peu isolé.

Source : Daniel Arasse, On n'y voit rien

voir aussi: Brueghel, National gallery, 1564

Vierge à l'enfant
Les Vierges à l'enfant placées sous le signe de la tendresse se multiplient à partir du XIII et connaissent une fortune immense jusqu'à aujourd'hui. La Vierge nourrice ou au lait en est une variantes mineure.

Vierge avec l'enfant Jésus et saint Jean-Baptiste

 

La Vierge en majesté
Première représentation, dès le IV ème siecle de ce qui deviendra le type de la vierge à l'enfant. Représentée assise sur un trône avec L'enfant Jésus sur son sein, ce type se répand en Italie (Simone Martini Sienne) sous le nom de Maesta .

Vierge de Miséricorde
apparue à Constantinople, elle répond à la fonction médiatrice de Marie qui intercède auprès du Christ en faveur de l'humanité souffrante : elle abrite sous son manteau hommes et femmes (Piero della Francesca)

Piéta ou Vierge de Pitié
répond à la sensibilité pathétique de la fin du Moyen-age. Marie reçoit sur ses genoux le Christ que l'on vient de descendre de la croix

le Titien, 1576

 

Les lamentations
Titre donné à la représentation de la Vierge Marie, de Marie Madeleine et de saint Jean se lamentant sur le Christ mort après la Déposition et avant la Mise au tombeau. Joseph d'Arimathie et Nicodeme peuvent être présents.

La mort de la Vierge

 
Hugo van der Goes, 1480  

 

Assomption

La croyance en l'Assomption de Marie, qui s 'élève au ciel après sa mort, met très longtemps à s'imposer. Cette tradition ne procède d'aucune référence précise dans l'écriture. Dans l'Eglise d'Orient, on a d'abord fêté seulement la Dormition (Koimêsis), c'est à dire, le "sommeil" de la Vierge, et l'élévation de l'âme seule de la Vierge. L'Assomption corporelle n'est guère célébrée, dans ce domaine avant le IXème siècle.
En Occident, cette doctrine prend forme entre le IX et le XIIème siècle. Elle est confirmée par les grands théologiens du XIIème siècle : Thomas d'Aquin, Bonaventure et Albert le Grand. Le dogme de l'Assomption de la Vierge a été proclamé en 1950 par le pape Pie XII.

Dans le prolongement de la théologie de l'Eglise d'Orient, différentes œuvres s'attachent à la dormition de Marie. Elle meurt, ou plutôt s'endort et le Christ reçoit son âme, figurée sous la forme d'un enfant (fresque d'Agaç Alti Kilise, Turquie, XIème).

En occident, l'art illustre essentiellement l'Assomption corporelle de Marie, qui monte au ciel portée par les anges. Comme son fils, Marie ressuscite, selon cette version, trois jours après sa mort et son corps est enlevé au ciel par des anges.

A partir du XVIeme siècle l'Assomption se mue parfois en une Ascension de la Vierge, qui s'élève seule. Le front ceint de douze étoiles, un croissant de lune sous les pieds, c'est la Femme du chapitre 12 de l'Apocalypse : "vêtue de soleil, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles".

 

La sacra conversazione
Le motif de la sacra conversazione, composition réunissant des saints autour d'une Vierge à l'enfant sur un trône, n'a pas une origine exclusivement italienne. Le retable de San Marco (1437-1440) de Fra Angelico et celui de Santa Lucia de Domenico Veneziano sont précédés par La vierge au chanoine Van der Paele de Van Eyck, signé et daté de 1436. Van Eyck est ainsi bien le premier à transférer des personnages isolés d'un polyptyque à fond doré dans un espace atmosphérique. Au cours des années 1420, la sacra conversazione- terme crée par la suite- se détacha du retable à plusieurs volets. L'idée de grouper les saints entourant la Vierge sur un seul panneau ne germa peut-être pas à Florence puisque le tableau brugeois est antérieur à toute Sacra Conversazione florentine encore existante. Le recours à l'appellation italienne ne se justifie que parce que cette composition était très populaire à Florence à l'époque.