Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais Art Gothique 1272
 
 

Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais
Façade, 1272
Beauvais

 

De la première cathédrale du Xe siècle il ne reste que quelques travées de la nef : les Beauvaisiens la nomment « Notre-Dame de la Basse Œuvre », en opposition avec la « Haute Œuvre » qui est la cathédrale gothique. La « Basse Œuvre » fut détruite sur la décision de l'évêque-comte, après un énième incendie, et à mesure de la construction de la nouvelle église ; elle occupe l'emplacement initialement prévu pour la construction de la nef.

C'est après un incendie de la "Basse Œuvre" qu'a commencé, en 1225, la construction de la cathédrale. Le 3 octobre 1272, les vêpres sont chantées dans le nouveau chœur. En 1284, une partie du chœur s'effondre du fait d'une faiblesse au niveau de la deuxième pile séparant les bas-côtés et qui a provoqué la rupture de l'arc-boutant supérieur. On décide de consolider en modifiant la structure des travées et ajoutant des piliers intermédiaires dans le chœur. Les réparations semblent terminées en 1347. La guerre de Cent Ans passe et marque une période de pause dans la construction de la cathédrale. C'est seulement 150 ans après l'édification du chœur que le transept va être construit sous l'impulsion du comte-évêque Louis de Villiers de L'Isle-Adam et sous la direction de l'architecte Martin Chambiges. Celui-ci ne connaîtra pas la fin des travaux : il meurt le 29 août 1532. Une fois le transept érigé (entre 1500 et 1548), on décide de construire la flèche la plus haute de toute la chrétienté.

Les travaux commencent en avril 1563 et se terminent en 1569, elle atteint alors 153 m de hauteur. Le 30 avril 1573 est un jour noir dans l'histoire de la cathédrale : alors que les fidèles sortent de la célébration de l'Ascension, la flèche et les trois étages du clocher s'effondrent. La reconstruction des voûtes du transept prive la cathédrale des fonds nécessaires pour édifier la nef. La cathédrale reste depuis inachevée. Malgré cela, elle reste le dernier édifice le plus représentatif de l'apogée de l'architecture gothique française.

La Révolution a, elle aussi, laissé sa marque sur le monument : en octobre 1793, les sans-culottes décapitent les statues et pillent la cathédrale qui devient pour un temps un temple dédié à la Raison. En 1840, la cathédrale est classée sur la première liste des monuments historiques.

Dans leur course à l'élévation de l'édifice, les constructeurs du XIIIe siècle poussèrent les techniques de l'époque à leurs limites. Bien que la structure de l'édifice fût très élevée, ils réduisirent l'épaisseur des contreforts afin de faire pénétrer un maximum de lumière naturelle dans la cathédrale. En 1284, douze ans seulement après son achèvement, une partie de la voûte du chœur s'effondra, en même temps que quelques-uns des contreforts supérieurs. Il a depuis lors été démontré que cet effondrement résultait des vibrations causées par la mise en résonance des structures hautes par les vents violents. Les tirants métalliques latéraux des contreforts supérieurs, visibles sur les clichés, n'ont pu être datés avec précision. La technique employée était disponible lors de la construction initiale mais ces renforts ne furent peut-être pas jugés indispensables avant l'effondrement de 1284, ou peut-être même plus tardivement. Dans les années 1960, ces tirants furent retirés. L'opinion de l'époque était qu'ils étaient à la fois inesthétiques et inutiles. Cependant, les oscillations dues au vent s'amplifièrent et une dissociation partielle du chœur et du transept apparut. Par conséquent, les tirants furent réinstallés mais cette fois en acier. Comme l'acier était moins souple que le fer des tirants originels, la structure devint plus rigide, causant peut-être de nouveaux désordres.

 

 

 

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