Rape of Ganymede
Rembrandt, 1635
Huile sur toile, 171 x 130 cm
Gemäldegalerie, Dresden

Ganymède, ce jeune berger était, comme Ovide le décrit dans Les Métamorphoses, tellement beau et attirant que Jupiter, déguisé en aigle a fondu sur lui pour le ravir et l'emmener dans l'olympe pour en faire son amant. Le texte d'Ovide ne cache pas les intentions érotiques homosexuelles du dieu.

De façon très osée et contre tradition littéraire et artistique, Rembrandt a fait du célèbre et beau garçon du récit mythique d'Ovide un gamin se débattant, un bébé pleurnichant, arraché à son berceau par un aigle, dont la statuaire majestueuse prend une place dramatique et dominante dans la composition, sur un fond de ciel crépusculaire nuageux strié par les éclairs indiquant qu'il s'agit bien du roi de l'Olympe.

Les effets de lumière théâtraux et les tourbillons de mouvements donnent un effet maximal à cet enlèvement violent, l'enfant en pleurs au visage renfrogné et criant de terreur, ne parvient pas à retenir son urine (allusion savante à la transformation ultérieure de Ganymède en Aquarius, figure céleste du verseau), rappelant un lapin capturé dans un pré plus que le jeune berger plein de grâce d'une pastorale mythique.

Rembrandt se concentre sur le paradoxe de Jupiter désirant un petit être incapable d'une autre émotion que la peur

Source : catalogue de l'exposition Rembrandt/Caravage

L'enlèvement de Ganymède
1635
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