Bouquet de mimosas 1925 Laval, Musée des beaux-Arts
L'arbre de vie 1928 Senlis, Musée d'art et d'archéologie
L'arbre de paradis 1930 Senlis, Musée d'art et d'archéologie
     

Séraphine Louis est née à Arsy (Oise) le 3 septembre 1864. Elle est la quatrième enfant d’un couple modeste : son père était manouvrier et sa mère vient d'une famille de paysans. Elle perd sa mère le jour de son premier anniversaire, et son père, remarié, meurt alors qu'elle n'a pas tout à fait sept ans. Orpheline, elle est alors recueillie par sa sœur aînée. Elle travaille d'abord comme bergère, puis de 1881 à 1901 au couvent de la Charité de la Providence à Clermont-de-l’Oise. Séraphine de Senlis en conserve une empreinte religieuse forte, de la Vierge surtout qui lui aurait inspiré sa vocation d’artiste.

En 1901, elle commence à travailler comme femme de ménage dans les familles bourgeoises de Senlis. Les premières œuvres de Séraphine de Senlis représentent de petites natures mortes composées de fruits accrochés à un branchage. Elle peint sur des pots, des assiettes, du carton et de petites toiles .Sa palette de couleurs est alors restreinte mais elle fabrique déjà ses propres mélanges. Séraphine Louis dilue des agents colorants dans du Ripolin blanc acheté à la droguerie Duval à Senlis. L’usage de cette peinture industrielle très liquide et le fait que Séraphine de Senlis ose peindre alors qu’elle est domestique lui valent le plus souvent l’incompréhension de ses concitoyens, à l’exception de quelques uns d’entre eux comme l’illustrateur Charles-Jean Hallo.En 1912, le collectionneur et critique d’art allemand Wilhelm Uhde, installé à Senlis, la prend pour femme de ménage. Il découvre que Séraphine de Senlis peint et lui apporte son soutien.

En août 1914, Wilhelm Uhde est obligé de quitter la France. Durant la guerre, Séraphine se met à peindre à la bougie dans un grand isolement et accomplit une œuvre considérable.

En 1927, Séraphine Louis présente six toiles à l’exposition de la Société des Amis des Arts, à l’Hôtel de Ville de Senlis. Résidant alors à Chantilly, Wilhelm Uhde est frappé par ses œuvres et décide de l’aider. Le musée de Cassel en Allemagne acquiert un de ses tableaux en 1928, les Senlisiens achètent aussi ses œuvres. Séraphine Louis crée de grands formats représentant une flore foisonnante et colorée, enrichie de plumes. Ses compositions se complexifient. Sa volonté de représenter fidèlement les motifs diminue. Sa végétation tropicale et paradisiaque arbore des couleurs flamboyantes et lumineuses. Séraphine de Senlis reste fidèle au Ripolin bien qu’elle utilise aussi la peinture à l’huile et qu’elle maîtrise son maniement compliqué. Séraphine de Senlis fixe sur la toile sa « réalité intérieure », empreinte de son attachement à la nature et à ses aspirations spirituelles. A la lisière de l’abstraction, les œuvres tardives plus tourmentées annoncent un déclin mental qui mettra un terme à toute création picturale.

En 1928, Uhde organise une exposition Les peintres du Cœur sacré . Il distingue Séraphine de Senlis se distingue des autres Primitifs modernes par une psychologie déviante dont résulte une peinture tournée vers l’expression d’un monde intérieur, chargée selon Wilhelm Uhde de "confessions extatiques". Séraphine accéde à une certaine prospérité financière qu'elle dilapide au fur et à mesure.

À partir de 1930, Uhde, touché par la crise de 1929, cesse d'acheter ses peintures ce qui la perturbe gravement. Le 31 janvier 1932, Séraphine de Senlis est internée à l’hôpital psychiatrique de Clermont-de-l’Oise, à la suite d’une crise de folie. cesse de peindre et écrit de nombreuses lettres pour se plaindre car elle souffre d’un sentiment de persécution que les médecins qualifient de pour "psychose chronique".

Uhde continue d'exposer ses œuvres : en 1932, exposition Les Primitifs modernes à Paris ; en 1937-1938, exposition Les Maîtres populaires de la réalité, à Paris, Zürich, New York (MoMA) ; en 1942, exposition Les Primitifs du XXe siècle à Paris

Séraphine Louis meurt à 78 ans le 11 décembre 1942 dans l'annexe de l'hôpital à Villers-sous-Erquery, dans le dénuement et les dures conditions des asiles sous l'Occupation allemande. Elle est enterrée dans le carré des indigents au cimetière de Clermont-de-l’Oise. Son dossier porte la mention "cueille de l'herbe pour manger la nuit ; mange des détritus".

En 1972 a lieu la première exposition monographique de Séraphine Louis à Senlis. dont le musée d’Art et d’Archéologie comporte douze œuvres (offertes par Anne-Marie Uhde, déposées par le musée national d’Art Moderne et acquises par la Ville avec le concours du FRAM).

En 2008, Yolande Moreau incarne Séraphine dans le film de Martin Provost qui remporte un immense succès et la fait connaître du grand public. Le Musée Maillol de Paris organise du 1er octobre 2008 au 30 mars 2009 une exposition de ses oeuvres.

Séraphine de Martin Provost

 

 


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Séraphine de Senlis
(1864-1942)
 
   
Primitif moderne