Bill Viola est un vidéaste américain, né à New York le 25 janvier 1951. Il est avec Nam june Paik, l'un des plus célèbres représentant de l’art vidéo. Ses installations, volontiers lyriques évoquent le thème du cycle de la vie, de la mort et de la renaissance et usent beaucoup du motif de l'eau.

The reflecting pool 1979
Durée : 7'
Heaven and earth 1992
The Greeting 1995
Durée :10'
Nine attempts to achieve immortality 1996
Ascension 2000
Durée : 10'
Le quintet de l'étonnement 2000
Durée : 15'20"
Going forth by day 2002
Durée : 35'
Tristan 2005
Fire Woman 2005
Durée : 11'12"
The dreamers 2013

Bill Viola étudie les arts plastiques à l'université de Syracuse de New York mais, n'étant pas à l'aise dans les cours qu'il trouve trop traditionnels, il rejoint une section créée par le professeur Jack Nelson pour les élèves inadaptés aux autres sections, l'"expérimental studio", où il entre en contact avec la vidéo.

Plus intéressé par la musique que par l'image, il suit des cours de musique électronique sur synthétiseur, ce qui lui permet d'appréhender le signal électronique comme un matériau avec lequel il peut travailler. Fasciné par la "continuité du signal vidéo par rapport à l'attente qu'induit le développement de pellicule ", il aborde ainsi la vidéo en termes de signal et non d'image. Il créé ses premières vidéos et est conservateur à l'Everson Museum of Art de Syracuse. Il expose Wild Horses, sa première vidéo, à l'exposition Saint-Jude International, en Californie. Il obtient sa licence en études expérimentales à la Faculté des arts visuels et scéniques de la Syracuse University et rencontre David Tudor qui deviendra un ami de longue date.

En 1972, il commence à mettre en place des installations vidéo en utilisant des moniteurs, puis des projections de ses vidéos sur de grandes surfaces dès 1973. Totalement enthousiasmé par ce nouvel outil, Viola dit avoir fait en 1973 plus de bandes que durant n'importe quelle autre année. Viola participe à cette effervescence qui entoure le tout nouvel art vidéo dans des manifestations, avec des gens comme Nam June Paik, Bruce Nauman, Richard Serra, et est, comme eux, influencé par le performance art. Ainsi, en 1975, dans une performance intitulée Free Global Distribution, il tente pendant une journée d'apparaître sur le maximum de photographies de touristes à Florence. Il rencontre Bob Bielecki, ingénieur du son. Ils travaillent sur leur premier projet de collaboration et exposent pour la première fois Il Vapore en Europe, à Florence en Italie.

Vers le milieu des années 1970, il se met à voyager en Orient pour entamer une quête spirituelle. En 1980, il part au Japon avec une bourse d'échange culturel. Il étudie avec le maitre zen et peintre Daien Tanaka, qui devient son guide spirituel.
Par la suite, il voyagera au Japon, dans l'Himalaya, au nord de l'Inde pour observer l'art religieux et les rituels des monastères bouddhistes tibétains. Chaque destination étant une source d’innovation pour l’artiste. Dans son voyage à Java et à Bali notamment, où il a pu enregistrer de la musique traditionnelle et des spectacles. Au Canada, afin d’enregistrer des paysages de la Prairie en hiver, ou dans le désert du Sahara pour filmer des mirages, à l’aide de téléobjectifs adaptés à la vidéo. Son voyage spirituel en Inde, dans le Ladakh, fût aussi pour lui une occasion de filmer et d’observer l’art et les rituels religieux. Des rétrospectives de ses bandes vidéo ont été mises à disposition au Whitney Museum Of American de New York.

Bill Viola décrit ses premières bandes en citant Marshall McLuhan : "Le médium, c'est le message", c'est-à-dire que leur sujet, ce qui est mis en scène, c'est la technologie vidéo elle-même; mais il se dit ensuite qu'il doit aussi considérer à part égale le système perceptif humain, ce qui transparaît dans Red Tape (1973) qu'il considère comme une bande de transition vers la prise en compte du spectateur.

Viola cherche désormais, dans une démarche intimiste, à exprimer son cheminement émotionnel et spirituel, où il n'hésite pas à donner des images de lui-même ou de sa famille. Il fait également souvent appel à des thèmes récurrents : la vie, la mort, le sommeil, le rêve, le feu, le désert . Ce sont des thèmes qu'il aime traiter avec émotion et spiritualité. Mais l'eau est un élément différent pour lui : le souvenir d’une presque-noyade dans son enfance sera tout au long de sa vie une source d’inspiration pour ses créations.

En 1984, Bill Viola commence un projet de longue haleine sur la "conscience animale" : il passe trois semaines avec un troupeau de bisons dans le Parc national de Wind Cave, dans le Dakota du Sud, puis devient artiste en résidence au zoo de San Diego, en Californie. Plus tard, Perov et Viola se rendent dans les îles Fidji pour observer et filmer la cérémonie hindoue de la marche sur le feu. Une vingtaine d’années plus tard, Bill Viola et Perov se sont même rendus (avec leurs fils Blake et Andrei) à Dharamsala, dans le nord de l’Inde, pour y découvrir les habitations des refugiés tibétains au sommet des montagnes, visiter les monastères et approfondir leur connaissance de la religion et de la culture tibétaines. Et plus encore : ils ont rencontré le dalaï-lama en audience privée, enregistrant une prière pour l’exposition « The Missing Peace : Artists Consider the Dalai Lama » qui ouvre au Fowler Museum of Cultural History, UCLA, à Los Angeles.

Deux ans se sont écoulés lorsqu'il termine sa première vidéo long métrage, I Do Not Know What It Is I Am Like, une étude sur la conscience animale et la transcendance humaine - autrement dit, ce qui est au delà de ce que l'on pense.

En 1991, il réalise The Passing : cette bande vidéo est une réflexion sur la vie et la mort, en réaction aux évènements presque simultanés de la mort de sa mère et de la naissance de son deuxième fils. On peut y voir, accompagnés de sons sourds angoissants, des images de son fils, de sa mère agonisant sur son lit d'hôpital, de paysages déserts, de Viola se réveillant en sursaut dans son lit, d'objets tombants au ralenti ou dans l'eau, etc.

En 1995, il représente les États-Unis à la 46e Biennale de Venise, où il avec cinq nouvelles installations vidéo sur les thèmes de la communication interrompue et de la conversation sacrée. Il publie son premier recueil de textes, Bill Viola : Reasons for Knocking at an Empty House. Il expose The Greeting inspiré de la Visitation du Pontormo. Comment ajouter l’élément du temps à des images qui restaient à priori figées ? Dans cette installation Viola donne vie à la peinture : sur un écran plat à cristaux liquides, cette œuvre présente les mouvements ralentis de femmes interprétant les personnages du tableau. En 2000, l'installation est présentée dans l'église Saint-Eustache de Paris. En 2001, elle a été la première œuvre d'art vidéo acquise par le Metropolitan Museum of Art de New York.

En 2000, réalisation de Ascension, une projection vidéo en couleur sur un mur de dix minutes. Elle représente un homme qui plonge soudainement dans l'eau, rompant ainsi le calme du paysage sous-marin. Il remontera, puis redescendra, pour enfin disparaître dans les ténèbres, le paysage redevenant ainsi calme et paisible.

En 2001, il expose The Quintet of the Astonished, la première œuvre sur le thème des passions, à la National Gallery de Londres. En 2004, il présente à Athènes, lors des Jeux olympiques, The Raft. En décembre 2004, “The Tristan Project” , présenté au Walt Disney Concert Hall de Los Angeles constitue la première étape d'une œuvre créée afin de donner un monde visuel à l'opéra de Wagner Tristan et Iseult. Sa version complète est présentée, pour la première fois, à l'Opéra de Paris, en 2005 dans la mise en scène de Peter Sellars. De cette série d'installations qui constituent le fond de la scène de l'Opéra Bastille seront isolées comme installations dictinctes, Tristan et Fire woman.

En 2006, a lieu une des plus grandes expositions de Viola jusqu'alors : Hatsu-Yume (Premier rêve) qui accueille environ 340 000 visiteurs au Mori Art Museum de Tokyo. De mars à juillet 2014, la toute première rétrospective française de l'artiste Bill Viola a lieu au Grand Palais à Paris avec plus de vingt œuvres monumentales représentant des heures de vidéo et un dispositif de plus de trente écrans.



Bibliographie

Une histoire de l’art vidéo proposée par Stéphane Barron, artiste et enseignant :http://stephan.barron.free.fr/art_video/index_art_video.html

 


 

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