Les nuits balnches de Luchino Visconti
Les nuits blanches (Luchino Visconti, 1957)
L'idiot de Pierre Leon
L'idiot(Pierre Leon, 2008)

1821. Naissance le 30 Octobre à Moscou (Russie), dans l'hôpital où son père était le médecin, sous le nom de Fedor Mikhailovich Dostoïevsky (Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski pour l'orthographe française). Sa mère dont il était très attaché meurt alors qu’il est encore très jeune.
1840. Entre à l'école des ingénieurs de Saint-Pétersbourg. Pendant sa scolarité son père meurt assassiné sur ses terres tués par ses propres paysans. Cette nouvelle provoqua sa première crise d’épilepsie.
1843. Il est nommé Officier.
1844. Démissionne de l'école d'ingénieur et publie son premier ouvrage "Les pauvres gens". Il eut un grand succès. Fut impliqué dans la conspiration de Pétrachevski, arrêté et condamné à mort. Fut gracié par le Tsar Alexandre II et déporté en Sibérie. Il y resta jusqu’en 1853. Revenu vers Saint-Pétersbourg, il écrivit "Souvenirs de la maison des morts" (Journal de sa captivité en Sibérie).
1861. Il épouse la veuve Mme Issaïew.
1866. Parution de son chef d'oeuvre "Crime et châtiment". A cette époque il perdit sa femme et se remaria avec sa secrétaire Anna Snitkiva. En 1867, malade et accablé de dettes, il part pour l’Allemagne et l’Italie. Il écrit "Les possédés", "L'idiot" et "Les frères Karamazov".
1881 - Il décède le 28 janvier à Saint-Pétersbourg (Russie), toute la population de Saint-Pétersbourg assista à ses obsèques.
Tout au long de son œuvre, il a posé le problème de l’homme déchiré entre la présence du mal et la recherche de Dieu, entre l’inconscient et le conscient.



Les oeuvres de Dostoïevski et leurs adaptations

1846 : Les pauvres gens
1846 : Le double
1846 : Un roman en neuf lettres
1846 : Monsieur Prokhartchine
1847 : La Logeuse
1847 : Les Annales de Pétersbourg
1848 : Polzounkov
1848 : La Femme d'un autre et le mari sous le lit
1848 : Un sapin de Noël et un mariage
1848 : Les nuits blanches
1848 : Un cœur faible
1848 : Les Récits d’un homme d’expérience : Le Retraité, Le Voleur honnête
1848 : Le mari jaloux
1849 : Nétotchka Nezvanova (inachevé)
1849 : Le Petit Héros
1855-1859 : Le Rêve de l'oncle
1859 : Le Bourg de Stépantchikovo et sa population
1861 : Humiliés et offensés
1860-1862 : Souvenirs de la maison des morts (autre traduction : Les Carnets de la Maison Morte)
1862 : Une sale histoire
1863 : Notes d'hiver sur impressions d'été
1864 : Mémoires écrits dans un souterrain (autres traductions : Les Carnets du sous-sol, Le sous-sol, Manuscrit du souterrain)
1865 : Le Crocodile
1866 : Crime et Châtiment
1866 : Le joueur
1868 : L’Idiot
1870 : L’éternel mari
1871 : Les possédés (autre traduction : Les démons)
1873 : Journal de l'écrivain : Bobok , Petites images, Le Quémandeur
1874 : Petites images (en voyage)
1874-1875 : L'Adolescent
1876 : Journal de l'écrivain : Le Garçon "à la menotte", Le Moujik Maréï, La douce,
La Centenaire
1877 : Journal de l'écrivain : Le Rêve d'un homme ridicule
1878 : Le Triton
1880 : Les frères Karamazov
1880 : Discours sur Pouchkine


Le double
1846

1968 : Bernardo Bertolucci, Il sosia. Avec : Tina Aumont, Rochelle Barbieri, Sandro Bernadone, Alessandro Cane, Gianpaolo Capovilla, Giulio Cesare Castello, Pierre Clémenti, Romano Costa, Salvatore Samperi, Stefania Sandrelli. 1h45.


Les nuits blanches
1848

Le narrateur est un jeune fonctionnaire qui parcourt Saint-Pétersbourg en tous sens pour tromper son ennui et sa solitude. Au retour d'une promenade, il croise sur les bord de la Néva une jeune fille qui pleure. Il voudrait l'aborder mais n'ose pas, pourtant il lui évite d’être importuné par un homme saoul. Elle accepte d'être raccompagnée chez elle. Les deux jeunes gens promettent de se revoir le lendemain soir au même endroit.

Nastenka tient promesse, elle cherche un confident, pas un amoureux. Lui se définit comme rêveur. Il parle de lui à la troisième personne, souffre de la solitude, mais n'a aucun ami. À vingt-six ans, il a déjà le sentiment d'avoir gâché sa vie et les deux soirées qu’il vient de passer avec elle sont les seules où il a vécu.

Nastenka raconte sa pauvre existence d'orpheline recueillie par sa grand-mère aveugle. À quinze ans, elle fait une bêtise ; sa grand-mère a depuis épinglé sa robe à la sienne pour qu’elle s’amende. Elle vit dans un huis clos étouffant et rêve de partir. La chance lui avait souri avec un locataire, jeune, beau, étudiant, qui les avait invitées au théâtre. C'est la seule sortie qu'elle ait jamais faite. Quand il lui annonce son départ pour Moscou et malgré ses seize ans, elle veut partir avec lui. Il promet de revenir dans un an et de l’épouser, et aujourd’hui, cela fait un an et trois jours. Va-t-il revenir ?

Le narrateur est tombé amoureux d'elle presque tout de suite. Nastenka cherche à calmer ses craintes de voir revenir son étudiant. Il se berce d’illusions : lors de la dernière nuit, quand il lui déclare son amour, elle lui répond : « Je l’aime mais ça passera » et elle accepte son amour. Ils font des projets, il va venir emménager chez elle comme locataire, ils sont enivrés. Mais ils croisent un jeune homme : c’est l'étudiant, elle s’arrache de ses bras et court vers l’autre et ils disparaissent. Le lendemain, elle lui écrit qu’elle épouse l’autre la semaine suivante. Un amour de quelques jours n’était pas de taille contre un amour d’une année.

Quinze années ont passé, le narrateur est toujours aussi seul.

1957 : Luchino Visconti, Le notti bianche. Avec : Maria Schell, Marcello Mastroianni, Jean Marais, Clara Calamai, Marcella Rovena, Maria Zanolli, Dick Sanders, Giorgio Listuzzi. 1h48.

1959 : Ivan Pyriev, Belye noch. Avec : Lyudmila Marchenko, Oleg Strizhenov, Anatoli Fedorinov, Svetlana Kharitonova, Irina Skobtseva, Ariadna Shengelaya, Yakov Belenky, Yevgeni Morgunov.

1971 : Robert Bresson, Quatre nuits d'un rêveur. Avec : Isabelle Weingarten, Guillaume des Forêts, Jean-Marie Monnoyer, Jérôme Massart, Patrick Jouanne. 1h27.

2007. Sanjay Leela Bhansali, Saawariya. Avec : Sonam Kapoor (Sakina), Salman Khan (Imaan). 2h22. (Inde)

2008 : James Gray, Two lovers. Avec : Joaquin Phoenix (Leonard Kraditor), Gwyneth Paltrow (Michelle Rausch), Vinessa Shaw (Sandra Cohen). 1h40


Nétotchka Nezvanova (inachevé)
1849

1975 : Benoit Jacquot , L'assassin musicien. Avec : Anna Karina (Louise), Joël Bion (Gilles), Hélène Coulomb (Anne), Gunars Larsens (Storm), Philippe March (Le directeur), Howard Vernon (Anton Varga). 2h04.

Gilles, un jeune violoniste, quitte la province, sûr de trouver à Paris la reconnaissance de son génie. Il s’y lie avec Louise, une jeune femme vivant seule avec sa fille Anne, à qui il promet d’apporter la richesse. Mais, sans argent et prenant peu à peu conscience de son absence de talent, il est bientôt contraint au vol et sombre dans la schizophrénie.


Crime et Châtiment
1866

Rodion Romanytch Raskolnikov est convaincu de sa destinée. C'est un pauvre étudiant de vingt-trois ans. Si seulement il n'avait ne serait-ce que trois mille roubles, il pourrait se lancer tel un Napoléon et réaliser de grandes choses. Or il est pauvre et sa mère, Poulkéria Alexandrovna et sa soeur, Avdotia Romanovna se privent déjà pour assurer sa réussite.

Raskolnikov est un jeune idéaliste. Il est persuadé que, sur Terre, certains sont nuisibles ou parasites, ce qui, pour lui, revient au même. Il a une théorie. On peut sacrifier un pou si, par ce sacrifice, on fait le bien par ailleurs. Ce pou, il l'a trouvé en la personne d'une femme ignoble, prêteuse sur gages. Son meurtre, il l'a déjà réalisé des centaines de fois en rêve. Il le juge parfait. La fièvre monte. La faim le gagne. La folie n'est pas loin. Le regard brûlant et les joues creuses, Raskolnikov le réservé impressionne encore plus ses rares compagnons d'infortune. D'un coup, il décide de passer à l'acte et là, tout bascule. Le meurtre ne se déroule pas comme il l'avait prévu. Pire encore, il ne se maîtrise pas comme il le souhaiterait. Et Raskolnikov en vient même à se haïr pour ses faiblesses.

A partir de cet acte impardonnable, le meurtre d'une personne, sa vie bascule. Celle de ses proches aussi. Il se découvre un ami véritable, Razoumikhine qui devient éperdu de sa soeur. Il rencontre, au hasard d'un drame des bas quartiers, la prostituée Sophia Sémionovna dont la pureté de l'âme finira par l'émouvoir. Et surtout, Porphiri Pétrovitch, le commissaire de quartier et sa fameuse psychologie qu'il n'hésite pas à appliquer au crime qu'il ne considère pas comme crapuleux.

L'étau se resserre irrémédiablement. Raskolnikov erre, agit, désespère mais reste toujours sous l'emprise d'une douce "folie" qu'il ne peut maîtriser. Tous ceux qui croisent son chemin sont persuadés qu'il vit une véritable tragédie. Sophia Sémionovna croit au chemin de la rédemption. C'est à elle, en premier, qu'il dévoilera son écrasant secret que d'autres soupçonnent.

Pierre Chenal, 1938

1935 : Pierre Chenal. Crime et Châtiment. Avec : Harry Baur, Pierre Blanchar, Madeleine Ozeray, Lucienne Le Marchand, Sylvie, Marcelle Géniat, Alexandre Rignault, Aimé Clariond, Georges Douking, Catherine Hessling, Paul Asselin.1h50.

1956 : Georges Lampin. Avec : Jean Gabin, Marina Vlady, Ulla Jacobsson, Bernard Blier, Robert Hossein, Gaby Morlay, Gérard Blain, Julien Carette, Lino Ventura, Yvette Etievant, Gabrielle Fontan, René Havard, Roland Lesaffre. 1h47.

1959 : Robert Bresson, Pickpocket. Avec : Martin La Salle, Marika Green, Jean Pélégri, Dolly Scal, Pierre Leymarie, Kassagi, Pierre Étaix. 1h15.

1994 : Francisco Lombardi, Sans pitié. Avec : Diego Bertie, Adriana Davila, Jorge Chiarella, Hernan Romero, Mariella Trejos, Marcello Rivera, Ricardo Fernandez, Carlos Onetto, Augusto Modenesi. 1h57 (Pérou).

2002 : Menahem Golan, Crime and punishment. Avec : Crispin Glover, Vanessa Redgrave, John Hurt, John Neville, Margot Kidder, Sophie Ward, Patricia Hayes, Clive Revill, Theodore Bikel, Ron Perlman. 2h06.

2004 : Heitor Dhalia, Nina. Avec : Guta Stresser, Milhem Cortaz, Anderson Faganello, Abrahão Farc, Juliana Galdino, Ailton Graça, Sabrina Greve, Luíza Mariani.1h30 (Brésil).

2012 : Darezhan Omirbayev, Student. Avec : Nurlan Baitasov (L'étudiant), Maya Serikbayeva (Saniya), Edige Bolysbaev (Le poète), Bakhytzhan Turdaliyeva (La mère de l'étudiant). 1h30.

Crime et châtiment revient régulièrement dans les films de Woody Allen, notamment dans Match point et L'homme irrationnel.


Le joueur
1867

1938 : Gerhard Lamprecht et Louis Daquin. Avec : Pierre Blanchar, Suzet Maïs, Viviane Romance, Berthe Bovy, Roger Karl, Marcel André, André Burgère, Yvonne Yma. 1h35.

1949 : Robert Siodmak, Passion fatale. Avec : Gregory Peck, Ava Gardner, Melvyn Douglas, Walter Huston, Ethel Barrymore, Frank Morgan, Agnès Moorehead. 1h50.

1958 : Claude Autant-Lara. Avec : Gérard Philipe, Liselotte Pulver, Bernard Blier, Nadine Alari, Françoise Rosay, Jean Danet, Suzanne Dantès.

1974 : Karel Reisz, Le flambeur. Avec : James Caan, Lauren Hutton, Paul Sorvino, Jacqueline Brookes, Burt Young, Antonio Fargas, M. Emmet Walsh, James Woods. 1h50.



L’Idiot
1868

1945 : Georges Lampin. Avec : Gérard Philipe, Edwige Feuillère, Lucien Coëdel, Marguerite Moreno, Louise Sylvie, Jean Debucourt, Michel André, Maurice Champbreuil, Nathalie Nattier, Jane Marken, Roland Armontel, Mathilde Casadesus, Danielle Godet. 1h35.

1951 : Akira Kurosawa. L'idiot. Avec : Masayuki Mori, Toshiro Mifune, Setsuko Hara, Takashi Shimura, Chieko Higashiyama, Chiyoko Fumiya. 2h45.

1985 : Andrzej Zulawki, L'amour braque. Avec : Francis Huster, Sophie Marceau, Tchéky Karyo, Christiane Jean, Michel Albertini, Jean-Marc Bory, Jean-François Soubielle. 1h40.

1999 : Sasa Gedeon, Le retour de l'Idiot. Avec : Pavel Liska, Anna Geislerová, Tatiana Vilhelmová, Jirí Langmajer, Jirí Machácek, Zdena Hadrbolcová, Jitka Smutná, Pavel Marek. 1h40.

2008 : Pierre Leon, L'idiot. Avec : Jeanne Balibar (Nastassia Philippovna), Laurent Lacotte (Le prince Mychkine), Sylvie Testud (Daria Alexeïevna). 1h01.

 


L’éternel mari
1870

1946 : Pierre Billon, L'homme au chapeau rond. Avec : Raimu, Aimé Clariond, Lucy Valnor, Gisèle Casadesus, Louis Seigner, Jane Marken, Micheline Boudet, France Delahalle, Maud Lamy, Adrienne Allain, Jean-Pierre Mocky.1h35.

1990 : Jacques Doillon, La vengeance d'une femme. Avec : Isabelle Huppert, Béatrice Dalle, Jean-Louis Murat, Laurence Côte, Albert Leprince, Sébastien Roché, Marvine, David Léotard. 2h15.

 


Les possédés
1871

1988 : Andrzej Wajda, Les possédés. Avec : Isabelle Huppert, Jutta Lampe, Philippine Leroy-Beaulieu, Bernard Blier, Jean-Philippe Écoffey, Laurent Malet, Jerzy Radziwilowicz, Omar Sharif, Lambert Wilson. 1h56.

 


La douce
1876

Le narrateur n'écrit pas, il parle. Il nous fait partager sa douleur, celle d'un homme dont la femme vient de se suicider. Il nous raconte comment tout cela est arrivé. Pas encore désespéré mais en état de choc, le regard déchiré par l'incompréhension, le visage dans les mains. Il est face à l'impossible : demain le corps de cette femme sera emporté et il restera seul, alors il tente d'éclaircir le mystère de cette mort en se remémorant leur histoire...

C'est une jeune fille de 16 ans, enthousiaste, généreuse et sensible qui se retrouve face à un homme mûr et pingre, souhaitant réunir 30.000 roubles pour passer une paisible retraire. Il reste distant et taciturne avec elle et lui reproche sa générosité avec une cliente dans leur établissement de prêts sur gages.

Elle rencontre alors un autre homme ayant appartenu au même régiment que son mari. Elle devient humiliante, il la rejette, elle tombe malade, il comprend qu'il ne peut se passer d'elle. Il veut alors l'écouter, devenir généreux... Il sort 2 minutes pour une course... 2 minutes qui suffisent à la jeune fille pour mettre fin à ses jours.

1969 : Robert Bresson, Une femme douce. Avec : Dominique Sanda, Guy Frangin, Jeanne Lobre, Claude Ollier, Jacques Kébadian, Gilles Sandier, Dorothée Blank. 1h28.

1999 : Raphaël Nadjari, The shade. Avec : Richard Edson (Simon), Lorie Marino (Anna), Jeff Ware (Moser), Barbara Haas (la mère). 1h33.

 

 


Les frères Karamazov
1880

Fiodor Pavlovitch Karamazov, cinquante-cinq ans, marié deux fois, est le père de trois fils (Dmitri, Ivan, Alexeï) et le père illégitime de Smerdiakov, dont il fait son domestique. C'est un homme impudique, vulgaire et sans principe, qui n'élève aucun de ses fils.

Dimitri (nommé aussi Mitia, Mitka, Mitenka ou Mitri), 28 ans, fils aîné issu du premier mariage de Fiodor, est exalté, impétueux et dépensier. Il participe à de nombreuses soirées de débauche avec abondance de champagne et de femmes, pour lesquelles il dépense tout son argent. Il entre en conflit avec son père au sujet d'un héritage dont il a été spolié et d'une femme, Grouchenka, que les deux hommes désirent. Pour ces raisons, il sera accusé du meurtre de son père.

Ivan (nommé aussi Vanka, ou Vanechka) 24 ans est le premier fils du deuxième mariage de Fiodor. Fervent rationaliste il est solitaire, marqué par la souffrance qui existe dans le monde. Il voue à son père une haine qui n'est pas ouvertement exprimée, mais qui finit par le ronger intérieurement après l'assassinat de Fiodor Pavlovitch. Ainsi, influencé par Smerdiakov et en proie à une santé mentale qui se dégrade, Ivan devient peu à peu convaincu de sa propre culpabilité dans l'affaire.

Alexeï (nommé aussi Aliocha, Aliochka ou Aliochenka ou Alexis), 20 ans, est le plus jeune des frères Karamazov. Alexeï est d'abord novice au monastère local, sous la coupe du père Zossime, gravement malade. Les capacités prophétiques et guérissantes supposées du staretz font de lui une personne vénérée par les habitants de la ville. Sa popularité inspire autant d'admiration que de jalousie parmi les moines du monastère. Après la mort de Zossime, Alexeï est envoyé de par le monde et se trouve mêlé aux disputes de ses frères et de son père. Il est très proche de Dimitri, mais beaucoup moins d'Ivan du fait de ses convictions athées. s'opposent à celles d'Alexeï.

Pavel Smerdiakov, fils de Lizaveta, une femme muette de la rue, et probablement fils illégitime de Fiodor Pavlovitch, il est nommé par son père « Smerdiakov », du verbe smerdit (« puer» , en russe). Il est le domestique et le cuisinier de Fiodor Pavlovitch. Morose et (comme Dostoïevski lui-même) épileptique, Smerdiakov est distant avec la plupart des personnes, mais voue une admiration particulière pour Ivan, partageant ses idées sur l'athéisme. Il avouera plus tard à ce dernier qu'il est le meurtrier de Fiodor et prétend avoir agi avec la bénédiction d'Ivan.

Grouchenka (nommée également Groucha, et Grouchka) a 22 ans. Elle a été abandonnée par un officier polonais dans sa jeunesse et vit désormais sous la protection d'un avare tyrannique. Grouchenka charme à la fois Fiodor et Dimitri Karamazov. Profitant de leur rivalité, elle cherche à tourmenter et ridiculiser les deux hommes, une façon d'infliger à d'autres la douleur qu'elle même a subie plus jeune.

Katerina Ivanovna Verkhovtseva (nommée aussi Katia, Katka, et Katenka) est la fiancée de Dimitri. Elle est liée à Dimitri depuis que celui-ci a effacé les dettes de son père. Extrêmement fière, Katia est décrite comme une personne de noblesse, avec de la générosité et une grandeur d'âme. Si elle reste fidèle à Dimitri, elle est troublée par l'amour que lui porte Ivan.

L'écolier Ilioucha (aussi nommée Ilouchechka) est la figure centrale d'une histoire dans l'histoire du roman. Son père, le capitaine Snegiriov, est un officier ruiné qui est insulté par Dmitri. Le lecteur est mené à croire que c'est partiellement à cause de cela qu'Ilioucha tombe malade et meurt finalement (ses funérailles couvrent le dernier chapitre du roman).

Première partie. Livre premier : Histoire d’une famille I. Fiodor Pavlovitch Karamazov. II. Karamazov se débarrasse de son premier fils. III. Second mariage et nouveaux enfants. IV. Le troisième fils : Aliocha. V. Les Startsy. Livre II : Une réunion déplacée I. L’arrivée au monastère... Livre III : Les luxurieux

Deuxième partie. Livre IV : Les déchirements I. Le père Théraponte, II. Aliocha chez son père, III. La rencontre avec les écoliers... Livre V : Pro et contra I. Les fiançailles, II. Smerdiakov et sa guitare, III. Les frères font connaissance, IV. La révolte, V. Le Grand Inquisiteur... Livre VI : Un moine russe, Le starets Zosime...

Troisième partie. Livre VII : Aliocha I. Livre VIII : Mitia Livre IX : L’instruction préparatoire.

Quatrième partie. Livre X : Les garçons. Livre XI : Ivan Fiodorovitch. I. Chez Grouchegnka... Livre XII : Une erreur judiciaire. Épilogue

1957 : Richard Brooks, Les frères Karamazov.
1969 : Marcel Bluwal, Les frères Karamazov

1935 : Fedor Ozep, Les frères Karamazov. Avec : Fritz Kortner, Fritz Rasp, Aimé Clariond, Anna Sten, Hanna Waag, Héléna Manson, André Dubosc, Bernhard Minetti. 1h25.

1957 : Richard Brooks, Les frères Karamazov. Avec : Yul Brynner, Maria Schell, Claire Bloom, Lee J.Cobb, Albert Salmi, Richard Basehart, William Shatner, Simon Oakland. 2h26.

1969 : Marcel Bluwal, Les frères Karamazov. Téléfilm avec : Pierre Brasseur, Jose Maria Flotats, Bernard Fresson, François Marthouret, Maurice Garrel, Danièle Lebrun...

L'intrigue principale tourne autour des trois fils d'un homme impudique, vulgaire et sans principes (Fiodor Pavlovitch Karamazov), et du parricide commis par l'un d'entre eux. En réalité, les enfants sont au nombre de quatre puisque le père donne naissance à un bâtard qu'il nommera Smerdiakov. Chacun des trois fils représente un idéal-type de la société russe de la fin du XIXe siècle : Alexeï, le benjamin, est un homme de foi ; Ivan, le deuxième fils, est un intellectuel matérialiste qui cherche à savoir si tout est permis, dans la mesure où Dieu n'existe pas ; Dimitri, leur très exalté demi-frère aîné, est un homme impétueux en qui le vice et la vertu se livrent une grande bataille : ce dernier incarne, selon l'auteur lui-même, « l'homme russe ».

Considéré par son auteur comme son œuvre la plus aboutie, Les Frères Karamazov fait la synthèse des problèmes philosophiques, religieux et moraux qui ont hanté l'univers de Dostoïevski y. Il aborde la question ultime de l'existence de Dieu, qui l'a tourmenté toute sa vie. De nombreux thèmes chers à l'auteur y sont développés : l'expiation des péchés dans la souffrance, l'absolue nécessité d'une force morale au sein d'un univers irrationnel et incompréhensible, la lutte éternelle entre le bien et le mal, la valeur suprême conférée à la liberté individuelle.

La question centrale de la liberté humaine et de sa responsabilité vis-à-vis de Dieu est notamment développée dans un chapitre entier (livre V, chapitre 5) intitulé "Le Grand Inquisiteur". Celui-ci relate une rencontre en Espagne, à la Renaissance, entre un haut dignitaire de l'Inquisition espagnole et Jésus, le premier reprochant au second sa venue, qui vient "déranger" l'Église. Ce récit raconté par Ivan à son frère Aliocha, expose la thèse selon laquelle Jésus, en résistant à la tentation de la puissance, et laissant ainsi l'homme libre de choisir de croire ou non, s'est trompé sur la nature humaine et a rendu l'homme malheureux. En effet, selon lui, l'homme n'est pas un Dieu, et c'est pour cela qu'il ne déteste rien de plus que la liberté. L'évêque du récit représente l'Église toute-puissante qui a continué l'œuvre du Christ mais en la dévoyant, c'est-à-dire en reprenant cette liberté à l'homme qui, selon lui, s'en trouve bien plus heureux.

Le roman permet ainsi au grand écrivain russe de développer sa conception de l'âme humaine à travers l'opposition entre les personnages athées (principalement Ivan, mais aussi Kolia Krassotkine - au moins au début - et Rakitine) et ceux qui croient pieusement (Aliocha, Zosime). Tout le raisonnement des premiers se termine par la conclusion que Dieu n’existant pas, il s'ensuit que l'homme est livré à lui-même. Il n'y a plus de morale et chacun peut se comporter comme il l'entend, puisqu'il devient lui-même Dieu. Pour Dostoïevski, le scepticisme d'Ivan ainsi que le matérialisme socialiste sont à condamner. En effet, le socialisme censé satisfaire les besoins et le bien-être de l'humanité entraîne en fait une insatisfaction constante (l'homme est tenté d'obtenir toujours plus que ce qu'il a). Cette perversion se retrouve chez des personnages violents comme Fiodor Karamazov, qui sombre dans l'alcoolisme et le désir sexuel. Au contraire, seul un retour à Dieu peut sauver l'humanité : Aliocha incarne cet espoir face à ses frères dépravés. Ivan est donc le contradicteur de la pensée de Dostoïevski qui, lui, ne voit le salut que dans le Christ et l'Église orthodoxe. Pour l'auteur, il existe bien un espoir de rédemption pour l'humanité.