Le tricheur à l'as de carreau
Georges de La Tour
1639
 
 
Le tricheur à l'as de carreau
Georges de La Tour, vers 1636-1639
Huile sur toile, 106 x 146 cm
Paris, Louvre
   

Cette œuvre traite d'un thème à l'époque fréquemment représenté en peinture, notamment par Le Caravage. Le jeune homme est ici soumis aux trois tentations majeures selon la morale du XVIIe siècle : le jeu, le vin, la luxure.


Quatre personnages sont réunis autour d’une table et jouent aux cartes. À droite, un jeune homme richement habillé passe en revue ses cartes. Il est isolé des autres protagonistes et ne partage pas la complicité de ces derniers, visible dans les jeux de regard. Légèrement excentrée, une femme, à la coiffe sophistiquée et au décolleté plongeant, nous dirige par son regard et par le geste de sa main vers la gauche de la composition. Là, un autre joueur plongé dans l’ombre sort discrètement un as de carreau dissimulé à l’arrière de sa ceinture. Enfin, entre lui et la courtisane, une servante prépare un verre de vin.

La situation paraît assez claire. Le jeune homme attiré dans le jeu par la courtisane qui ne manque pas d’atouts, est enivré et va être dépouillé par l’homme de gauche. Le tableau reprend un sujet introduit par Caravage dans un tableau qui se trouve actuellement au Kimbell Art Museum de Forth Worth et qui faisait pendant à La Diseuse de bonne aventure du même peintre conservée au Louvre. Une toile de même sujet peint par La Tour (Metropolitan Museum, New York) faisait pendant à la composition du Louvre ou plus certainement à une version antérieure de celle-ci, également à Forth Worth.

 

Les tricheurs, Le Caravage , 1595
H. sur t., 94 x 131 cm, Forth Worth, Kimbell Art Mus.
Le tricheur à l'as de carreau, G. de La Tour 1639
Huile sur toile, 106 x 146 cm, Paris, Louvre

Acquise en 1926 par Paul Landry chez un antiquaire de l'île Saint-Louis, elle est, en 1931, évoquée dans un article par Hermann Voss, ce qui permet au peintre de sortir de l'oubli dans lequel il était tombé depuis plusieurs siècles. Trois ans plus tard, Le Tricheur est dévoilé au public lors de l'exposition des Peintres de la réalité, au musée de l'Orangerie, qui met à l'honneur la peinture française du XVIIe siècle et marque la résurrection de la figure de Georges de La Tour. Dès lors, la popularité du peintre ne cesse de croître et, en 1972, une exposition lui est entièrement consacrée. Landry offre alors le tableau au musée du Louvre.

 

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