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La bataille de Dan no Ura de Tosa Mitsunobu

1520

Dan-no-ura kassen
Tosa Mitsunobu, XVIe
Rouleau suspendu,
Kyōto , Myôshin-ji, sous temple Taizō-in,

Bataille navale de Dan-no-ura en 1185. Il s'agit des deux panneaux de gauche d'un ensemble de huit. « Illustrations de la légende de l'empereur Antoku » (Emperor Antoku Engi Illustrated).

Cette œuvre dépeint des événements allant de la naissance de l'empereur Antoku jusqu'à sa mort tragique en mer lors de la bataille de Dan-no-ura. Le texte figurant dans la partie supérieure a été calligraphié par le prince Abeno, également connu sous le nom d'Aoren'in-no-miya.

À l'origine, l'œuvre ornait les portes coulissantes du mausolée de l'empereur Antoku au temple Amidaji (aujourd'hui sanctuaire Akama). Toutefois, durant l'ère Meiji, elle a été transformée et montée sous forme de rouleau. Elle se compose d'une série de huit panneaux intitulée « Biographie illustrée de l'empereur Antoku ». Classée bien culturel important, l'œuvre présente un portrait de l'empereur Antoku peint sur du papier à la feuille d'or.

Le Dit des Heike (Heike monogatari) est une chronique poétique (ou, si l'on veut, une épopée en prose, à l'exception des huit premières lignes qui constituent un court poème préliminaire, le « Gion Shôja ») qui raconte la lutte entre les clans Minamoto et Taira au XIIe siècle pour le contrôle du Japon, et dont le point culminant est la bataille de Dan-no-ura en 1185. Recueillie de la tradition orale dès le XIIIe siècle et considérée comme l'un des grands classiques de la littérature japonaise médiévale, elle est un produit de la tradition des biwa hōshi, musiciens aveugles qui sillonnaient le pays et gagnaient leur vie en récitant des poèmes épiques tout en s'accompagnant au biwa (luth).

Rouleau illustré représentant un biwa hōshi, un musicien aveugle itinérant jouant du luth japonais (biwa) et qui récitait de la littérature orale, auteur inconnu, XVIe siècle

Le thème central de l'histoire est le récit de la chute des puissants Taira, le clan de samouraïs, qui, après avoir défait les Minamoto en 1161, étaient si consumés par l'ambition qu'ils semèrent les graines de leur propre destruction et furent finalement vaincus par des Minamoto revitalisés en 1185. Ce thème est très bouddhique — c'est une leçon de morale au sujet de l'attachement aux désirs temporels. En dépit de la nature complexe et sanglante de la majeure partie de cette épopée, le thème primordial laisse à penser que la récitation visait à apaiser les âmes des guerriers tombés au combat, mais également à expliquer le changement de régime politique à la population de l'archipel.

De nombreuses variantes du texte ont été mises à l'écrit au cours des siècles qui suivirent le conflit de Genpei. Leur contenu et leur longueur peut grandement changer d'une version à une autre.

Ce récit est découpé en épisodes dont le nombre diffèrent selon la variante et qui sont destinés à être récités au cours d'une série de veillées nocturnes. Cette épopée, principalement guerrière, est centrée sur les personnages singuliers qui composent les différents camps, mais elle inclut également un certain nombre d'histoires d'amour qui renvoient à la littérature plus ancienne de l'ère Heian, ainsi que de nombreux poèmes.

La narration du Dit peut généralement être divisée en trois sections. La figure centrale de la première est Taira no Kiyomori, décrit comme arrogant, maléfique, sans pitié et tellement consumé par les feux de la haine que son corps fiévreux ne refroidit pas une fois immergé dans l'eau. Le personnage principal de la seconde section est le général Minamoto no Yoshinaka. Après sa mort, le troisième et dernier personnage principal est le grand général Minamoto no Yoshitsune, génie militaire qui est faussement accusé par son frère aîné, le rusé politicien Minamoto no Yoritomo.

 

Le(s) Dit des Heike

À partir de la seconde moitié du XIIIe siècle, se développa la transmission du récit orale par les biwa hōshi, des musiciens itinérants jouant du biwa (luth japonais à trois cordes) et récitant de la littérature orale, et des écoles de récitation commencèrent alors à être créées dès le siècle suivant. Environ à la même période, le texte fut mis à l’écrit et structuré en épisodes, des ku, répartis en chapitres ou rouleaux, maki, axés autour d’un certain pouvoir ou d’une opposition simplifiée entre deux personnages avec une grande variété de styles à travers ces épisodes : certains sont présentés tels des passages de chroniques de cour, d’autres ont un ton bien plus romanesque. Le récit inclut des citations de documents d’allure officielle ou encore des poèmes et des chants. Cette diversification du contenu, et donc des valeurs transmises (notamment aristocratiques et guerrières), reflète la complexité de la société japonaise de cette époque. Ainsi, la mise à l’écrit du Dit des Heike se fit rapidement après les évènements qu’il narre, mais aussi peu de temps après le début de sa transmission orale, ce qui est relativement atypique dans le genre épique. En outre, même s’il n’est pas rare qu’une œuvre classique dispose de plusieurs variantes, le cas du Dit des Heike est quelque peu singulier. En effet, le Grand dictionnaire du Dit des Heike (Heike monogatari daijiten recense plus de quarante « versions principales », « shuyō shohon, et plus d’une centaine de manuscrits sont encore conservés de nos jours, quantité exceptionnellement importante, surtout au vu de l’ampleur des différences entre les versions principales. . De même, il est généralement difficile d’estimer quelle version est parente d’une autre, du fait qu’elles furent toutes remodelées et qu’elles s’influencèrent entre elles.

Voir :

revue d'histoire militaire

 

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