La danse

1909
La danse
Henri Matisse,1909
Huile sur toile, 260 x 391
Saint-Petersbourg, Musée de l'Ermitage

L’idée de danse est traitée comme un phénomène sacré. Le dessin définit les formes qui ne sont pas seulement celles de créatures humaines mais qui deviennent la cambrure, le balancement, l’élan, le geste en soi

Ce qui compte c’est le mouvement de la ligne qui est portée par les trois tons dont il semble qu’on ne puisse rien retrancher . Pour Matisse, la ligne et la couleur doivent être libérées de tout mimétisme naturaliste. Matisse ne s’intéresse pas aux danseuses comme à des femmes, il s’intéresse au rythme qu’elles produisent ensemble. Analogie avec la ronde au centre de La Joie de vivre.

Cet agrandissement de l’échelle des personnages magnifie la violence triomphale de cette farandole endiablée tournant de droite à gauche.L’arabesque formée par les bras des cinq danseuses et le rythme des jambes donnent son intérêt à l’oeuvre

Dans la seconde version la couleur est saisissante : les corps sont brun rouge, le sol vert cru et le ciel d’un bleu profond. Ce tableau a été exécuté pour Chtoukine pour décorer avec “La Musique” son appartement à Moscou. Chtoukine ne voulant pas choquer les habitudes bourgeoises russes lui demande dans un premier temps “la même ronde mais avec des jeunes filles en robe”. Puis il se ravise et écrit “Je trouve votre panneau d’une telle noblesse que j’ai pris la résolution de braver notre opinion bourgeoise. Il me faudra un deuxième tableau dont le sujet serait très bien la Musique”


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